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Athlétisme: avant Tokyo, les glorieux anciens des Bleus en grand danger à Angers

Les championnats de France d’athlétisme, ce week-end à Angers, sont la dernière chance pour les athlètes de réaliser les minima en vue des Jeux olympiques. Les grands "anciens" Mekhissi, Bascou et Gueï sont engagés dans une course contre la montre pour arracher leur billet. Mais les vents sont contraires. Quant aux absents Vicaut, Bosse et Martinot-Lagarde, leur place est loin d’être assurée.

Les championnats de France précédents les Jeux olympiques sont d’habitude un excellent indicateur du potentiel des Bleus. Le problème en cette année 2021 à Angers, c’est que les leaders sont soit absents, soit dans l’inconnu. Trois têtes d’affiches, anciens médaillés internationaux pour l’équipe de France, viennent en Anjou accrocher un ultime espoir de voir Tokyo.

Mekhissi, triple médaillé Olympique dans le brouillard

Mahieddine Mekhissi, absent des pistes depuis son titre Européen à Berlin en 2018, a du mal à retrouver le rythme du haut de ses 36 ans. En stage à Font-Romeu depuis six semaines pour doubler la jeunesse au dernier moment, le Rémois prend un risque phénoménal. Sur 3000m steeple, quatre Français ont déjà réussi les minima: Djiali Bedrani, Alexis Phelut, Louis Gilavert et Mehdi Belhadj.

Mekhissi va non seulement devoir courir en moins de 8 minutes et 22 centièmes, sous la pluie et le vent frais prévus ce dimanche à Angers. Mais s’il en est capable, il devra surtout terminer dans les trois premiers de la finale des championnats de France pour que sa candidature aux Jeux soit crédible.

La fusée de 2014 Floria Gueï toujours pas en orbite

Floria Gueï, de son côté, essaie de revivre les années folles de sa carrière, comme à Zürich en 2014 où elle avait remonté la dernière ligne droite en furie pour donner le titre européen à la France sur le 4x400m. Championne d’Europe en individuel à Amsterdam en 2016, la jeune femme a ensuite fait une pause pour donner naissance à un petit graçon en 2019. Floria Gueï doit revenir en force aux championnats de France, à 31 ans.

Bascou doit sauter les obstacles Manga et Martinot-Lagarde

Dimitri Bascou, médaillé de bronze aux Jeux de Rio en 2016 sur 110m haies, court lui aussi après le passé. En 13’’61 au mieux cette saison, le hurdler doit accélérer à Angers, avec le handicap d’une météo fraiche et pluvieuse qui n’est pas favorable aux grosses performances. Et comme Mahieddine Mekhissi, il devra prouver qu’il se situe dans le top 3 français, avec Wilhem Belocian, Aurel Manga et Pascal Martinot-Lagarde qui ont déjà validé les minima.

La "chance" de Bascou, réside peut-être dans la fragilité physique de "PML". Martinot-Lagarde est gêné par une blessure à la cuisse depuis de longues semaines, et n’est pas là aux championnats de France. Les absents ont souvent tort.

Autres absents de marque: Vicaut et Bosse

Le recordman d’Europe du 100m Jimmy Vicaut et le champion du monde du 800m Pierre-Ambroise Bosse ont réalisé les minima... mais en 2019. Depuis, entres blessures, méformes et impasses, les deux stars tricolores inquiètent. Tous deux ont décidé de snober les championnats de France. Si Vicaut peut profiter du désert du sprint national derrière lui, Bosse prend un risque énorme sur 800m, où Benjamin Robert et Gabriel Tual ont réussi les minima. Florian Rousseau, le directeur de la Haute Performance à la Fédération française d’athlétisme, doit donner sa sélection olympique le 2 juillet.

Aurélien Tiercin