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Attention, les sœurs Williams sont de retour

Serena Williams fait enfin son retour sur le circuit.

Serena Williams fait enfin son retour sur le circuit. - -

Après respectivement onze et cinq mois d’absence pour cause de blessures, Serena et Venus Williams retrouvent le circuit cette semaine sur le gazon d’Eastbourne. Suffisant pour briller à Wimbledon ? Pas certain. Mais bien assez pour redonner un peu de lustre et de cachet à un tennis féminin en manque de stars.

On l’avait laissée sur un quatrième succès à Wimbledon, son 13e en Grand Chelem, et sur cette couverture de Sports Illustrated : « She’s The Best Ever » (« La meilleure de l’histoire », en gros). Serena Williams est bien « la » star du tennis féminin. Un statut qui fait de son retour, cette semaine à Eastbourne, un événement. Surtout couplé à celui de sa grande sœur, Venus. Opérée deux fois au pied puis victime d’une embolie pulmonaire en février, Serena, qui fêtera ses 30 ans en septembre, n’a disputé aucun match officiel depuis la finale du dernier Wimbledon. Venus, 31 ans le 17 juin, n’a plus joué en tournoi depuis janvier et ses problèmes abdominaux au troisième tour de l’Open d’Australie.

Cette double absence a créé un grand vide. Sur le plan du jeu comme du spectacle. « Ce sont des filles qui font vendre, qui font rêver les petites dans les écoles de tennis », confirme l’ancienne joueuse française Emilie Loit. « A chaque fois qu’elles sont là, elles élèvent le niveau, notamment sur gazon, poursuit Patrice Dominguez, l’ancien DTN du tennis français. Les revoir à Wimbledon permettra peut-être de clarifier la hiérarchie du tennis féminin. »

Depuis 2000, seuls deux Wimbledon leur ont échappé !

Reste à savoir si les deux anciennes numéros un mondiales vont retrouver leur coup de raquette. Et jouer les premiers rôles à Wimbledon, leur « jardin » avec cinq succès pour Venus et quatre pour Serena. Un tournoi pour lequel les organisateurs, qui se basent aussi sur les cinq dernières éditions, ont toute latitude de placer les 25e (Serena) et 32e mondiales plus haut dans le tableau féminin. Certains habitués estiment qu’elles pourraient même faire partie des huit premières têtes de série. De quoi rêver à une mise en jambes progressive, elles qui n’ont laissé que deux éditions depuis 2000 à des étrangères à la famille : Sharapova en 2004 et Mauresmo en 2006.

« Ce sont deux guerrières, explique Dominguez. Elles retrouveront vite leurs sensations à condition d’avoir un tableau clément et de pouvoir disputer quelques matches à Eastbourne pour retrouver le fighting-spirit, le goût de la compétition et l’envie de se battre. » Et Loit de préciser : « C’est à Eastbourne que nous saurons si elles peuvent prétendre à une victoire à Wimbledon. » Les tests arriveront vite : Zvonareva pour Serena dès le deuxième tour à Eastbourne, et l’Allemande Petkovic d’entrée pour Venus.

Autre ancienne joueuse tricolore, Sarah Pitkowski se veut plus prudente : « Serena aura du mal à conserver son titre. Ceci étant, sur gazon, cela peut se jouer en quelques coups de raquette. Elles peuvent s’en sortir sans être au top physiquement… » Avis partagé par Dominguez : « Serena garde sa puissance, sa supériorité physique sur les autres, sa faculté à se battre. Venus a le jeu idéal pour le gazon et peut vite retrouver ses automatismes. » Les « sœurs Pétard » ont encore quelques tours dans leur sac.