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Vendée Globe: pourquoi la fin de course est aussi serrée

Avec six skippers en 100 milles environ, dans la dernière ligne droite vers les Sables d’Olonne, la course à la victoire est extrêmement serrée sur ce Vendée Globe.

Alors que l'arrivée du Vendée Globe se profile pour la fin du mois, six bateaux se tiennent en un peu plus de 100 milles (200 km). Au classement de 12h ce vendredi, c'est Charlie Dalin (Apivia) qui mène la flotte, devant Louis Burton, Boris Herrmann, Thomas Ruyant, Damien Seguin et Yannick Bestaven. Les six skippers se tiennent en moins de 100 milles. Si Vincent Riou s'est imposé de 6h33 sur Jean Le Cam en 2005 et si François Gabart l'a emporté en 2013 avec 3h17 d'avance sur Armel Le Cléac'h, ce scénario inédit avec autant de vainqueurs potentiels s'explique par plusieurs facteurs.

La météo

Alors qu'il avait pris la poudre d'escampette et compté jusqu'à 435 milles d'avance, 800 km, le 8 janvier au matin, Yannick Bestaven s'est retrouvé encalminé dans ce que les Anglais appellent "le pot-au-noir du sud", une zone de vents très faibles, complexe à négocier, au large du Brésil. Résultat, son avance a fondu sur le groupe de chasse mené par Charlie Dalin et Thomas Ruyant. Comme si le garde-barrière avait décidé de fermer le passage à niveau pour organiser un nouveau départ, il a vu huit concurrents revenir sur lui.

Le peu de casse et le nombre important de partants

Ils étaient 33 au départ, un record, et sont toujours 26 en course. 20% d'abandons, du jamais vu quand on sait que lors des éditions précédentes la moyenne était de 50%. Ce ratio, sachant qu'il est principalement composé par les abandons des bateaux neufs (4), favorise une homogénéité de la flotte.

L'échec des deux grands favoris

Alex Thomson et Jérémie Beyou, dont tout le monde attendait le duel, n'ont pas profité de cette chance. Le premier a abandonné au large de l'Afrique du Sud alors que le second, toujours en course, est repassé par la case départ et est reparti neuf jours après ses concurrents (il est d'ailleurs passé au Cap Horn avec cet écart de neuf jours sur Bestaven).

L'échec des huit bateaux neufs et des grands foils

Thomson, Beyou, Troussel et Simon ont abandonné. Les quatre qui restent sont endommagés ou ont subi des avaries et ne sont donc pas à 100% de leur potentiel (Ruyant, Dalin, Tripon) ou skippé par un marin peu aguerri (Shiraishi). Des bateaux "boiteux" (Ruyant, Dalin) qui parviennent malgré tout à rivaliser avec l'ancienne génération de foilers menée par Bestaven (Bateau de Lagravière, neuf il y a quatre ans), Burton (bateau neuf, vainqueur, de Le Cléac'h il y a quatre ans), Hermann (bateau neuf de Sébastien Josse il y a quatre ans), Pedote (bateau neuf de Jean-Pierre Dick il y a quatre ans).

La surprise vient des bateaux à dérives droites menés par Damien Seguin, Jean Le Cam et Benjamin Dutreux (trois bateaux construits en 2007) qui, outre les qualités des marins, ont bénéficié d'une météo assez favorable aux non-foilers pendant toute cette édition jusqu'à maintenant. Le vainqueur arrivera avec un temps moins bon que lors de l'édition précédente, ce qui n'était arrivé qu'une fois dans l'histoire du Vendée Globe.

dossier :

Vendée Globe

Pierre-Yves Leroux