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Europcar : Bernaudeau a "de bonnes pistes" pour sauver son équipe

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Le retrait programmé d’Europcar oblige l’équipe française du même nom à trouver un sponsor pour survivre à la fin de l’année. Invité ce mardi de l’Intégrale Tour, son manager Jean-René Bernaudeau s’est montré confiant quant à l’avenir de sa formation et de ses coureurs, et ce malgré leurs performances mitigées depuis le départ de la Grande Boucle.

Jean-René, vous aviez signalé à votre équipe que vous lui laissiez jusqu’à la fin du Tour pour rester mobilisée. Les coureurs auront-ils le droit de partir ensuite ?

C’est un problème d’éducation. Aujourd’hui, notre équipe fonctionne bien. Je n’ai jamais menti, j’ai des contacts, j’ai plein de rendez-vous. Je pars demain (mercredi) à Paris pour deux jours (pour négocier avec un sponsor). Ils me font confiance, je leur fais confiance. Je leur dis : "D’abord, votre rendement, c’est votre fonds de commerce. Mais n’oubliez pas ceux qui travaillent dans l’ombre. Grâce à eux, vous pourrez avoir une grosse valeur marchande. " Alors je fais mon travail, ils font le leur et puis on laisse faire la nature. Quand un coureur partira sans me prévenir, j’aurai peut-être le sentiment de m’être trompé sur lui.

Les jours de repos sont souvent l’occasion pour les managers d’équipes de démarcher des coureurs libres ou de les débaucher. Savez-vous si des coureurs vont vous quitter ?

Je ne sais pas. Mais je peux vous dire que j’ai 80% de mon effectif qui habite à une demi-heure du siège social. Ils sont tous issus du Vendée U. Ils ont un capitaine, Voeckler, qui a été exemplaire il y a cinq ans (lors de la reprise de l’équipe Bouygues Telecom par Europcar, ndlr). Ils ont été très heureux de vivre 2011-2012 avec cette aventure humaine. Et aujourd’hui, il y a une vraie confiance. Ce n’est pas l’équipe professionnelle qui est en danger, c’est tout le système que j’ai créé avec, soit une centaine de personnes. Mais cela ne va pas changer ma vie s’il y a un départ ou deux.

« Je ne triche pas »

Les coureurs se montrent-ils pressants ?

Je ne triche pas, je leur dis la vérité. Je ne monte pas à Paris pour voir la Tour Eiffel. Je sais que j’ai de bonnes pistes. Je sais que j’aurais pu signer il y a trois semaines, ça ne s’est joué à rien. C’est passé à une voix près, c’est la vie. Mais aujourd’hui, je suis sûr de ce que je vends, je sais qu’il y a des intérêts. Le Tour de France réveille aussi les envies. C’est difficile de trouver des sociétés de cette taille qui mettent des millions d’euros et qui n’ont pas de notoriété, mais cela existe quand même.

Quelle est le budget d’une équipe ?

Il me manque 5,5 millions d’euros pour boucler mon budget. J’ai des partenaires fidèles qui rabaissent d’autant le ticket d’entrée. Donc il y a une bonne affaire à réaliser. On a une équipe qui, quand ça va moins bien et qu’elle a moins de réussite, est quand même là. On caresse la victoire. Nos Tours de France sont fiables, plutôt linéaires avec des exploits en 2011 et 2012. On a eu deux maillots à Paris, cinq victoires d’étape depuis cinq ans. C’est un bon bilan globalement, beaucoup d’équipes aimeraient l’avoir. Il y a beaucoup de choses à faire autour des partenaires.