RMC Sport

Cyclisme: 23km d'ascension sur un volcan... le Giro à l'assaut de l'Etna

La route s’élève déjà sur la Tour d’Italie, ce mardi lors de la 4e étape, avec l’ascension de 23 kilomètres de l’Etna, volcan le plus actif d’Europe, dans des paysages aussi magnifiques qu’hostiles.

L’aventure de Mathieu Van der Poel en rose ne devrait pas résister à l’Etna. Le Néerlandais, leader du classement général depuis la première étape, va se heurter avec le reste du peloton à l’épouvante ascension du volcan le plus actif d’Europe, ce mardi lors la 4e étape du Tour d’Italie. Au programme: 23 kilomètres de montée (35 même depuis Paterno), 5,9% de moyenne et même une pente à 14% au 14e kilomètre (un peu après le milieu de la montée). Le dernier kilomètre en descente offrira peut-être une respiration avant de lever les bras pour le futur vainqueur.

Ce rendez-vous, les coureurs l'attendent depuis longtemps à l’instar du Français Guillaume Martin qui s’y est préparé en solitaire pendant trois semaines. Ce mardi, il y retrouvera un univers hostile, quelques semaines seulement après la dernière éruption du volcan (en février dernier) qui a noirci la surface des champs jusqu’au refuge de Sapienza, où sera donnée l’arrivée à 1.900 mètres d’altitude. La programmation de cette ascension - irrégulière et raide à la sorte des villages - est redoutée chez les leaders. En 2020, certains d’entre eux s’étaient fait piéger à l’instar de Simon Yates, l’un des courtisans à la victoire finale cette année (il est 2e du général à 11 secondes de Van der Poel.

"C’est un point de passage qui va marquer la course parce que le classement va évoluer, prédit Cyrille Guimard, consultant pour RMC Sport, dans le podcast Grand Plateau. 25 kilomètres. Ce n’est pas une petite affaire, c’est vraiment très long. Il va y avoir un premier éclairage sur les cinq ou six grands favoris de ce Giro."

Une montée roulante mais longue et humide

Stéphane Rossetto, désormais coureur au sein de l’équipe St Michel-Auber 93, abonde. Il était aux premières loges en 2020 puisqu’il avait pris part à l’échappée sur les pentes de l’Etna, même si la course avait emprunté un autre itinéraire. "Ce n’était pas le même versant, c’est un peu plus court (18km) et un peu plus raide entre 7 et 8%, resitue-t-il dans le podcast Grand Plateau sur RMC. Là, c’est le versant sud, c’est plus long et plus roulant. C’est souvent très humide parce que c’est en Sicile et nous sommes sur un volcan: il fait chaud et humide au pied, humide avec du brouillard en haut. Il pleut souvent au sommet. On termine souvent déshydratés."

"C’est une montée que j’avais affectionnée parce qu’elle est quand même roulante, ça monte à 20km/h, poursuit le puncheur qui portait alors les couleurs de la Cofidis. Ce n’est pas un mur mais ce n’est jamais très plat même si je ne connais la montée de mardi. Les routes pour arriver sont exigeantes. Dans les petits villages, ce ne sont pas des pavés mais des secteurs en pierre de volcan. J’avais fait la montée à la pédale et j’avais terminé à trois minutes (du vainqueur). Il y avait eu des surprises avec des leaders qui avaient explosé et l’échappée était allée au bout, (Jonathan) Caicedo avait gagné. C’était aussi le cas en 2017 avec (Jan) Polanc."

Un piège pour les favoris, une aubaine pour les échappés

Rossetto prédit une nouvelle surprise ce mardi et imagine bien des fuyards profiter du marquage entre leaders pour aller au bout. "Aucune équipe ne veut vraiment contrôler la course pour un leader, explique-t-il. Je ne pense pas que l’équipe de Van der Poel roule pour lui puisqu’il est presque sûr de perdre le maillot. Je vois bien un vainqueur et un maillot rose surprise à moins que Simon Yates ne fasse rouler son équipe et gagne."

Il faudra pour cela dompter la douleur sur un effort d’une heure environ, mais aussi la fraicheur de l’endroit. "Après 40 minutes de course, certains coureurs se retrouvent en fringale glucogénique qui fait que les rendements sont moins bons, conclut Guimard. L’altitude et l’humidité arrivent aussi."

NC