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La saison NBA en huit questions

Joakim Noah et LeBron James

Joakim Noah et LeBron James - AFP

Cleveland peut-il déjà viser le titre ? San Antonio va-t-il enfin réaliser la passe de deux ? Quelles équipes pour tirer leur épingle du jeu des deux Conférences ? A l’heure de la reprise, ce mardi soir, RMC Sport revient sur huit enjeux du nouvel exercice de NBA.

Enfin le doublé pour les Spurs ?

Ils ne l’ont jamais réussi. Sacrés en 1999, 2003, 2005, 2007 et 2014 (les cinq avec Tim Duncan, les quatre dernières avec Manu Ginobili et Tony Parker), les San Antonio Spurs ont toujours butté sur la passe de deux. Alors, le « back-to-back », c’est pour cette saison ? Après le succès magistral sur le Miami Heat dans la dernière finale, Duncan a avoué avoir pensé à la retraite. Avant de se raviser dans l’optique de pouvoir enfin réaliser ce doublé. Parker et Ginobili l’ont également annoncé comme leur grand objectif. Avec un collectif toujours aussi brillant, un trio de stars qui sait faire jouer son expérience, un Kawhi Leonard qui continue de progresser et les retouches nécessaires apportées par coach Gregg Popovich et son staff, San Antonio entame cette nouvelle campagne dans la peau de l’épouvantail de la Ligue. L’heure du doublé ? On parierait bien une pièce là-dessus.

Cleveland déjà prétendant ?

Prenez une équipe qui n’a pas atteint les playoffs. Ajoutez-lui le meilleur joueur du monde, ou presque (les fans de Kevin Durant n’approuveront pas), avec le retour à la maison de l’enfant du pays. Saupoudrez de l’arrivée de Kevin Love, machine à empiler les statistiques et l’un des meilleurs ailiers-forts de la Ligue. Faites cuire le tout avec aux fourneaux un Kyrie Irving motivé comme jamais, qualité des coéquipiers oblige. Qu’obtenez-vous ? Les nouveaux Cleveland Cavaliers. Tout de suite propulsés favoris d’une Conférence Est beaucoup moins compétitive que l’Ouest et pas mal chamboulée tout l’été. Le « King » et ses nouveaux sujets peuvent-ils pousser l’expérience jusqu’au titre dès la première saison ensemble ? Pas impossible. Mais il va falloir vite créer un collectif et trouver des repères de jeu communs. Espérer battre un San Antonio en finale sera à ce prix.

Oklahoma : comment vivre sans Durant ?

Battue en finale NBA par Miami en 2012 et en finale de Conférence Ouest par San Antonio en 2014, la jeunesse flamboyante du Oklahoma City Thunder allait forcément aborder cette saison parmi les plus sérieux prétendants à la succession des Spurs. Mais il y a eu un hic. Une fracture au pied droit pour Kevin Durant au cours d’un match de préparation et voilà le Thunder privé pour six à huit semaines de sa superstar, quatre fois meilleur marqueur d’une ligue dont il a été élu meilleur joueur (MVP) la saison passée. Direction le placard pour OKC et ses ambitions ? Pas forcément. S’il revient en forme, Durant pourrait profiter de ce « repos forcé » pour mieux gérer la fatigue en fin de saison. Et puis il y a Russell Westbrook. Lieutenant de Durant, ce meneur explosif a souvent été critiqué ces dernières saisons pour sa tendance à trop garder le cuir et à trop multiplier les tirs. Il va désormais devoir le faire pour permettre à Oklahoma de ne pas trop subir l’absence de Durant. Westbrook peut-il en profiter pour passer un palier et devenir encore meilleur ? Si c’est le cas, et que les deux arrivent à s’entendre au moment de cohabiter de nouveau, gare aux adversaires une fois KD revenu aux affaires.

Indiana : que faire sans George ?

Les deux dernières saisons, ils ont atteint la dernière marche avant la finale NBA. Mais LeBron James et le Miami Heat les en ont privés à chaque fois. Deux éliminations en finale de Conférence Est qui permettaient d’imaginer un avenir radieux. LBJ reparti à Cleveland, tout semblait réuni pour voir les Indiana Pacers représenter l’Est en juin prochain. C’était sans compter sur deux événements inattendus mais qui ont tout changé. Lance Stephenson, le feu follet de l’équipe, a d’abord refusé le nouveau contrat proposé par les Pacers pour signer aux… Charlotte Hornets (ex-Bobcats). Puis la star Paul George a été victime de la blessure la plus glaçante de l’été, une fracture du tibia et du péroné lors d’un match de préparation à la Coupe du monde pour Team USA. Deux pertes énormes qui font retirer à Indiana son statut de favori à l’Est. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Alors deux...

Quelles équipes vont faire du bruit à l’Est ?

