RMC Sport

Athlétisme: Claude-Boxberger, les difficiles jours d'après les révélations

Contrôlée positive en septembre dernier à l'EPO et entendue la semaine dernière sous le régime de la garde à vue par les enquêteurs, Ophélie Claude-Boxberger tente de refaire surface, après les révélations autour de son douloureux passée. L'athlète, qui semble avoir été dopée à son insu par le compagnon de sa mère (qu'elle accusait aussi d'agression sexuelle il y a quelques années), s'est confiée à RMC Sport.

Sa poignée de main est fébrile, son regard est ailleurs lorsque l’on retrouve Ophélie Claude-Boxberger dans une brasserie du centre-ville de Montbéliard ce jeudi. Amaigrie, elle explique avoir perdu huit kilos depuis l’annonce de son contrôle positif à l’EPO. "C'est très compliqué depuis le 5 novembre (date de la perquisition à son domicile ndlr). Mon état de santé se dégrade. J'essaie de faire avec et de rester forte malgré tous les éléments", confie l'athlète de 31 ans.

Victime de malaises réguliers, la Montbéliardaise n’a d’ailleurs pour cette raison toujours pas réalisé l’échantillon B pour infirmer ou confirmer son premier contrôle daté du 18 septembre, celui qui l'a placée depuis dans une lumière dont elle se serait bien passée. Avant les révélations de ces derniers jours à propos de ce qui ressemble à du dopage à son insu, par le compagnon de sa mère, contre lequel elle avait porté plainte quelques années plus tôt pour agression sexuelle.

"Des personnes ont dit 'elle n'a rien senti'", ce qui est faux"

Pendant une demi-heure, elle nous livre sa version de l’histoire, en revenant sur la chronologie des faits et en avançant de possibles explications à ce geste avoué par Alain Flaccus un soir après l'entraînement, et cette piqûre au niveau des lombaires qu'elle dit avoir sentie. Mais aussi sur les soupçons qui continuent de peser sur ses épaules.

"Des personnes ont dit 'elle n'a rien senti'", ce qui est faux, insiste la demi-fondeuse. Lors de la première audition du 5 novembre, j'avais bien déclaré que j'avais senti quelque chose de bizarre et avais même été agressive envers lui, en lui demandant pourquoi il me faisait aussi mal. Lui m'a dit 'c'est rien, je t'ai pincée'. J'avais déclaré aux enquêteurs que j'avais trouvé cet épisode bizarre mais j'étais loin de soupçonner ça."

Un peu plus tard, aux alentours de 18h, c’est au stade que l’on retrouve Ophélie Claude-Boxberger. Une enceinte qui porte le nom de son père Jacky, vainqueur du marathon de Paris en 1983 et finaliste du 1.500m aux Jeux olympiques de 1968, où l’athlète a ses habitudes. Elle coache même depuis quelques années. Le froid, glacial, ne l’a pas arrêtée pour venir faire quelques foulées, mais c’est surtout pour encadrer son groupe à la vieille d’une compétition importante que la Franc-Comtoise est sur la piste. "Ils comptent aussi sur moi pour leur amener de la confiance, les derniers petits conseils, donc c’était important de revenir et d’être présente ce soir", explique-t-elle.

"Sortir du cauchemar que je vis"

Et pourtant, cela fait plus de deux mois qu’elle n’a plus mis les pieds ici, dans ce qu'elle appelle sa "deuxième maison". Deux mois aussi qu’elle ne s’est plus entraînée. Ce soir, il ne s’agit pas vraiment d’entraînement. Impossible physiquement. Un athlète tente pourtant de la convaincre: "Allez Ophélie, un petit 400... c’est de la rigolade pour toi!" "Nan, je suis pas bien là", se justifiera-t-elle. Ce sera simplement une vingtaine de minutes de footing pour accompagner ses athlètes. Elle semble alors reprendre des couleurs... 

"L’athlétisme c’est ma vie, je cours depuis toute petite donc c’est vrai que quand je cours, je m’évade, c’est un moyen d’évacuer la pression, j’oublie tout et dans ces moments-là, ça me permet de sortir du cauchemar que je vis en ce moment", résume Ophélie Claude-Boxberger. Après l’échauffement, elle suivra son groupe pour deux tours et demi de piste. Presque déjà trop pour celle qui a l’habitude de franchir les obstacles du steeple. Désormais, les plus grands de sa vie se présente face à elle. 

>>> Retrouvez notre entretien exclusif avec Ophélie Claude-Boxberger ce vendredi sur RMC Sport.

M.Lehoux