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Open d’Australie: ces joueurs français qui avaient prévu le phénomène Karatsev

Cinquième joueur issu des qualifications à atteindre les demi-finales d’un Grand Chelem, deuxième joueur le moins classé – après Goran Ivanisevic en 2001 à Wimbledon – à accéder à un dernier carré d’un Majeur : Aslan Karatsev, 114e mondial, n’en finit plus de plus de dépoussiérer les records.

Ce mardi, il a éliminé Grigor Dimitrov en quatre sets (2-6, 6-4, 6-1, 6-2). Touché au dos avant de fouler la Rod Laver Arena – "Je ne pouvais enfiler mes chaussettes ce matin, je savais que la journée serait dure", a-t-il expliqué en conférence de presse- , le Bulgare a totalement implosé lors de deux dernières manches qu’il a jouées comme un papi.

Sur ce match, Aslan Karatsev a bénéficié d’une certaine réussite. Mais le reste ne doit rien au hasard. Pierre-Hugues Herbert est bien placé pour en parler. L’Alsacien avait affronté Aslan Karatsev le 20 août dernier en demi-finale du Challenger de Prague. Le Russe, alors 253e mondial, l’avait battu 7-6, 7-6. "Je suis étonné car d’habitude, ça ne va pas aussi vite, dit "P2H". Mais le potentiel, je l’avais vu sur le terrain. Derrière, il avait perdu la finale sur Stan Wawrinka. Ensuite, il avait gagné Prague II puis Ostrava. Là, il fait un peu péter les stats... Mais avant ce quart, je n’arrivais à mettre Dimitrov favori. Quand je le regarde, je ne dis pas qu’il est à 120% ou qu’il vit un état de grâce. Je n’ai pas le sentiment que ce soit de la réussite. Il impose son jeu contre beaucoup de joueurs. OK, arriver dans un demi-finale d’un Chelem à 27 ans, ça n’arrive pas souvent mais le niveau de jeu, il est là."

Il faut savoir qu’Aslan Karatsev était le meilleur junior russe de sa génération. Marat Safin lui avait remis un trophée à la fin de l’année 2001. C’est juste que sa carrière a mis beaucoup de temps à décoller.

Un autre Français avait pu mesurer les qualités de ce gaillard de 27 ans ; C’est Alexandre Müller. Il l’avait affronté au dernier tour des qualifs à Doha, mi-janvier. Un sale souvenir… "Moi, il m'avait mis 6-2, 6-1, a-t-il confié au site Tennis Actu. Je le connais des Challengers où il avait remporté deux titres et fait une finale après le confinement. Depuis la reprise, il ne perd vraiment pas beaucoup de matchs. Il est très régulier en Challenger et est monté très vite au classement. Donc pas du tout étonné. Il joue un tennis incroyable et surfe sur sa confiance depuis plusieurs mois."

Mahut avait senti les choses aussi

Nicolas Mahut avait pu observer Karatsev lors de l’ATP Cup. Même s’il n’avait disputé que les doubles. "Avec Gilles Simon, j’avais parié qu’il serait Top 30 à la fin de la saison. Il le sera peut-être à la fin du tournoi..."

La trajectoire folle d’Aslan Karatsev peut même le mener encore plus haut. S’il soulève le trophée dimanche, il sera 14e mondial. Cent places gagnées en quinze jours. Qui prend les paris que le soufflet va retomber?

Eric Salliot