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Pitkowski : « Serena aurait continué à gagner sans Mouratoglou »

Sarah Pitkowski

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Cette semaine, l’entraîneur de Serena Williams, Patrick Mouratoglou, déclarait estimer faire partie des cinq meilleurs coachs du circuit, en ajoutant que les meilleurs joueurs ont les meilleurs techniciens. Sarah Pitkowski, membre de la Dream Team RMC Sport, n’a pas le même point de vue que l’entraîneur français.

« Un excellent entraîneur est capable de multiplier ses très bons résultats. On a vu des exemples de coachs capables de faire gagner un titre à un joueur mais derrière, impossible de réitérer leur performance avec d’autres sportifs. Ça veut bien dire qu’il y a une relation de confiance particulière. Si Mouratoglou se définit aujourd’hui comme un des meilleurs entraîneurs du monde, pas de problème. La question, c’est de savoir s’il sera encore capable d’entraîner les trois meilleures du monde quand Serena aura décidé d’arrêter sa carrière. Et là on pourra juger s’il fait effectivement partie de cette caste.

Evidemment, on se souviendra des noms des entraîneurs qui sont parvenus à faire remporter des titres du Grand Chelem à leurs joueurs. Ce sont effectivement de grands entraîneurs. Mais quand il s’agit de coacher une joueuse qui a déjà tout gagné, c’est difficile de dire que c’est le meilleur du circuit.Parce que Serena William, elle aurait continué à gagner des tournois du Grand Chelem sans Patrick Mouratoglou.

« Un très bon entraîneur tire le meilleur de son joueur »

« C’est impossible d’établir une relation meilleur joueur-meilleur coach dans le tennis, ce n’est pas mécanique. Il ne faut pas oublier que dans ce sport, c’est le joueur qui désigne son coach. Il emploie son entraîneur, c’est subtil. On a vu des entraîneurs incroyables diriger de bons joueurs sans réussir pour autant à gagner des Grands Chelems. Ce que je désigne comme un très bon entraîneur, c’est celui qui est capable de prendre un joueur qui a un niveau lambda et d’arriver à l’amener au maximum de son potentiel.

Au plus haut niveau, il ne va rien révolutionner dans le jeu du joueur. Mais il va être capable d’en tirer le meilleur, de donner confiance au bon moment, de donner la bonne tactique, d’apprendre à garder son sang-froid. Ce sont des tous petits réglages. Le père de Marion Bartoli ne parle pas de tennis. Il n’utilise que des termes médicaux pour entraîner sa fille. D’ailleurs, elle a commencé une réflexion parce que Marion a senti qu’à un moment, il y avait une limite avec son père. Elle s’est donc demandé qui pouvait l’amener plus loin. »

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