RMC Sport

Mondiaux d’athlé : les meilleures chances françaises

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie - AFP

L’équipe de France d’athlétisme aborde les championnats du monde sur la pointe des pieds après une cascade de blessures, qui a fait revoir les ambitions à la baisse. Mais toutes les chances de médailles n’ont pas disparu pour les Bleus. La preuve.

Le grand favori : Renaud Lavillenie

A 28 ans, Renaud Lavillenie se présente à Pékin face à la dernière porte qui lui résiste encore : celle d’un titre de champion du monde. Le champion olympique (2012) et recordman du monde (6,16m en 2014) n’a en effet jamais triomphé en trois participations aux Mondiaux. Troisième à Berlin en 2009 et à Daegu en 2011, il avait décroché l’argent à Moscou en 2013 en terminant derrière l’Allemand Raphael Holzdeppe. En Chine, il sera la plus grosse chance française pour décrocher l’or. Après deux rappels à l’ordre lors des étapes de la Ligue de Diamant à Paris (6e, 5,71m) et à Lausanne (3e, 5,76m), « Air Lavillenie » a depuis repris sa marche en avant en s’imposant à Monaco (5,92m) et Londres (6,03m). Le meilleur performeur mondial de l’année (6,05m à Eugene en mai) assure même qu’il n’a jamais atteint une telle sérénité à l’approche de championnats du monde.

Le bon espoir : Mélina Robert-Michon

Après l’hécatombe et derrière Renaud Lavillenie, Mélina Robert-Michon est l’un des meilleurs espoirs de médaille pour l’équipe de France. La lanceuse de disque devra confirmer sa médaille d’argent d’accrocher il y a deux ans à Moscou. Elle l’a déjà plutôt bien réussi à le faire en décrochant une nouvelle deuxième place l’année dernière lors des championnats d’Europe, à Zurich. Deux fois troisième à Birmingham puis New York, la Française devra affronter une concurrence aiguisée et emmenée par la Croate Sandra Petkovic ou la Cubaine Yaimi Perez.

Des coups à jouer : Jimmy Vicaut, les hurdlers et Pierre-Ambroise Bosse

Et si Jimmy Vicaut s’invitait sur le podium du 100m ? Alors que tous les regards seront rivés sur le duel Gatlin-Bolt, le Français doit aussi confirmer une année très prometteuse. Après avoir égalé le record d’Europe à Paris (9’’86), le sprinteur est devenu le n°1 français sur la distance lors des championnats de France devant un Christophe Lemaitre toujours aussi insaisissable. De là à suivre les meilleurs ? Il y a encore un pas que le contexte d’un grand championnat pourrait l’aider à franchir. Même s’il faudra faire mieux qu’un Asafa Powell par exemple. « Jimmy peut aller chercher beaucoup d’expérience, estime Ladji Doucouré. Une médaille ? Oui, c’est possible. On ne le voit pas gagner. Il va falloir faire la course parfaite. Le plus dur sera de rentrer en finale et après, ce sera une autre compétition. »

En remportant la Ligue de Diamant en 2014, Pascal Martinot-Lagarde a pris une nouvelle dimension sur 110m haies. Et malgré une blessure en janvier, le hurdler a plutôt bien assumé ce nouveau statut avec un titre de champion d’Europe en salle sur 60m haies et surtout une victoire de référence à Eugene (13’’06) pour sa rentrée, devant le champion olympique et recordman du monde Aries Merritt et le champion du monde David Oliver. Mais la machine s’est enrayée depuis avec une 5e place à Stockholm (13’’40), une 6e à Londres (13’’95) et une 5e à Paris (13’’18), bien loin de ses 12’’95 de l’année dernière.

Avec un Martinot-Lagarde moins bien, Dimitri Bascou, sacré champion de France de la distance, et Garfield Darien peuvent aussi se mêler à la lutte pour la médaille. Deuxième à Birmingham (13’’25) et à Rome (13’’23, battu d’un millième par Shubenkov), Garfield Darien a quelques espoirs. Bascou, lui, a davantage déçu en Ligue de Diamant face à une concurrence féroce emmenée par le Cubain Orlando Ortega (MPM en 12’’94). « Ce sont des mecs qui ont fait une très belle saison en côtoyant les meilleurs Mondiaux, juge Doucouré, champion du monde en 2005 sur la distance. S’il faut faire quelque chose, c’est maintenant. Mais il faudra taper les mecs d’expérience comme David Oliver. »

Meilleur performeur européen de la saison sur 800 mètres, Pierre-Ambroise Bosse était arrivé aux championnats d’Europe 2014 à Zurich dans la peau du grand favori. Et il avait terminé dernier de la finale. Une énorme déception que le Français compte effacer aux Mondiaux de Pékin où il n’arrive pourtant pas avec de grosses certitudes. Depuis sa belle troisième place à New York (1’43’’88), le semi-fondeur s’est pris quelques claques à Rome (7e, 1’44’’42), Monaco (10e et avant-dernier en 14’45’’30) et Lausanne (7e, 1’45’’62). Lire l'article ici.

La grosse cote : Christophe Lemaitre

Christophe Lemaitre a vécu une année 2015 compliquée et marquée par une blessure au fessier qui lui a fait craindre un forfait à Pékin. S’il n’a finalement pas ajouté son nom à la longue liste des absents, le sprinteur avance dans le flou. Battu sur 100m aux championnats de France par Jimmy Vicaut, qui l’a aussi dépossédé de son record de France (9’’86), il a pris sa revanche sur 200m, distance où il semble se sentir plus à l’aise, en atteste sa victoire à Oslo (20’’21) début juin. Mais cela ne l’empêche pas de se concentrer également sur 100m.