RMC Sport

Open d'Australie : Monfils le solitaire

Gaël Monfils

Gaël Monfils - -

Opposé mardi au 1er tour à l’Ukrainien Alexandr Dolgopolov, Gaël Monfils disputera à l’Open d’Australie son premier tournoi du Grand Chelem… tout seul. Une situation qu’il dit bien vivre mais qu’il n’entend pas laisser perdurer.

La scène a lieu dimanche, à la veille de l’ouverture de l’Open d’Australie. Gaël Monfils, qui en a fini avec sa séance d’entraînement avec Josselin Ouanna, se tourne vers Andreas Seppi, qu’il souhaite solliciter pour un practice le lendemain. L’Italien décline poliment l’invitation, arguant qu’il s’est déjà engagé auprès de quelqu’un d’autre. Avant de glisser au Français qu’il aurait dû lui faire sa demande plus tôt. Tête en l’air, la Monf’ ? Toujours est-il que le Mousquetaire, depuis l’arrêt de sa collaboration avec son coach et manager Patrick Chamagne, doit gérer seul son emploi du temps, ses déplacements et donc, ses entraînements. Et, à l’image de l’épisode Seppi, leur organisation ne semble pas toujours évidente. « C’est différent, c’est un peu plus dur, confie Monfils. Je vois le circuit différemment. Je suis le seul à être tout seul. Je n’ai pas de kiné, pas de coach, pas d’ami… Ça fait bizarre d’aller au restaurant tout seul ou d’enchaîner le room service à l’hôtel. »

Depuis son coup de balai cet automne, le Guadeloupéen, qui entrera en lice mardi à l’Open d’Australie face à Alexandr Dolgopolov, ne cache pas qu’on ne se bouscule pas au portillon pour lui proposer un projet. « Je n’ai pas beaucoup de contacts, confirme-t-il. Je sais qu’il y a quelques propositions. Je les étudierai un peu ici. Je discuterai plus avec des personnes après l’Open. Je vais essayer de rester bien concentré. » Condition sine qua none pour confirmer son retour prometteur à la compétition (quart de finaliste à Doha, demi-finaliste à Auckland) et améliorer son classement actuel (86emondial avant le début de la compétition). « Sachant que je vais sortir des 100 incessamment sous peu, il faut continuer à gagner des matchs, annonce celui qui n’avait jamais disputé un tournoi majeur en étant aussi mal classé depuis 2005. Si j’arrive à faire des résultats, ça peut revenir assez vite. Forcément, je repars de zéro. Il y a moins d’attente. »

« Si je pouvais croiser quelqu’un… »

Tout en philosophie, la Monf’. Aussi bien au moment d’évoquer son quotidien, son goût pour la lecture (« J’ai plus de temps pour lire. En ce moment, je lis le bouquin de Nicolas Bedos »), son intérêt pour l’infographie, la photo, que pour réfuter les rumeurs de dépression qui ont accompagné sa longue convalescence. « Apparemment, on aurait pu dire que j’étais déprimé ou que j’allais me suicider, rappelle-t-il. Il y a la vie du joueur de tennis et après, il y a ma vie d’homme. J’ai la chance d’avoir une belle famille qui me soutient. Après, j’ai des amis, je voyage. Même si ma vie professionnelle est un peu chaotique, il n’y a jamais eu de dépression… » Alors un peu d’impatience ? Parce que c’est bien elle qu’on devine lorsqu’on le titille encore sur sa recherche de coach. « Si là tout de suite, je pouvais croiser quelqu’un et qu’on s’entende tout de suite, je serais comme un dingue. » Le bonheur façon Monfils.

dossier :

Gaël Monfils

A.D avec E.S, à Melbourne