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Garcia : « Contre Serena, je sais à quoi m’attendre »

Caroline Garcia

Caroline Garcia - -

Grâce à sa première victoire dans le grand tableau de Wimbledon, mardi contre la Chinoise Jie Zheng (6-3, 6-4), Caroline Garcia aura le redoutable honneur de défier Serena Williams au deuxième tour. Face à la grandissime favorite du tournoi, qui l’avait surclassée lors du dernier Roland-Garros, la jeune Française refuse de partir perdante.

Que représente cette première victoire dans le grand tableau de Wimbledon ?

C’est spécial. Je suis très contente de m’être imposée. C’est sympa de passer un tour. Ce n’est jamais facile après être sortie des qualifications. C’est bien de gagner ici pour mon premier match de Wimbledon chez les seniors. J’ai travaillé pour l’avoir, je suis allée chercher ce match, on ne me l’a pas donné. Je suis contente des efforts que j’ai fournis et de continuer ma route.

On a l’impression que vous gardez un regard d’enfant ici …

La première fois, il y a forcément un peu de curiosité, sinon plus rien n’est intéressant. Mais j’ai vite pris la mesure des lieux. J’avais mis les pieds à Wimbledon pour les juniors mais c’est différent. On n’est pas traité pareil dans le grand tableau. J’ai souvent regardé ça à la télévision. Mais je dois rester concentrée sur le tournoi. C’est important de repérer les lieux avant. Cela permet, quand on rentre sur le court, de ne se concentrer que sur le match. Je vais essayer d’aller voir le Central avant d’affronter Serena Williams, pour m’imprégner du court.

Des règles vous ont-elles surprise ?

Pas vraiment. Mais mon adversaire, par exemple, a failli ne pas jouer parce qu’elle n’avait pas de chaussures blanches. Finalement, ils l’ont laissée tranquille. C’est british. Il y a beaucoup de coutumes à respecter : tout le monde en blanc par exemple. C’est vraiment un tournoi à part, mais c’est sympa.

Intégrer le Top 100 vous a-t-il libérée ?

Ça fait toujours plaisir de voir que le travail paie. Le Top 100, c’est toujours une étape. Ça m’a permis de plus croire en moi et de progresser. Le titre à Cagnes-sur-Mer m’a aidée aussi. Ça commence à s’enchainer un peu. C’est sur la bonne voie.

« Elle reste une joueuse normale »

Quel souvenir gardez-vous de votre match contre Serena Williams à Roland-Garros ?

A Roland-Garros, c’était un match difficile parce qu’elle m’a tout de suite mise sous pression. Je n’ai pas du tout pu jouer mon jeu. Maintenant, je sais à quoi m’attendre de sa part, c’est déjà un point positif. J’aurais pu faire mieux sur mes jeux de service. Je ne les ai pas assez gagnés pour pouvoir la gêner. Il faut que je me concentre. Je sais que je peux bien servir et l’embêter avec ça. A moi de faire ce qu’il faut.

Ce sera un gros défi…

Oui, ça reste un challenge à relever mais c’est pour ça qu’on joue au tennis. Je serai outsider. A moi de donner le maximum. C’est le tableau qui veut que je la joue encore une fois ici, à Wimbledon. C’est sympa, on progresse beaucoup avec ces matches-là. C’est vrai qu’elle en impose beaucoup. Son palmarès est impressionnant, son service aussi. Dès qu’elle a une occasion, elle la saisit. Mais si on y va déjà perdante, on n’a aucune chance d’y arriver. Il faut croire en ce qu’on fait et jouer son jeu sans se soucier de qui on a en face. Ça reste une joueuse normale. Elle a des hauts et des bas mais elle se bat. Moi aussi je dois réussir à faire pareil.

Quand on joue Serena Williams, sur quoi se concentre-t-on davantage ?

On sait qu’on va avoir peu d’occasions de la breaker. Il faut assurer ses mises en jeu. Dans l’échange, il faut être concentré à la moindre balle courte pour essayer de la saisir. Serena, c’est une grande serveuse, une grande retourneuse. Elle peut mettre des aces quand elle le veut. Moi, je continue à travailler mon service. Depuis les qualifications, ça a été payant. Mais de toute façon, être sur gazon m’oblige déjà à être plus concentrée sur chaque point.

Avez-vous déjà échangé avec elle ?

Ici, j’ai peu de chances de la croiser dans les vestiaires ! Je connais un peu son entraineur (Patrick Mouratoglou, ndlr). On ne peut pas dire qu’on ait de grandes relations. Elle me dit bonjour mais je ne m’attends pas à avoir une grande discussion avec elle.

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Propos recueillis par Eric Salliot à Wimbledon