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Paris-Nice: Pierre Rolland, en terre inconnue

Après 7 ans passés aux côtés de Jean-René Bernaudeau, Pierre Rolland a décidé de faire le grand saut en s’engageant en faveur de l’équipe Cannondale. Une découverte pour un coureur qui espère confirmer sa préparation hivernale en réalisant un bon Paris-Nice.

A la recherche des automatismes

Pierre Rolland a dû se mettre à l’anglais et l’italien, deux langues (avec le français) largement répandues dans les rangs de la formation Cannondale. Pas toujours facile de communiquer, même si les efforts portent petit à petit leurs fruits. « Quand je suis arrivé en octobre au premier stage, c’est sûr qu’il y avait l’importance de la barrière de la langue, reconnait-t-il. Mais j’ai fait de gros efforts. Tout le monde prend bien le temps de faire en sorte que je comprenne ce qu’il se passe. »

Un leadership à trois têtes

Dans sa nouvelle formation, il aura ainsi à partager le leadership de la saison avec Talansky et Uran. « Ce n’est pas tout de dire que je suis leader, prévient le jeune homme de 29 ans. Il faut trouver ses marques. Et ça tombe bien car Paris-Nice est une course très difficile d’un point de vue nerveux. C’est une bonne première pour tout mettre en place. »

Dans l’attente de sensations fortes

Cinq étapes sur le Tour de Valence pour une 44e place à 5’05 du vainqueur, Wouter Poels. Voilà les seuls repères sur lesquels pouvait s’appuyer Pierre Rolland au début de ce Paris-Nice. « C’est tout l’opposé de ce que je faisais avant, constate-t-il. Pour être prêt à Paris-Nice, j’aurais couru toutes les courses en un jour, les plus ‘’petites’’ courses par étapes. J’ai fait 4 jours à Valence un peu malade, et me voilà à Paris-Nice comme si je n’avais aucun jour de course. C’est nouveau pour moi, opposé à ce que j’ai connu. » Le début de cette course au Soleil l’a peut-être d’ailleurs en partie rassuré. Après avoir terminé 115e à 39 secondes de Michael Matthews dans le prologue (pas forcément son exercice favori), il fait partie des coureurs qui ont su éviter la cassure de lundi.

En quête d’un résultat sur Paris-Nice

Trois participations à Paris-Nice pour trois résultats mitigés (13e en 2008, 19e en 2009 et abandon en 2011). Le double vainqueur d’étapes sur le Tour de France (2011 et 2012) n’est pas en réussite sur cette course. « Il y a des objectifs, explique le principal intéressé. Mais ce n’est pas mon genre de parler avant. Les objectifs sont élevés, mais je les garde pour moi. Je ne vois pas l’intérêt de faire des déclarations en amont. La compétition découle d’un entraînement et après on explique le résultat. » Tout juste se risque-t-il à une prévision pour ce Paris-Nice : « Une victoire serait super évidemment. Pourquoi pas bien marcher sur les deux dernières étapes et je serai très content. Dans les dix premiers, je signe. »

Une nouvelle dimension technique et logistique

C’est son manageur Jonathan Vaughters qui avait allumé la mèche cet hiver : « Il s’entraînait (chez Europcar, ndlr) comme on le faisait en 1975 », avait balancé le patron de l’équipe Cannondale. Sans en rajouter, Pierre Rolland a pointé du doigt les différences. En des mots plus diplomates. « C’est une logistique différente, c’est indéniable. Chacun a ses méthodes. Les équipes française sont professionnelles et font du bon travail. C’est l’approche qui est différente. Ce n’est pas pour autant que les équipes françaises n’ont pas de bons résultats. Mais nous sommes vraiment dans une méthode anglo-saxonne. »

P.Taisne