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F1: un accrochage pour un titre mondial ? Prost, Senna, Schumacher... des précédents célèbres

Que ce soit Alain Prost et Ayrton Senna dans les années 80-90, ou bien un jeune Michael Schumacher en 1994, les pilotes ont parfois usé de procédés peu éthiques pour s'adjuger le titre en Formule 1 à l'issue d'un accrochage.

Il est à craindre, ou à espérer, c’est selon, que Lewis Hamilton et Max Verstappen pousseront leur duel féroce au-delà des limites le week-end prochain à Abu Dhabi, où Max Verstappen sait qu’il aura tout intérêt à se montrer plus agressif que jamais pour décrocher son premier titre de champion du monde. Les deux rivaux ne sont pas à l’abri d’un nouvel accrochage qui pourrait décider de l’identité du champion du monde cette saison, ce que redoutait déjà Christian Horner, le patron de Red Bull, il y a plusieurs semaines.

Senna-Prost en 89/90, une rivalité exacerbée

"Quiconque sera devant va absolument essayer de faire pareil que dans les années Senna/Prost", prophétisait Toto Wolff dans les colonnes du Daily Mail, faisant référence aux Grands Prix du Japon 1989 et 1990, décisifs pour le titre mondial des pilotes, lesquels s'étaient soldés par un accrochage entre Magic Senna et le Professeur Alain Prost, coéquipiers au sein d'une même écurie, McLaren/Honda. Personne ne veut voir un championnat être décidé dans un bac à gravier, mais un tel dénouement est pour le moins envisageable, même s’il n’est pas souhaité.

L’accrochage entre Alain Prost et Ayrton Senna lors du Grand Prix de Suzuka en 1989 est le point culminant d’une énorme rivalité qui a dégénéré en règlements de comptes. Les deux monoplaces s’accrochent sur le circuit, alors que se joue le titre. Prost est contraint à l’abandon, Senna est finalement disqualifié. Amer, malgré un troisième titre mondial, Prost quitte l’écurie britannique McLaren au terme de la saison. Et c’est sous un autre pavillon, celui de la Scuderia Ferrari, qu’il espère cette fois décrocher proprement un quatrième titre mondial. Las, sa conquête s’arrêtera brutalement après un nouvel accrochage avec… Ayrton Senna, une nouvelle fois à Suzuka.

Schumacher, l'appel du vice

Quatre ans plus tard, une nouvelle controverse agite les paddocks. Une vieille histoire qui remonte au premier sacre de Michael Schumacher entaché d’une polémique, en 1994. Très tôt dans sa carrière, l’Allemand a eu cette propension à jouer des coudes pour tenter d'obtenir la victoire. Le 13 novembre 1994, à Adelaïde, en Australie, le contexte est pour le moins tendu. Michael Schumacher a vu son avance au classement fondre comme neige au soleil et ne compte plus qu’un point d’avance sur Damon Hill, en raison de plusieurs disqualifications. Schumacher mène les 35 premiers tours de la course, c’est alors qu’arrive la manœuvre qui entrera dans l’histoire de la F1.

Le pilote allemand manque son freinage dans un virage serré au 36e tour, et abîme sa monoplace. Moment choisi par l’Anglais pour saisir sa chance de passer devant son rival pour le titre. Damon Hill s’engage alors à l’intérieur du virage suivant, pensant prendre l’avantage à cet instant. C’était sans compter sur le vice de Schumacher, qui allait braquer comme si de rien n’était, percutant la roue avant gauche de la Williams. Sa propre Benetton finit sa course dans une barrière de pneus. Mais la voiture de Hill est sacrément abîmée, elle aussi, contrainte de passer par les stands. Le verdict est sans appel. Le Britannique ne pourra pas réengager son bolide sur la piste. Michael Schumacher n’étant pas pénalisé pour sa manœuvre illicite, l’Allemand est sacré champion du monde. Dans la controverse.

QM