RMC Sport

F1: l'anecdote folle de Gasly sur le faible engouement aux États-Unis

La Formule 1 dispute au Texas, ce week-end, la 19e manche de la saison 2019. Malgré des efforts effectués en matière de calendrier pour attirer le public du continent américain, l'engouement ne prend pas aux États-Unis. Les fans locaux de sport automobile sont bien plus friands de Nascar et d'IndyCar, des catégories jugées plus spectaculaires.

Aux États-Unis, les sports mécaniques jouissent d’une certaine popularité. Les pilotes de Nascar sont de véritables stars, tout comme ceux d’IndyCar. Mais la Formule 1 peine à entrer dans le cœur des Américains, bien que la discipline reine du sport automobile soit détenue depuis 2016 par le propriétaire américain Liberty Media.

Dans l’histoire, deux pilotes du pays de l’oncle Sam ont été champions du monde: Phil Hill en 1961 et Mario Andretti en 1978. Les pilotes à la bannière étoilée ont triomphé à 33 reprises seulement, sur un total de plus de 1.000 Grands Prix et pour un total de 129 podiums. Le dernier Américain à avoir pris part un Grand Prix est Alexander Rossi (Brésil 2015), vainqueur des 500 miles d’Indianapolis, mais quasiment inconnu en Europe.

Romain Grosjean (Haas) a une explication à ce faible engouement: "Ce n’est pas facile de regarder la Formule 1 parce que la plupart des qualifications et des courses se déroulent soit tôt le matin ou alors au milieu de la nuit. Ce n’est donc pas simple pour les fans américains de suivre la Formule 1. Même s’il y a de plus en en plus de courses aujourd'hui sur le continent avec le Canada, les États-Unis bien sûr, le Mexique, le Brésil qui n’est pas si loin au niveau du décalage horaire et bientôt, sûrement, Miami".

"C’est quoi comme Formule 1?"

Pierre Gasly, lui, a connu un moment un peu particulier lors de son arrivée à l’hôtel. "Lorsque je suis arrivé, le valet de parking est venu me voir et m’a demandé si j’étais pilote et si je venais pour la course de Formule 1, a raconté le pilote français de Toro Rosso. Je lui ai répondu oui. Il a ensuite reposé la question: «Vous roulez en Formule 1?». J’ai de nouveau répondu oui. Il m’a demandé de ce que c’était comme voiture. J’ai de nouveau répondu que c’était une Formule 1. Mais il m’a demandé: «C’est quoi comme Formule 1?» J’ai dû lui expliquer. J’ai dit que c’était une IndyCar avec un peu de stéroïdes et il a tout de suite compris. Mais la culture est complètement différente. Ils sont davantage intéressés par la Nascar et l’IndyCar. La Formule 1, ils connaissent moins."

Les Américains sont friands de spectacle, dépassements ou accidents. Ce qu’offrent généralement les courses de Nascar en paquet sur les ovales, ou même celles d’IndyCar. La Formule 1, en plus du décalage horaire, est un peu morose pour le fan américain moyen. Et surtout trop technique, en particulier lorsque celle-ci ne sert pas le spectacle.

En IndyCar, discipline qui engage des monoplaces qui se rapproche de la Formule 1 - on a coutume de la surnommer la Formule 1 américaine – cela va beaucoup moins vite, mais c’est beaucoup plus spectaculaire: plusieurs arrêts aux stands par course pour changer de pneumatiques et mettre de l’essence (ce dernier point n’existe plus en F1), des surplus de puissance pour dépasser, des stratégies différentes, des circuits en ville impressionnants. Tout ce qui manque somme toute à la Formule 1, parfois. Et plus de vainqueurs potentiels (sept sur la saison d’IndyCar qui vient de s’écouler et six champions différentes sur les dix dernières années, quand la F1 n’en compte que trois).

Lucas Vinois