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Volley: Ngapeth raconte son bref séjour en prison au Brésil

Earvin Ngapeth, star de l'équipe de France de volley-ball, a décidé de sortir du silence plus d'un an après son arrestation au Brésil pour un geste déplacé sur une femme dans une boîte de nuit qui lui a valu de passer une nuit en prison.

Earvin Ngapeth (29 ans) sort du silence. Le joueur de l'équipe de France de volley-ball était resté muet depuis son arrestation au Brésil en décembre 2019 pour harcèlement sexuel présumé après avoir eu une attitude inappropriée envers une femme dans une boîte de nuit, où il s'était rendu avec ses coéquipiers du club du Zenit Kazan. Dans une interview à L'Equipe, la star regrette ses actes mais déplore le traitement de cette affaire.

"Quand j'ai lu, 'Ngapeth harceleur sexuel', cela m'a révulsé"

"Le retentissement dans les médias a été... disproportionné, estime l'attaquant-réceptionneur. Ce qui m'a saoulé et blessé, c'est qu'on m'a prêté des mots que je n'ai jamais prononcés. Non, je n'ai jamais dit que mettre la main aux fesses d'une femme en France, c'était autorisé ou que cela se faisait! Ce sont des conneries, ça! Alors, quand j'ai lu dans les journaux, 'Ngapeth harceleur sexuel', cela m'a révulsé. J'ai payé cher pour ce qui s'est passé ce soir-là. Le geste n'est pas beau, il est carrément déplacé même. Il ne correspond pas à mon éducation. Après l'arrestation et la garde à vue, j'ai même passé une nuit en prison, avec des droits-communs. Je pense que c'était largement suffisant, il suffit de regarder la vidéo pour se faire une opinion. Bref, passons à autre chose."

Après cet épisode, Ngapeth s'est donc mûré dans le silence, même après la qualification de l'équipe de France pour les Jeux olympiques, décrochée en janvier 2020. Depuis, il a vécu des mois compliqués après avoir été hospitalisé après avoir contracté le coronavirus. Il a aussi souffert de l'éloignement avec ses enfants, au point de rentrer en France contre l'avis de son club. Il avait été sanctionné mais assume. Il assure avoir digéré tout cela et a décidé de revenir au premier plan pour assumer son statut de porte-drapeau de son sport à six mois des JO de Tokyo.

"Je suis l'un des visages du volley français et je dois prendre ma place médiatiquement pour ma discipline, explique-t-il. J'ai eu du mal à le faire par le passé, j'ai fini par l'accepter. Même si je l'ai parfois payé au prix fort. J'ai vécu des choses compliquées et j'ai éprouvé une grosse lassitude, il y a un an. Plein de choses ont changé dans ma vie depuis. J'ai eu un autre enfant, la musique a pris une plus grande place dans mon quotidien et là, en Russie, je suis plus tranquille, moins exposé qu'en Italie ou en équipe de France."

Le joueur vise les JO 2024 à Paris et confie être tout proche de s'engager avec Modène (Italie) où il a déjà évolué entre 2014 et 2018. Avant cela, il tentera de décrocher la Ligue des champions avec son club russe.

Nicolas Couet avec AFP Rédacteur