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Formule 1: quel bilan pour Vettel avant son 100e Grand Prix avec Ferrari?

Ce week-end, sur le circuit d'Interlagos, Sebastian Vettel prendra part au Brésil à son 100e Grand Prix avec la Scuderia Ferrari. A l'heure de dresser un bilan, l'Allemand de 32 ans est considéré comme un pilote qui compte pour la firme de Maranello, mais pas encore une légende.

Sebastian Vettel prendra part, ce week-end au Brésil, à son 100e Grand Prix avec la Scuderia Ferrari. Ce qui place le pilote allemand au cinquième rang des pilotes les plus "capés" avec la firme de Maranello. Devant lui, on retrouve le "baron rouge" Michael Schumacher. Le septuple champion du monde a disputé 180 Grands Prix au volant d’une monoplace frappée du Cavallino Rampante. Kimi Räikkönen a lui pris part à 151 week-ends de course chez les rouges, 12 de plus que le Brésilien Felipe Massa (139). Un autre Brésilien, Rubens Barichello en a lui disputé 102.

Vettel devance donc de très grands pilotes comme Fernando Alonso (96), Gilles Villeneuve (66) ou encore Niki Lauda (57). Toutefois, malgré ses bientôt 100 Grands Prix au volant d’une monoplace rouge, Vettel n’occupe toujours pas cette place de choix dans l’hospitalité Ferrari, celle des champions du monde avec la marque italienne, tous affichés au mur dans des cadres pour la plupart dédicacés par les pilotes en question.

En quittant Red Bull auréolé de quatre titres mondiaux fin 2014, le natif d’Heppenheim clamait haut et fort ses objectifs de sacre avec l’écurie transalpine, pour faire en quelque sorte comme son idole Schumacher. Sauf que comme Fernando Alonso quelques années plus tôt, le numéro 5 se casse les dents.

Si 2015 (trois victoires en Malaisie, Hongrie et Singapour, 1 pole position et 13 podiums) et 2016 (0 victoire, 0 pole position et 8 podiums) ne lui ont pas permis de se battre pour la couronne mondiale, 2017 peut lui laisser de grands regrets. Pour sa troisième année avec l’écurie italienne, l’Allemand a connu sa saison la plus faste (5 victoires en Australie, Bahreïn, Monaco, Hongrie et Brésil, 4 pole positions et 13 podiums). Si la Mercedes de Lewis Hamilton semblait plus performante notamment en fin de saison, sans certaines erreurs, la pression aurait été plus intense du côté de l’écurie à la firme étoilée. Et qui sait, l’issue du championnat aurait pu être différente...

Pas encore une légende de Ferrari

Si 2018 a été une saison intéressante (5 victoires en Australie, Bahreïn, Canada, Grande-Bretagne et Belgique, 12 podiums et 2 pole positions), Ferrari était trop juste pour espérer glaner un titre en fin de saison. Tout comme en 2019 (1 victoire à Singapour, 9 podiums et 2 pole positions), où le manque de compétitivité de la voiture dans un premier temps, puis les erreurs stratégiques dans un second temps, ont finalement plombé l’Allemand ainsi que son coéquipier Charles Leclerc.

Toujours pas de titre donc malgré 100 Grands Prix et cinq saisons passées au sein de l’écurie la plus populaire du monde. Mais des motifs de satisfaction tout de même : Vettel a remporté 14 victoires, seulement une de moins que Lauda (15). Il est le troisième pilote le plus victorieux avec Ferrari, loin derrière Schumacher évidemment (72). Tout comme il est le troisième pilote avec le plus de podiums, 54 contre 55 pour Barichello et 116 pour Schumacher. Vettel est donc un pilote qui compte pour la Scuderia Ferrari, mais pas encore une légende.

Seuls les champions du monde accèdent à ce statut. Pour s’en assurer, il suffisait de se rendre aux 90 ans de la Scuderia Ferrari célébrés Piazza Duomo à Milan en marge du Grand Prix de Monza pour évaluer la popularité des uns et des autres à l’applaudimètre. Vettel a davantage gagné que Räikkönen. Il a dominé le Finlandais lorsqu’ils étaient coéquipiers chez les Rouges. Oui, mais Räikkönen a été titré en 2007 avec Ferrari pour un petit point (110 points, 109 points pour Hamilton et Alonso). Raison unique à son statut de rockstar par-delà les Alpes. En plus, il s’avère que Räikkönen est le dernier champion du monde au volant d’une Ferrari. Vettel sait ce qu’il a à faire pour accéder au graal : être champion. Sinon, il restera éternellement et seulement un "très bon pilote Ferrari".

Lucas Vinois