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Equipe de France de volley: le jour J pour Bernardinho, nouveau patron des champions olympiques

L’entraineur brésilien Bernardo Rezende démarre ce vendredi (19h), face à la Slovaquie, le championnat d’Europe, sa première compétition à la tête de l’équipe de France. Le début d’une nouvelle aventure pour lui et les tout frais champions olympiques français, couronnés il y a moins d’un mois à Tokyo. Le coach brésilien veut surtout faire briller sa nouvelle équipe dans trois ans à Paris 2024.

Bernardo Rezende (62 ans), plus connu dans le monde du volley sous le nom de Bernardinho, c’est d’abord un palmarès immense à en donner le tournis. Deux titres olympiques (2004 et 2016), trois couronnes mondiales (2002, 2006 et 2010) et huit Ligue mondiale. Le plus grand palmarès du volleyball, désormais sélectionneur de l'équipe de France, a déjà parfaitement été accepté par ses nouveaux joueurs, encore sur leur nuage olympique.

"Il est hyper humain, glisse Antoine Brizard, le passeur de l’équipe de France. Il a compris tout de suite qu’on avait besoin de vacances après notre titre. Il sait très bien que le calendrier est démentiel. Mais en même temps qu’il nous disait que c’était incroyable ce qu’on avait réalisé, il nous a surtout dit que le plus dur, c’était de recommencer."

Ses premiers mots, il les a livrés, il y a quelques jours seulement, à Belfort, où les Bleus ont effectué une partie de leur préparation, dans un français encore approximatif. Un effort apprécié par les joueurs. "Ok, il fait plein d’erreurs mais il met vraiment un point d’honneur à ne pas parler anglais ou italien, à demander les mots s’il ne connaît pas, ajoute Brizard. C’est un symbole de sa détermination et de l’importance qu’il attache au projet de Paris 2024."

Les mots en français jaillissent avec ou sans mal pendant chaque entrainement. Bernardinho parle sans arrêt. Des petits conseils par-ci, un bref tête à tête avec un joueur par-là. Il y a la parole et les gestes. La natif de Rio associe souvent à son mode de communication une gestuelle explicite qui peut aller de petits mouvements avec les doigts ou de plus grandes envolées avec les bras.

Cette communication va de pair avec une rigueur et une éthique de travail qui a fait ses preuves durant seize ans avec l’équipe masculine du Brésil. "Pour lui, le travail passe au-dessus de tout", annonce le central Barthélémy Chinenyese.

"Il y a encore des petites choses à améliorer pour être encore plus fort," annonce le nouveau technicien des Bleus. "La créativité, l’esprit français et la culture du travail qu’on a au Brésil, j’espère que la combinaison va être positive" dit-il en pesant chaque mot pour bien se faire comprendre.

"Je me disais qu’il était possédé"

Derrière cette parole réfléchie, se cache pourtant un autre Bernardinho. "Dès que l’arbitre, siffle, il met le bouton ON, c’est un autre personnage, c’est incroyable" rigole le Franco-brésilien et assistant coach Mauricio Paes.

Il suffit de le regarder pendant un match pour voir le feu qui habite cet ancien joueur, le visage dégoulinant de sueur en perpétuel mouvement et discussion avec ses joueurs, les adversaires, les arbitres et même le public.

"Déjà quand on était adversaire du Brésil, je me disais qu’il était possédé !, sourit Benjamin Toniutti, le capitaine des champions olympiques. Mais en fait, il est comme ça déjà à l’entrainement. Il a quelque chose en lui qui l’anime par rapport au volley. Il transmet beaucoup d’énergie à l’équipe. On a envie de bien faire."

Ce touche à tout quitte pour la première fois le Brésil pour entrainer une sélection nationale. Il devra mettre entre parenthèses ses autres activités. Car Bernardinho cultive le succès également en affaires. Chaine de restaurants, club de fitness, magasin de vélo: son parcours est une véritable success story qui lui a valu un temps de faire de la politique et d’être épié par les magazines people brésiliens.

Depuis longtemps, Bernardinho admire le "jeu à la française". Les France-Brésil comptent parmi ses plus belles batailles et victoires. Son fils Bruno, passeur emblématique du Brésil, est aussi le meilleur ami d’Earvin Ngapeth. Cet amateur de vin veut faire de ce mélange franco-brésilien une réussite, pour porter à nouveau les Bleus vers les sommets.

Nicolas Baillou