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Vendée Globe: et si c’était la bonne année pour une reine des mers?

Six femmes au départ du Vendée Globe ce dimanche à 13h02: un record, mais aussi des ambitions à la hausse pour ces navigatrices qui rêvent de devenir chacune la première à inscrire leur nom au palmarès de ce tour du monde. Samantha Davies en tête.

Zéro en 2016, six en 2020. Au niveau statistiques, on parlerait d’une explosion. En quatre ans, elles sont six navigatrices à avoir réussi à se placer sur la ligne de départ du Vendée Globe. Pour Clarisse Crémer, qui a hérité du prestigieux partenariat Banque Populaire, il ne faut pas prêter trop attention à ces chiffres: "A mon avis la vérité est entre les deux. Les femmes qui font de la course au large représentent plus 10-15% que 20% de la population d’une course."

Ce Vendée Globe est peut-être l’aube d’une révolution. Depuis la première édition en 1986, six femmes sur les sept à s’être élancées ont terminé le tour du monde en solitaire et sans escale. Potentiellement, ce total pourrait doubler d’ici le début de l’année 2021. Samantha Davies fait partie du cercle fermé de celles qui ont déjà terminé cette circumnavigation. C’était en 2009 avec une quatrième place au bout. La Galloise (Initiatives-Cœur) y voit l’évolution normale de son sport. Elle a été inspirée par Isabelle Autissier et Florence Arthaud. Puis il y a eu le séisme Ellen MacArthur, deuxième en 2001, à un souffle du vainqueur Michel Desjoyeaux. 

Samantha Davies, l’inspiratrice

Lors de cette édition 2000-2001, la petite Anglaise de 24 ans aux joues roses avait bluffé la planète et brisé des barrières mentales chez les détracteurs des femmes skippers. Aujourd’hui, c’est Samantha Davies qui inspire les femmes à prendre la barre : "Ça m’arrive d’avoir des femmes navigatrices plus jeunes qui me disent qu’elles me suivent à fond. C’est grâce à ce que j’ai fait qu’elles se lancent sur la course au large. Moi aussi j’ai été inspirée par des femmes qui ont fait des choses incroyables. Ça m’a ouvert des portes et je veux bien aider cette nouvelle génération". Clarisse Cremer confirme : "Sam est top. Elle a fait beaucoup de chose dans sa carrière. Elle pourrait être un peu fermée mais pas du tout. Elle m’explique plein de choses, elle me raconte ses expériences. Elle me donne des trucs et astuces".

"Puisque ça étonne, c’est qu’il y a du retard"

Samantha Davies n’a jamais encaissé les mêmes remarques sexistes de ses devancières. Preuve que les mentalités ont évolué. Même si pour Isabelle Joschke, MACSF, il reste encore beaucoup à faire : "C’est surprenant car on se dit qu’en 2020 tout est possible mais en vérité il y a encore un petit truc à faire bouger pour que tout soit possible dans la tête des hommes et des femmes. Je pense que c’est un problème d’éducation, qu’il faut pousser jeune les filles à la compétition. Il faut donner confiance. Il y a quelque chose qui fait que les femmes ont moins confiance en elles en compétition, dans le domaine de l’aventure ou le monde de l’entreprise. Il y a du travail à faire pour que ce soit normal aux yeux des hommes et des femmes qu’une femme parte pour un tour du monde. Puisque ça étonne c’est qu’il y a du retard." Avec Pip Hare (Medallia), Miranda Merron (Campagne de France) et Alexia Barrier (TSE – 4myplanet), ce sextet entretient des liens forts. Davies et Joschke ont partagé des sorties en ski de randonnée l’hiver dernier. Certaines se voient tous les jours à leur base à Lorient. 

"On n’a pas d’excuse pour ne pas gagner"

Samantha Davies connait son bateau comme sa poche. Elle évolue sur un 60 pieds ancienne génération mais qu’elle a musclé avec des foils. Charlie Dalin (Apivia) la cite parmi les adversaires à surveiller de près. En septembre, lors du défi Azimut, Davies a terminé deuxième de l’épreuve de 48h, dans le sillage de Jérémie Beyou (Charal), le grand favori de ce Vendée Globe. "La course au large en solitaire, c’est un des rares sports où la force physique ne fait pas la différence, rappelle Davies. C’est davantage la force mentale, la préparation du projet. On n’a pas d’excuse pour ne pas gagner. Une femme peut gagner et je crois qu’une femme va bientôt gagner." Réponse fin janvier. 

dossier :

Vendée Globe

M.M. aux Sables d’Olonne avec P-Y.L. et X.G.