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Giro : Nibali, un mental d’acier

Vincenzo Nibali en rose à Turin,, théâtre de la dernière étape du Giro (Astana).

Vincenzo Nibali en rose à Turin,, théâtre de la dernière étape du Giro (Astana). - AFP

Vincenzo Nibali (Astana) a remporté pour la deuxième fois le Giro ce dimanche après la 21e étape entre Cuneo et Turin remportée par Nikias Arndt (Giant-Alpecin). Mais contrairement à son sacre en 2013, il doit sa performance cette année à une formidable remontée. L’Italien, à la peine dans les premiers jours, n’a jamais été aussi fort que lorsqu’il a été dos au mur.

Vincenzo Nibali (Astana) a complétement retourné le Giro. A 5 minutes de la tête à trois jours de la fin, l’Italien a opéré une remontée fantastique pour s’octroyer son deuxième Tour d’Italie. Leader pour la première fois ce dimanche, il n'a été normalement pas inquiété dans cette 21e étape entre Cuneo et Turin remportée par Nikias Arndt (Giant-Alpecin). Un comeback inattendu pour l’ancien pro Jérôme Pineau, membre des Grandes Gueules du Sport sur RMC et consultant pour BeinSport : « Je n’y croyais plus. Je connais pourtant bien Vincenzo. J’ai couru avec lui, je connaissais son caractère de teigneux. Mais je ne le pensais pas être capable de renverser la vapeur cette fois-ci. C’est une grosse et belle surprise ». Le Transalpin s'impose devant Esteban Chaves (Orica-GreenEdge) et Alejandro Valverde (Movistar).

Nibali a touché le fond

Car Nibali partait de loin, très loin. Très en dessous de son niveau habituel, le Requin de Messine a tout changé en l’espace de deux étapes. Une victoire d’abord à Risoul le vendredi, puis l’estocade finale lors de la dernière journée montagneuse, samedi, où il a semé tous les derniers prétendants à la victoire. Piqué au vif, le coureur d'Astana a su se remettre en selle après plus de deux semaines de déboires. « Quelque part, il a eu besoin de se retrouver très bas et qu’on commence à la critiquer pour réagir. En se retrouvant en difficulté, il s’est dit : maintenant que je suis au fond, je vais leur montrer que je peux gagner quand même » explique l’ancien coureur français.

Objectif doublé

Des difficultés initiales pas forcément dues à une méforme physique. Selon Jérôme Pineau, le problème a été plutôt d’ordre personnel : « Il a eu quelques soucis. Un enfant de sa structure de formation est décédé pendant le Giro, il est toujours en négociation avec Astana pour son avenir qui ne lui a pas facilité la tâche pendant la course… » Des ennuis qu’il a su mettre de côté pour finalement s’imposer au prix d’un final en apothéose. Un retournement de situation salué par l’ancien coureur professionnel : « Il a fait preuve de panache. Il a toujours été là, il n’a pas baissé les bras. C’est un beau vainqueur et c’est très bon pour le vélo. » Prochain objectif : le Tour de France. Il y visera un historique doublé Giro-Tour. Une performance qui n’a plus été réalisée depuis 1998. C’était déjà par un Italien, Marco Pantani.

Yohann Tritz