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Forget : « Pas de complexe »

Guy Forget

Guy Forget - -

Jo-Wilfried Tsonga, contre Mardy Fish, et Richard Gasquet, face à Florian Mayer, chercheront ce lundi à se qualifier pour les quarts de finale de Wimbledon. Pour leur ancien capitaine de Coupe Davis, ils doivent y croire.

Guy, comment analysez-vous la présence de deux Français, Jo-Wilfried Tsonga et Richard Gasquet, en 8e de finale ?

Au vu des matchs, c’est logique. On aurait pu en avoir un petit peu plus. Julien Benneteau n’est pas passé loin de l’exploit contre Roger Federer. Les deux garçons encore en course, que ce soit Jo ou Richard, peuvent prétendre aller plus loin et pas seulement se qualifier pour la deuxième semaine. Je crois que c’est la bonne nouvelle. Ils adorent le gazon. Deux Français en deuxième semaine, c’est chouette. Mais pour eux, quand on voit les joueurs qu’ils ont battus, c’est « normal ». Le tournoi commence vraiment pour eux. Ils vont se tester face à des joueurs plus coriaces, plus expérimentés. Je pense qu’ils se disent que c’est maintenant que les choses sérieuses vont démarrer et qu’on les attend au tournant.

Comment expliquez-vous que Richard Gasquet n’ait passé qu’une seule fois, en 2007 à Wimbledon, les 8e de finale d’un tournoi du Grand Chelem ?

Tout simplement parce que les joueurs sont beaucoup plus forts à ce stade du tournoi. Quand vous êtes tête de série, vous savez que vous avez la chance de ne pas jouer des gars trop forts dans les trois premiers tours. Là, tout le monde se retrouve. Il faut être fort physiquement. Et parfois, on peut jouer Djokovic ou Murray. Ce n’est pas simple de s’en sortir. Mais il n’y a pas de complexe. Richard et Jo ont déjà été demi-finalistes à Wimbledon. Ils l’ont déjà vécu. Il leur reste un cap à franchir.

L’élimination de Rafael Nadal a-t-elle changé quelque chose pour les autres joueurs ?

On parle souvent de l’invincibilité des quatre meilleurs. Or on se rend compte qu’il y a des secteurs de jeu où ils sont vulnérables et où ils peuvent devenir fébriles. Pour les y amener, il faut pratiquer un type de tennis particulier et être très opportuniste. On a vu Rosol contre Nadal, il ne voulait surtout pas engager un échange. Il a refusé le dialogue et c’est passé. Julien Benneteau a montré que quand on attaque Roger Federer, on peut le faire douter. C’est uniquement en jouant avec ces options tactiques qu’on a peut-être une chance de passer devant. C’est un signal assez fort qu’ils ont envoyé aux autres. Richard, s’il est confronté à des joueurs de ce calibre, qu’il prend la balle tôt, qu’il arrive à agresser l’adversaire sur les secondes balles, il a une chance. Il peut le faire et il l’a déjà fait. Il faut parfois accepter de perdre un match en faisant trop de fautes.