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NBA : pourquoi ces Spurs sont la plus belle équipe de l’histoire

Manu Ginobili, Tony Parker et Tim Duncan

Manu Ginobili, Tony Parker et Tim Duncan - AFP

Champions NBA en titre, les San Antonio Spurs se lancent dans la quête d’un doublé inédit dans l’histoire de la franchise. Un objectif plus que réalisable pour une équipe qui a magnifié l’expression collective du basket comme aucune autre.

On entend déjà les cris d’orfraie. Quoi ? Les San Antonio Spurs plus belle équipe de l’histoire ? Et les Chicago Bulls de 1996 ? Et les Boston Celtics de 1986 ? Et la Dream Team de 1992 ? On entend les arguments. On se souvient de la grâce, la puissance et la réussite de ces équipes. Mais avec les Spurs, le basket NBA a pris une autre dimension. Celle où l’avantage athlétique US rejoint la maîtrise européenne des fondamentaux pour un combo parfait. Champions en titre, les Texans ont régalé fans et observateurs toute la saison dernière. Un jeu collectif huilé, la faculté de faire la passe en plus pour créer le décalage, l’absence d’égoïsme ou de recherche de statistiques personnelles, l’expérience des troupes et leur connaissance des forces et faiblesses de chacun : tout a concouru à faire de Gregg Popovich et ses troupes un exemple à suivre.

« C’est comme ça que le basket devrait être joué », avait lâché un LeBron James admiratif après avoir vu son Miami Heat tomber en finale. Le « King » aujourd’hui revenu à Cleveland avait bien raison. Mais qu’est-ce qui fait de ces Spurs en quête d’un doublé inédit dans leur histoire une équipe unique ? Sa façon de dérouler son basket comme une partition sans fausse note. Une démonstration de jeu issue de sources diverses. Le coach et la direction, d’abord. Connu pour son intransigeance, Popovich est considéré depuis longtemps comme l’un des meilleurs à son poste dans la ligue. En place depuis… la saison 1996-1997 (!), cet ancien agent secret a su imprimer sa marque au fil des années et s’appuyer sur un Big Three – Tim Duncan, Tony Parker, Manu Ginobili – talentueux et fidèle. Pour les entourer, Pop et le staff des Spurs ont fait preuve d’intelligence rare avec des retouches presque toujours pertinentes, des rôles assimilés par chacun et une continuité dans les choix (cet été, Boris Diaw, Parker, Popovich, Pattys Mills et Matt Bonner ont signé de nouveaux contrat et San Antonio est l’équipe qui a le moins changé son effectif).

Boris Diaw et Kawhi Leonard, les symboles

Pas ou peu de jalousie entre coéquipiers, chez les Spurs. Un pour tous et tous pour un. Le symbole de ces joueurs de complément, essentiels à la réussite, porte un nom : Boris Diaw. Souvent mal utilisé dans ses précédentes franchises, le couteau suisse tricolore a trouvé le parfait terrain d’expression pour son jeu multiforme et tourné vers l’efficacité collective. Autre symbole de ce collectif : Kawhi Leonard. Choisi en 15e position de la draft 2011 par les Indiana Pacers, l’ailier a vite rejoint les Spurs dans un échange contre George Hill. Bon choix du staff ? A coup sûr. Son titre de MVP (meilleur joueur) des finales 2014 l’a prouvé. Et sa marge de progression reste énorme, au point que beaucoup imaginent le jeune (23 ans) Leonard devenir le joueur clé de l’équipe dans les années à venir.

Mais en attendant, les clefs du camion restent la propriété du Big Three. Ensemble depuis 2001, Duncan, Parker et Ginobili ont développé une relation de jeu rare dans une ligue où les transferts sont légion. Presque à se trouver les yeux fermés. Avec le meilleur ailier-fort de l’histoire (Duncan), un meneur-scoreur parmi les meilleurs à son poste (Parker) et un feu follet au jeu hyper spectaculaire capable d’électriser un match en quelques gestes (Ginobili), Popovich peut s’appuyer ses des cadres efficaces et respectés. Bref, on a beau chercher, difficile de trouver des failles dans cette équipe. De ne pas se pâmer devant la qualité du jeu proposé. Les San Antonio Spurs ne sont peut-être pas la meilleure équipe de l’histoire en addition de talents. Mais si on parle pur basket, pure expression collective, de mémoire, on n’a jamais fait mieux en NBA.

Alexandre HERBINET