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Roland-Garros: que sont devenus les juniors français titrés en Grand Chelem?

Une finale 100% française chez les juniors garçons à Roland-Garros. Arthur Fils face à Luca Van Assche, samedi (11h). Un rayon de soleil pour le tennis français qui en avait bien besoin à Roland-Garros. Une très belle performance qui n’assure pas des titres chez les grands. Que sont devenus les anciens vainqueurs tricolores de Grands Chelems Juniors ?

Depuis 2000, ils sont 10 à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem junior chez les garçons. Parmi eux, certains ont réussi à faire de très belles carrières et remporter de nombreux titres. Gaël Monfils a remporté trois Grands Chelems juniors en 2004 (seul l’US Open lui a échappé). Jo-Wilfried Tsonga s’est imposé à l’US Open en 2003 ou encore Richard Gasquet qui réalise le doublé Roland-Garros/US Open en 2002. Sans oublier Paul-Henri Mathieu à Roland-Garros en 2000 ou Nicolas Mahut sur l’herbe londonienne la même année.

Blancaneaux, dernier vainqueur français à Roland-Garros juniors, est aujourd’hui 319e mondial

D’autres en revanche n’ont jamais réussi à percer. Le passage junior-senior est un juge de paix, si difficile, que beaucoup ne réussissent pas à dompter. L’exemple le plus récent se prénomme Geoffrey Blancaneaux, dernier français vainqueur de Roland-Garros junior. En 2016, il réalise l’exploit de s’imposer dans un tableau où se trouvent également Felix Auger-Aliassime (qu’il bat en finale) mais aussi Denis Shapovalov ou Stefanos Tsitsipas. Depuis, le Français a atteint la 264e place mondiale en mars 2020.

Il n’a joué qu’une seule fois un tableau final de Grand Chelem, un 1er tour à l’US Open 2017. Il n’a cependant que 22 ans aujourd’hui. Dix ans plus tôt, un jeune homme né à Saint-Petersbourg en 1988 triomphe en junior en Australie. Alexandre Sidorenko atteint la troisième place mondiale dans la catégorie. Il domine Kei Nishikori en quarts de finale (4/6, 6/3, 6/2). Finalement, deux premiers tours à Roland-Garros, trois titres sur le circuit Challenger (la deuxième division du tennis) et une fin de carrière en 2017.

Morel, Jeanpierre ou Mina, aucun dans le Top 100 mondial

Clément Morel, lui, remporte l’Open d’Australie en 2002. En demi-finale, il domine Jo-Wilfried Tsonga. Il est deuxième mondial junior en mai 2002. Encore une fois, tout se complique lorsque le circuit senior arrive. Il ne perce pas, sera au mieux 387e mondial et arrête sa carrière à seulement 23 ans. SI l’on remonte encore un peu plus loin, en 1998, Julien Jeanpierre triomphe aussi à Melbourne. Une édition où l’un des demi-finalistes se prénomme Roger Federer. Jeanpierre réussira à faire carrière mais échouera aux portes du Top 100 (133e en 2004).

En 2004 justement, il parvient au troisième tour de Roland-Garros, son meilleur résultat en carrière en battant notamment Vince Spadea, tête de série 28. Des vainqueurs mais aussi des finalistes. Gianni Mina atteint la finale junior à Roland-Garros en 2009. Il est un grand espoir du tennis français. Mina est ensuite invité l’année d’après dans le tournoi parisien. Le tirage lui donne l’honneur (ou le malheur) d’affronter Rafael Nadal. Le résultat est logique (6/3, 6/2, 6/2) pour le Majorquin. Ce sera sa seule apparition. Des blessures à répétition au dos l’éloignent des courts pendant près de deux ans. Il ne rentrera jamais dans les 200 meilleurs mondiaux. Il annonce le 27 mai dernier la fin de sa carrière à 29 ans.

Une difficulté qui n’est pas un mal français. Bien au contraire ! Depuis l’ère Open en 1968, ils ne sont que 11 à avoir réussi à remporter un Grand Chelem chez les juniors et récidiver chez les seniors. Depuis 2010, seul trois joueurs ayant été sacrés en junior sont entrés dans le top 10 : Jack Sock, Andrey Rublev et Alexander Zverev.

Ilias Grandjean