RMC Sport

Vendée Globe: c'est reparti pour Virtual Regatta, avec des pros très ambitieux

La team française d’E-Sport, MCES, se lance sur le Vendée Globe de Virtual Regatta. Redoutables dans d’autres jeux, elle vient pour rafler la mise sur le tour du monde virtuelle.

Désolé de doucher vos espoirs à vous, les intermittents de Virtual Regatta. Ceux qui regardent le fichier météo entre deux dossiers au bureau. Toi l’intermittent de la mise à jour qui rate le nouveau vent de sud-ouest ou toi qui n’a pas le portefeuille extensible et ne prend aucune option. Il y a une infime chance que tu remportes le Vendée Globe de Virtual Regatta. Ne parie pas sur toi. L’ère du casual gaming est finie. Les teams de gamers ont déjà vampirisé les tournois de jeux sur console et PC. Maintenant, ils se lancent sur les jeux en ligne qui rapprochent les collègues. 

"Un E-Sport de niche"

Il y a fort à parier que le vainqueur de Virtual Regatta soit membre d’une de ces équipes de E-Sport. Un garçon ou une fille dont la vie est organisée en grande partie autour du gaming, pratiquement un pro du clavier. La team française MCES, vice-championne du monde de Clash of Clans, présente aussi sur FIFA ou Brawl Stars, débarque au milieu des 200.000 régatiers de salon déjà inscrits pour rafler la mise. Pour l'occasion, MCES s'est allié avec Corum l'Epargne, le sponsor de Nicolas Troussel, engagé sur ce Vendée Globe.

Depuis un an et demi, Jérôme Trogant, le manager de l’équipe du Sud de la France, a visé le jeu de voile : "On m’a parlé d’aller voir cette scène-là. C’est un sport de niche dans un E-Sport de niche. Mais il y a la Fédération française de voile et la fédération mondiale qui ont déjà un partenariat avec le jeu. On a une forte identité sport avec Yannick Agnel comme directeur sportif. On ne pouvait pas rater ça."

Prêt à passer 12 heures par jour devant l'écran

Cet ancien militaire, adepte de rugby, de plongée et de parachutisme, a fait son marché sur les tournois virtuels qu’il a scoutés. Avec le bouche à oreille de plusieurs bons joueurs, il a dégoté Tim Carpentier, 19 ans, "Pepito" sur les réseaux, monté à la 2e place mondiale sur Virtual Regatta. L’étudiant en deuxième année de management du sport, passé au pole espoir de voile de Montpellier, sera peut-être le skipper vainqueur. "Pepito" est capable de passer 12 heures dans une journée sur le jeu. A organiser son sommeil pour se connecter pile au bon moment avant l’une des quatre mises à jour quotidiennes et relancer sans attendre son routeur. "J’ai commencé sérieusement en janvier 2020 et avec le confinement, j’ai continué, raconte "Pepito". Je me connecte sur un serveur Discord pour avoir des adversaires. Le secret, c’est de ne pas s’endormir au mauvais moment. Et moi ça m’arrangerait que le confinement dure." 

10.000 dollars à la clé pour l’équipe vainqueur 

Tim Carpentier pense que ses jeunes adversaires ne peuvent pas avoir la même exigence face aux horaires imposés par le jeu. Bien sûr, MCES navigue avec toutes les options payantes. La mécanique de performance est optimisée par Jérôme Trogant. Le manager organise les plages de repos et la cohésion du groupe de huit joueurs engagés sur le jeu. Tim est le plus jeune, la plus âgée est la Suissesse Pascale Grobety "Buddha", 61 ans. MCES a compté les trois meilleurs joueurs mondiaux de VR en mode offshore. Les Marseillais lorgnent la mise de 10.000 dollars promise à l’équipe vainqueur.

Gagner en individuel, c’est une autre paire de manches. L’équipe tricolore organise sa stratégie autour de briefings. "Il y a beaucoup de joueurs occasionnels, mais coté compétition à haut niveau, si vous n’avez pas joué vous serez largués" annonce Trogant. Lors de son passage au pole espoir de Montpellier, "Pepito" a rencontré des jeunes de rugby du club du MHR, scotchés au jeu. Quelques années plus tard, il est l’un des champions de la mer en pixels. Le bronzage en moins.

dossier :

Vendée Globe

M.M. aux Sables d’Olonne