Les favoris de la Conférence ? Cleveland et LeBron James, bien sûr, mais aussi les Chicago Bulls d’un Joakim Noah élu meilleur défenseur de la Ligue la saison dernière. Une équipe qui pourrait viser la finale si Derrick Rose retrouve tous ses moyens et son niveau. Derrière, les jeux semblent ouverts. Indiana aura du mal à accrocher le bon wagon sans George et Stephenson. Miami reste une belle équipe, avec de l’expérience, mais devrait manquer de talent. Les Brooklyn Nets, les New York Knicks ou les Atlanta Hawks tenteront surtout d’accrocher un strapontin en playoffs (même si les premiers peuvent viser mieux). Reste trois points d’interrogation. Déjà efficaces l’an passé, les Toronto Raptors (Lowry-DeRozan) et les Washington Wizards (John Wall) ont toutes les raisons de progresser et de jouer les trouble-fête. On n’oublie pas les Charlotte Hornets (ex-Bobcats), septièmes de la Conférence la saison dernière et qui vont encore faire un bond en avant avec l’arrivée de Lance Stephenson.

Quelles équipes vont faire du bruit à l’Ouest ?

Champions en titre, les San Antonio Spurs et leur jeu collectif si huilé s’avancent comme premiers favoris de la saison. Derrière, le Oklahoma City Thunder tentera de survivre à la jungle de l’Ouest malgré l’absence de sa superstar Kevin Durant en début d’exercice. Troisièmes de la Conférence la saison passée, les Los Angeles Clippers de Chris Paul et Blake Griffin ont tout pour jouer le rôle de rivaux des Spurs. En playoffs au printemps dernier, les Memphis Grizzlies et les Dallas Mavericks tenteront de garder leur place face à des prétendants aux dents longues, à l’image des Phoenix Suns… même si Dallas a le potentiel pour viser plus haut. Reste, aussi, trois points d’interrogation. Des certitudes à confirmer, plutôt. En progrès de saison en saison, les Houston Rockets (Dwight Howard-James Harden), les Portlands Trail Blazers (LaMarcus Aldridge-Damian Lilliard-Nicolas Batum) et les Golden State Warriors (Steph Curry-Klay Thompson) s’appuient sur des collectifs et des individualités capables de tirer leur épingle du jeu dangereux de la meilleure Conférence NBA. On attend avec impatience de les voir à l’œuvre dans leur tentative de se rapprocher des Spurs et des Clippers.

Joakim Noah restera-t-il le meilleur défenseur de la Ligue ?

Une intensité inégalée à travers la Ligue. Une énergie à revendre sans limite. Des sacrifices physiques sans se retenir sur chaque ballon qui traîne. Arrivé en NBA plutôt sur la pointe des pieds malgré deux titres universitaires, Joakim Noah en est devenu une des plus grandes stars (et peut-être le joueur que les publics adverses aiment le plus siffler). Intraitable pour protéger son panier, le fils de Yannick forme le pilier de la très solide défense des Chicago Bulls. Dans le paysage NBA actuel, aucun autre pivot n’atteint son niveau sur le plan défensif. Peut-être même sur le plan global. Des qualités sur lesquelles la franchise de l’Illinois compte s’appuyer pour retrouver les sommets, objectif atteignable si Derrick Rose retrouve ses moyens physiques et ses qualités de basketteur. Noah, lui, va encore porter les siens, âme des Bulls. S’il reste sur la même vague, l’imaginer signer le doublé du trophée de meilleur défenseur de la saison s’apparente à tout sauf à une illusion. Et s’il pouvait faire suivre cette nouvelle saison NBA d’une participation à l’Euro avec les Bleus, le basket français n’en serait pas malheureux.

Qui pour les titres de MVP (meilleur joueur) et rookie (débutant) de l’année ?

Le MVP en titre (Kevin Durant) sur le flanc pour quelques semaines, le trophée pourrait bien changer de main à la fin de la saison. Déjà quatre fois lauréat, LeBron James fera partie des favoris, surtout à l’aube d’un retour à Cleveland que le « King » espère magistral. Troisième du vote l’an passé, Blake Griffin (Clippers) devrait encore franchir un palier et pourrait titiller les sommets. On n’oublie pas… Noah (quatrième du vote la saison dernière) ou James Harden (cinquième avec les Houston Rockets). On peut également citer dans cette catégorie un Steph Curry (Golden State), LaMarcus Aldridge (Portland) ou Carmelo Anthony (Knicks). Comme les autres Spurs, Tony Parker ne devrait pas être dans la course, victime en partie du système Popovich et de sa tendance à reposer ses meilleurs joueurs sur certaines périodes pendant la saison. Rayon débutants, en attendant la guérison de Joel Embiid (Philadelphie Sixers), la bataille pour le titre de rookie de l’année devrait opposer les très attendus Andrew Wiggins (Minnesota) et Jabari Parker (Milwaukee). Deux jeunes pousses prometteuses au jeu offensif brillant, Wiggins rajoutant même à sa palette un arsenal défensif… déjà de haute qualité. On salive à la perspective de leur premier duel.

Alexandre HERBINET