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US Open: le bilan catastrophique des Français, le pire depuis seize ans

Treize Français ont connu la défaite depuis le coup d’envoi de cet US Open. Un petit désastre qui renvoie à une édition 2003 de sinistre mémoire. L’unique chance tricolore réside donc en Gaël Monfils qui présente heureusement de sérieuses garanties et bénéficie d’un tableau ouvert.

Si Gaël Monfils s’est accordé une note artistique de 8 sur 10 pour son smash 360° sur sa balle de match face à Marius Copil, au troisième tour de l’US Open (6-3, 6-2, 6-2), on ne peut pas en dire autant du bilan français après quatre journées de compétitions. On n’est pas loin du désastre absolu. Fait rarissime en Grand Chelem: aucun garçon n’est au programmé lors du Day 5. Pour la première fois depuis 2003, il n’y a plus qu’un seul représentant au stade des seizièmes de finale. Il y a seize ans, Grégory Carraz portait le costume d’ultime rescapé. Il avait battu Arnaud Clément au deuxième tour avant de disparaître en cinq sets face à Greg Rusedski.

Des remontadas qui font mal

Avec quatorze joueurs sur la ligne de départ, un bilan aussi mauvais semblait impossible à envisager. Même si des signaux négatifs avaient été enregistrés. Ainsi, la publication du programme dès le vendredi - juste avant les forfaits de Kevin Anderson et Milos Raonic - avait privé Richard Gasquet d’un statut de tête de série qui lui aurait évité de croiser la route du numéro 24 du tournoi Matteo Berrettini. Autre élément accablant: Jo-Wilfried Tsonga et Benoît Paire ont été victimes d’une "remontada". Dans le cas de l’Avignonnais, le goût est âcre puisqu’il a vendangé trois balles de match face à Aljaz Bedene.

Poussé à commenter son statut d’irréductible gaulois, Monfils a pris des pincettes. "En fait, moi je n’ai pas d’explication. Je fais mon petit bout de chemin tout seul. Pour parles des potes, c’est compliqué. Richard (Gasquet) revient très bien, il revient de blessure. On lui donne d’ailleurs un peu plus de temps que moi (sourire)! Il fait un bel été quoi. Il n’a pas de chance d’être dernière non tête de série. Jo (Tsonga), ce n’est pas facile non plus, il revient de blessure. Mais je trouve que ce n’est pas facile pour lui car il a des gros matchs d’entrée", explique-t-il.

Simon: "C’est une loupe mais..."

"On attend beaucoup de lui, mais moi je le vois revenir bien plus fort. Je ne le vois pas rester là où il est. Lucas (Pouille), c’était un peu plus dur aussi, mais il revient. Il est plus jeune, mais c’est quelqu’un qui a besoin de beaucoup de confiance pour enchaîner, or là il n’a pas eu beaucoup de réussite. Quand la machine Lucas va revenir, je pense qu’il va faire comme en Australie (demi-finale). C’est un trop bon joueur pour être là", poursuit-il.

Fin analyste, Gilles Simon ne verse pas dans le catastrophisme: "Si on a un Français en demi-finale, on aura oublié qu’il n’y en avait qu’un au troisième tour. Les Grands Chelems, c’est une loupe, mais ça ne représente pas toute la saison. Je vois juste un mauvais résultat. Maintenant, il y a une réalité du circuit: le niveau est beaucoup plus dense et fort. Regardez: on voyait Felix Auger-Aliassime tout casser et il a pris 6-1, 6-1, 6-4 contre Shapovalov qui, lui-même, devait tout casser il y un an."

Le Niçois prône la prudence. Mais le troisième tour de Monfils ce samedi face à Denis Shapovalov fait quand même froid dans le dos. En cas de d’élimination du Parisien, ce serait la deuxième année consécutive que les Bleus seraient absents des huitièmes de finale. Une sale statistique à éviter absolument.

Eric Salliot