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Vendée Globe: contact perdu avec Escoffier sur son radeau, ce que l’on sait sur la situation

Alors qu’il était en troisième position du Vendée Globe, Kevin Escoffier a déclenché sa balise de détresse ce lundi dans les 40es Rugissants, au sud-ouest de l’Afrique du Sud. Le skipper de PRB a expliqué que de l’eau s’infiltrait dans son bateau, avant de se réfugier dans son radeau de survie. Jean Le Cam, Yannick Bestaven, Boris Herrmann et Sébastien Simon se sont déroutés pour lui venir en aide. Dans des conditions très difficiles.

L’appel à l’aide d’Escoffier

Kevin Escoffier a déclenché sa balise de détresse, ce lundi en début d’après-midi, au 22e jour de course. A 14h46 (heure française), précisément. Le skipper de PRB, qui était alors en troisième position du Vendée Globe, a expliqué à son équipage à terre qu’il y avait de l’eau dans son bateau et qu’il menaçait de couler. Il se trouvait alors dans les 40es Rugissants, une zone de l'hémisphère sud réputée pour ses vents violents. Au sud-ouest de l'Afrique du Sud. Il se dirigeait vers le célèbre Cap de Bonne-Espérance, un promontoire rocheux situé au sud de la ville du Cap, qui marque le passage du sud vers l'est pour les navigateurs.

Le sauvetage d'Escoffier a lieu dans les 40es Rugissants, au sud-ouest de l'Afrique du Sud
Le sauvetage d'Escoffier a lieu dans les 40es Rugissants, au sud-ouest de l'Afrique du Sud © Vendée Globe

Le Cam a échangé avec lui, avant de le perdre de vue

Dès l’appel au secours d’Escoffier, la direction de course a demandé à Jean Le Cam, le concurrent le plus proche, de se dérouter pour aller lui porter assistance. Le doyen de la flotte est arrivé sur zone vers 17h. Mais il a rencontré un problème de moteur qui l’a empêché de secourir Escoffier, qui s’est réfugié entre-temps dans son radeau de survie, vraisemblablement équipé d'une combinaison spéciale, avec une balise personnelle et de quoi signaler sa présence. Le bateau PRB a lui, a priori, coulé (le contact satellite a d’ailleurs été rapidement perdu). Après avoir échangé vocalement avec Escoffier, Le Cam a perdu le contact visuel avec son radeau de survie.

Quatre skippers déroutés

Jean Le Cam n'est pas parvenu ensuite à capter le signal de la balise de Kévin Escoffier, dont la portée est réduite à cause de la mer formée. De quoi inquiéter sérieusement les organisateurs, qui ont demandé dans la foulée à Yannick Bestaven (Maître CoQ IV), Boris Herrmann (Yatch Club de Monaco) et Sébastien Simon (Areka-Paprec) de se dérouter à leur tour. Bestaven est arrivé sur zone vers 21h45, avant Herrmann, attendu vers 23h. Un process de quadrillage a été établi pour faciliter les recherches.

Les quatre skippers déroutés auront le droit de repartir une fois le sauvetage terminé. Ils récupéreront les heures perdues au classement, après délibération du jury de course. S'il y a utilisation du moteur, il faudra qu'ils le scellent à nouveau avec des plombages.

Des conditions très difficiles

Le sauvetage d’Escoffier (le premier de ce 9e Vendée Globe) se heurte à une météo particulièrement mauvaise. Les conditions sur zone sont très difficiles, avec une mer agitée, des vagues de 5 mètres et de fortes rafales de vent. Le tout dans une eau à 14 degrés. De quoi compliquer l’opération, d’autant que la nuit est rapidement tombée sur place, rendant la visibilité quasi-nulle. L'équipe à terre de PRB a précisé qu'en plus de sa balise personnelle, Escoffier disposait de quoi signaler sa présence dans son radeau de survie. Le jour, qui se lèvera à 4h40 (heure française), devrait permettre d'éclaircir la zone d'investigation.

La dernière fois qu'un concurrent du Vendée a utilisé son radeau de survie, c'était en février 2013. Après avoir chaviré, l'Espagnol Javier Sanso avait alors attendu 12 heures avant d'être secouru. Rappelons que l'épreuve a lieu tous les quatre ans depuis sa deuxième édition en 1992-1993.

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- © Pauline Bellalin (Agence Effets Mer)

Escoffier, un marin expérimenté

Originaire de Saint-Malo, Kevin Escoffier participe cette année à son premier Vendée Globe. Mais ce n’est pas un bizuth dans le monde de la course au large. Loin de là. Le skipper de 40 ans a déjà participé à plusieurs grandes courses en équipage, passant à de nombreuses reprises par les mers du sud. Il a notamment remporté le Trophée Jules Verne avec Loïck Peyron (Banque Populaire V) en 2012 ou la Volvo Ocean Race avec Charles Caudrelier (Dongfeng) en 2018. "Il est considéré par ses partenaires comme un marin talentueux et endurant", selon Ouest France.

Une avarie importante en début de course

Trois jours après le départ de ce Vendée Globe, le 11 novembre, le skipper de PRB avait déjà rencontré un souci important en mer. Des centaines de litres d’eau s’étaient infiltrés dans son bateau. Après plusieurs heures de réparation et l’utilisation d’une pompe, Kevin Escoffier, qui est ingénieur de formation, avait réussi à rétablir la situation. "Option jacuzzi ce matin sur PRB, avait-il plaisanté dans une vacation vidéo. Je suis venu pour faire mon check habituel de la zone avant et voilà ce que j’ai constaté. Je suis en train d’éponger. Il faut que je tienne le coup pendant une heure, avant de virer et je pourrai réparer ça. Allez, bonne journée humide à tout le monde." Rien ne permet pour le moment d’établir un lien entre cet incident et celui qui l’a contraint à déclencher sa balise de détresse.

Le Cam avait lui-même été secouru en 2008

En janvier 2008, c'est Jean Le Cam qui avait dû être secouru sur le Vendée Globe. Après la perte de son bulbe de quille, au passage du cap Horn, il avait alors donné l'alerte. Et c'est Vincent Riou, alors sur PRB, qui s'était dérouté pour venir lui prêter main forte. Ce dernier avait endommagé son bateau en aidant Jean Le Cam, au point d'abandonner la nuit suivante. Armel Le Cléac'h s'était lui aussi dérouté lors de cet incident.

dossier :

Vendée Globe

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur