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Benneteau : "Parfois, la génération d’aujourd’hui n’écoute pas vraiment…"

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Consultant tennis pour RMC Sport pendant la quinzaine de Roland-Garros, Julien Benneteau revient sur le lien complexe entre Yannick Noah et la génération des Monfils, Tsonga, Simon et autre Gasquet. Et pointe, en creux, un déficit d’écoute des « nouveaux Mousquetaires ».

« Ces dernières années, Yannick était pris par son autre activité, la musique. Il ressentait peut être aussi le besoin de souffler. Il avait donné énormément en tant que joueur et capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. C’était avec une génération de joueurs qu’il connaissait. Des joueurs avec lesquels il a joué. Il était très proche des Forget, Leconte. Il avait cette aura qui ne s’explique pas, ne s’achète pas. C’est ce qui s’appelle le charisme. Il pouvait leur dire n’importe quoi, ils l’écoutaient les yeux fermés. Ils ont eu raison, ils ont gagné la Coupe Davis en 1991. »

« Yannick est prêt et peut faire le truc avec certains joueurs »

« Avec la génération suivante, il y avait peut-être de la timidité, de la pudeur de la part de certains. Ils n’osaient peut-être pas déranger Yannick. Il l’a fait de temps en temps, ponctuellement, avec Amélie, avec Di Pasquale, Pioline, Gasquet… Mais quand quelqu’un de cette génération prend contact avec lui, ça ne se fait pas de la même manière que quand il était au sein de l’équipe de France. Ce n’est pas une incompréhension. Yannick est prêt et peut faire le truc avec certains joueurs en étant à fond, même si ce n’est que ponctuel (comme aujourd’hui avec Lucas Pouille). »

« Federer a l’intelligence de se remettre en question et d’écouter »

« Mais parfois la génération d’aujourd’hui ne donne pas de nouvelles pendant 2-3 mois, rappelle, n’écoute pas vraiment… C’est différent. Je ne crois pas que ce soit un problème de génération. Ce sont juste des hommes. Federer a l’intelligence de se remettre en question et d’écouter. En finale de Coupe Davis, pour être performant en double, ils vont chercher l’entraineur des Bryan. Ce mec-là, par rapport à Federer dans le milieu du tennis, ce n’est rien. Federer et Wawrinka ont l’humilité et l’intelligence de l’écouter de A à Z pour nous battre. Ils savaient que le double était le point le plus crucial de cette finale. A l’arrivée, ça fonctionne. Il s’agit juste d’être humble et écouter les messages. Il faut savoir écouter. »

la rédaction