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NBA: Tony Parker va-t-il disputer son dernier match la nuit prochaine?

Alors que les Charlotte Hornets achèvent leur saison régulière dans la nuit de mercredi à jeudi, Tony Parker, à 36 ans, pourrait décider de tirer sa révérence après 18 années passées en NBA. A moins que le Français ne veuille s'offrir une sortie spectaculaire à Bercy en janvier prochain...

C’est la magie de la NBA. Après un marathon de 81 matchs depuis le mois d’octobre, les Charlotte Hornets joueront dans la nuit de mercredi à jeudi leur saison sur la toute dernière journée. A la rue il y a quelques semaines, la franchise de Caroline du Nord a su trouver les ressources pour se relancer dans la dernière ligne droite, et déjouer tous les pronostics. En cas de victoire face à Orlando pour sa 82e sortie de la saison (cumulée à une défaite de Detroit sur le parquet des New York Knicks), elle décrochera ainsi le dernier billet pour les playoffs et pourra vivre la folie des phases finales. Sinon, elle sera en vacances dès le 11 avril. Et Tony Parker, lui, pourrait être à la retraite.

A 36 ans, le meneur de jeu français aux quatre titres NBA (2003, 2005, 2007, 2014) et aux six sélections au All-Star Game vit en effet sa 18e saison outre-Atlantique, et peut-être la dernière.

Scotché sur le banc depuis le 17 mars

Après les émouvants adieux de Dirk Nowitzki avec Dallas et de Dwyane Wayde avec Miami, plusieurs raisons laissent envisager une fin de carrière pour TP cette semaine. La première est sportive. Après 17 ans sous le maillot des San Antonio Spurs, Parker s’était engagé l’été dernier avec les Hornets pour rejoindre son ami Nicolas Batum. Et sa première saison dans la conférence Est ne s’est pas idéalement déroulée.

Recruté pour apporter son expérience et jouer le rôle de doublure derrière Kemba Walker, le meneur tricolore a fait le job durant plusieurs mois. Mais tout s’est compliqué à l’approche du printemps. Depuis une correction reçue à Miami le 17 mars (93-75), Parker n’a tout simplement plus joué une seule minute. Son coach James Borrego l’a systématiquement laissé sur le banc, lui préférant Devonte' Graham en numéro 2 de Walker.

Et même si le jeune meneur (24 ans) ne s’est pas montré aussi performant que le Français, Borrego n’a pas voulu revoir son choix. Il faut dire que les résultats ne l’y incitent pas: depuis la mise à l’écart de TP, Charlotte a signé 8 victoires en 12 matchs, et reste sur 4 succès de rang après avoir dominé Cleveland mardi (124-97). Autrement dit, l’équipe se porte plutôt bien sans lui. "Nous faisons du bon boulot, nous remportons des matchs, alors nous allons rester comme ça, glissait Borrego il y a quelques jours. Même si ça ne veut pas dire que je ne changerai rien plus tard."

Une année de contrat optionnelle

Les stats individuelles de Parker, si elles restent très correctes vu son rôle et son temps de jeu, témoignent aussi d’un logique déclin. Alors qu’il réalisait des saisons à 20 points et 7 passes décisives de moyenne à sa grande époque, TP doit se contenter cette année de 9,5 points et 3,7 passes de moyenne sur ses 56 apparitions.

L’autre raison de croire que l’aventure pourrait s’achever est contractuelle. Le meneur s’était engagé l’été passé avec les Hornets pour deux ans, avec un salaire d’environ 5 millions de dollars par exercice, mais la seconde saison est optionnelle, et son équipe pourrait se séparer de lui d'ici le 3 juillet, sans frais. Lui surtout pourrait décider de tirer sa révérence, même s'il a toujours expliqué qu'il déciderait plus tard.

Encore quelques mois de plus pour des adieux en France ?

Si la situation de Parker n’est pas idéale, il est toutefois envisageable de le voir pousser jusqu’en 2020, voire plus. Le champion d’Europe 2013 avec les Bleus, dont l’hygiène de vie a toujours été saluée, est en effet dans une condition physique relativement bonne pour un homme ayant plus de 1300 matchs NBA dans les jambes.

Son corps ne le pousse donc pas à raccrocher, et sa tête non plus: malgré une diversification de ses activités ces dernières années, de la gestion de l’ASVEL à l’achat d’une station de ski, TP a semble-t-il toujours de l’appétit pour la compétition. D’ailleurs, l’intéressé n’a jamais annoncé qu’il raccrocherait. Après une déclaration de Sean Elliott (un ancien des Spurs) qui expliquait fin mars vouloir "retirer le maillot de Tony l’année prochaine", Parker n’avait pas caché son étonnement. "Je ne sais pas pourquoi il a dit ça parce que je n’ai pas encore décidé et j’ai encore un an de contrat, donc je ne sais pas encore ce que je vais faire", avait expliqué le Français à Basket USA. Il a ensuite précisé qu’il ne décidera d’une prolongation, ou non, "qu’en fin de saison".

Et puis une récente annonce pourrait l'inciter à poursuivre un peu son incroyable carrière. Il y a quelques semaines, la NBA a annoncé la délocalisation d’un match à Paris en janvier 2020, match entre Milwaukee… et Charlotte. Et on imagine que le choix des Hornets n’est pas étranger à la présence de Batum et de Parker dans l’effectif. "Pour moi c’est incroyable de pouvoir jouer à la maison devant toute ma famille et tous mes amis, s’est réjoui l’ancien des Spurs. Je suis déjà venu deux fois en avant-saison avec San Antonio en 2004 et 2007. À l’époque, jamais je n’aurais pu imaginer que j’allais avoir l’opportunité de jouer un vrai match officiel en France." Et de tirer sa révérence dans une salle acquise à sa cause?

Clément Chaillou