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F1 - GP de Bahreïn : pourquoi les pilotes sont remontés

Romain Grosjean

Romain Grosjean - AFP

Le Grand Prix de Bahreïn, deuxième manche de la saison de F1, va se dérouler ce week-end sur fond de fronde des pilotes. Romain Grosjean et ses collègues tirent la sonnette d’alarme au sujet de réformes qui pourraient, selon eux, mettre en danger l’intérêt de leur sport.

« C’est de la merde ». En une phrase, Sebastian Vettel a résumé le sentiment des pilotes à propos du nouveau système de qualifications adopté par la FIA et testé pour la première fois lors du Grand Prix d’Australie. Une formule qui, malgré la contestation des pilotes et des fans de F1, sera reconduite ce week-end à Bahreïn. Une goutte d’eau qui fait déborder le vase d’un sport qui souffre de plus en plus des décisions prises en haut lieu, souvent contre la volonté des pilotes. Après la polémique au sujet du bruit des moteurs la saison dernière, ceux-ci ont donc décidé de se faire entendre. L’association des pilotes de Grand Prix a adressé une lettre à Jean Todt et Bernie Ecclestone, le président de la FIA et le grand argentier de la F1, pour tirer la sonnette d’alarme.

« Nous avons le sentiment que certains changements de règlement récents - à la fois sportivement et techniquement, et incluant certaines directions prises sur le plan des affaires - sont perturbants, ne corrigent pas les plus grands problèmes auxquels notre sport fait face, et dans certains cas pourraient mettre en péril son succès futur, peut-on lire dans cette lettre. (…) Par conséquent, les pilotes sont arrivés à la conclusion que le processus de décision dans la discipline est obsolète et mal structuré, et empêche les progrès d’être faits. En effet, il peut parfois conduire au contraire, dans une impasse. Cela se reflète négativement sur notre sport, l’empêche de s’adapter à la prochaine génération de fans et compromet sa croissance mondiale. Nous demandons et prions les propriétaires et les actionnaires de la Formule 1 de considérer une restructuration de sa propre gouvernance. »

Grosjean : « Un peu tristes pour notre sport »

« L’objectif du courrier était de dire qu’on est pilotes, certes, mais qu’on est aussi fans de F1, amoureux de notre sport et on se rend compte que les choses ne vont pas forcément dans les directions qui semblent être les meilleures, explique Romain Grosjean. On n’a pas de solution magique aujourd’hui. On ne demande pas à avoir le pouvoir. On exprime qu’on est conscients que des choses ne vont pas. On est un peu tristes pour notre sport. On veut les meilleurs voitures, les meilleurs pilotes, le plus beau spectacle, que les fans soient heureux et quand on voit ce qui s’est passé récemment, les fans n’étaient pas forcément heureux. Il faut que les choses avancent et trouver des solutions pour que ça aille un petit peu mieux. »

Le temps presse puisque la F1 est petit à petit en train de perdre sa base de fans, perdus par les innombrables changements. Un désintéressement qui se traduit dans les audiences télé, en forte baisse. Même en Grande-Bretagne, bastion de la Formule 1, il faudra s’abonner à une chaîne payante pour suivre les Grands Prix à partir de 2019. « Les process de validation et de prises de décisions ne marchent pas car ils ne vont pas dans le sens des pilotes, des équipes, des fans, ni des médias, peste Grosjean. Je pense que personne n’a aimé ce nouveau système en Australie. C’est un exemple parmi d’autres et c’est ce qu’on voulait mettre en avant. On aimerait que ça change un peu. »

la rédaction avec AA