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Tour de France: pourquoi Alaphilippe ne pense pas pouvoir gagner cette année

Julian Alaphilippe portera ce mercredi le Maillot Jaune pour la sixième journée depuis le début du Tour de France 2019. Le Français, déjà vainqueur d'une étape, ne se sent pas en mesure de remporter le Tour de France, comme il l'a rappelé ce mardi matin face aux médias, lors de la première journée de repos.

Si le peloton fait relâche ce mardi à Albi pour la journée de repos, les coureurs approchent des Pyrénées. Dès jeudi, le Col de Peyresourde et la Hourquette d’Ancizan se présenteront aux favoris à la victoire finale. Julian Alaphilippe, l’actuel Maillot Jaune, devrait rapidement atteindre ses limites.

“Pour gagner le Tour, c’est complètement différent, il ne faut pas mélanger le fait de porter le Maillot Jaune une semaine et l’enfiler sur le podium à Paris, ça c’est autre chose. Jusqu’à maintenant, j’ai dépensé beaucoup d’énergie pour attaquer, pour récupérer le maillot ou même ce lundi. Il n’y a pas beaucoup de leaders du classement général qui s’amusent à rouler à bloc dans une bordure ou pisser à des moments où il ne faut pas. Je cours comme j’ai l’habitude de le faire, pas au millimètre", a déclaré ce mardi matin Julian Alaphilippe, en conférence de presse, pour se détacher d'une éventuelle pression d'une victoire finale à Paris.

Pourtant, Julian Alaphilippe a l'air très fort. Numéro 1 mondial, onze victoires en 2019 sur des terrains multiples, maillot jaune du Tour de France, le public se met à rêver de plus. Lui aussi? “Jusqu’à maintenant, je me sens très bien, je n’ai jamais été aussi bien, je me sens encore assez frais. Le plus dur reste à venir. J’espère me surprendre, j’espère réaliser de belles choses encore mais ça ne sera que du bonus”, assure le coureur, comme pour donner un maigre espoir à tous ses supporters.

"Rester devant avec le Maillot Jaune, cela prend de l'énergie"

L'étape de transition ce mercredi entre Albi et Toulouse lui permettra d'envisager une septième journée en jaune jeudi avec ces deux premières difficultés pyrénéennes. Elles ne semblent pas insurmontables pour le Français. Pour plusieurs raisons. En premier lieu, il y a de fortes chances de voir une échappée se disputer l’étape et donc priver les favoris de la victoire.

Ensuite, il s’agira de la première explication en montagne pour les leaders, à la veille du contre-la-montre. Le sommet du dernier col à 30 kilomètres anéantira certainement les chances de voir des candidats à la victoire finale passer à l’action. Si Alaphilippe franchit cet obstacle, le chrono de Pau vendredi de 27 kilomètres sera décisif. Avec une marge actuellement de plus d'une minute sur Geraint Thomas, il peut espérer conserver sa tunique.

Mais la fatigue pèse sur les épaules de Julian Alaphilippe après une première partie de Tour réussie avec une victoire d'étape et déjà cinq jours en jaune. "Déjà, le fait de courir chaque kilomètres à l’avant du peloton, c’est quelque chose qui était difficile à imaginer pour moi. Là, je suis très bien. (...) Pour un mec comme moi, rester 220 kilomètres dans les 5 premières positions du peloton, ce n’est pas ce que j’aime faire. Cela prend de l’énergie", a-t-il précisé face aux médias.

"Porter le Maillot Jaune à Paris, c'est très loin"

“Je garde les pieds sur terre. Quand je vois le maillot dans ma chambre, je réalise que c’est moi qui le porte. Le porter à Paris, c’est très loin. Je fais du vélo comme j’aime le faire. Que ce soit sur ma première course en Argentine ou ici avec le maillot jaune, je ne change pas ma façon de faire ou de courir. C’est comme ça que je prends du plaisir, c’est aussi ce qui plait au public je pense, c’est très bien comme ça", a rappelé Alaphilippe ce mardi, lui qui gagnait déjà dès janvier en Argentine. Avant de remporter Milan San Remo, un monument en mars ou la Flèche-Wallonne en Avril. Son début de saison a été conséquent.

A défaut d’une équipe solide pour l'épauler en montagne, le week-end à venir avec une arrivée au sommet du Col du Tourmalet samedi et l’enchaînement de trois cols et l’arrivée de Prat d’Albis dimanche devrait condamner le Maillot Jaune. Alaphilippe se confrontera aussi à ses propres limites physiques, après avoir tant donné en ce début de Tour de France. Dans le cas contraire, il faudra pour tous ses adversaires le considérer comme un candidat sérieux.

Guillaume Lepère avec Maureen Lehoux à Albi