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"Une drôle de coïncidence", "ça sent mauvais" : Bradley Wiggins face aux doutes

Bradley Wiggins

Bradley Wiggins - AFP

Accusé d'avoir bénéficié d'injections d'un stéroïde interdit, Bradley Wiggins est actuellement sous le feu des critiques. Si le coureur britannique assure qu'il a utilisé ce produit pour régler un « problème médical », certaines voix du cyclisme peinent à croire à ses explications.

Le groupe de hackers russes « Fancy Bears » est-il en en passe de faire une première victime ? Parmi les nombreux dossiers médicaux d’athlètes dévoilés par les cyberpirates (plus de 25, notamment les sœurs Williams et Chris Froome) après le piratage de l’Agence mondiale antidopage (AMA), celui de Bradley Wiggins n’en finit plus d’ébranler la sphère médiatique britannique. Le vainqueur du Tour de France 2012 est cité pour avoir bénéficié d’injections d’un produit interdit, qui porte le nom de triamcinolone. Un corticoïde qu’il a utilisé avant trois courses majeures : les Tours de France 2011 et 2012 ainsi que le Giro 2013.

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Il n’en fallait pas plus pour la presse s’emballe outre-Manche. Sommé de s’expliquer rapidement alors que les suspicions de dopage affleurent de plus en plus, Wiggins s’est justifié de la prise de ce produit lors d’un entretien accordé à la BBC dimanche. « L'objectif était de régler un problème médical, s’est-il ainsi défendu. Il ne s'agissait pas de bénéficier d'un avantage injuste. Je voulais simplement me remettre dans les dispositions sportives me permettant de rivaliser au plus haut niveau. » 

Le vainqueur de la Grande Boucle a reconnu avoir bénéficié d’autorisations à des fins thérapeutiques (AUT) par l’Union cycliste internationale, essentiellement pour éviter les allergies et les problèmes respiratoires dont il souffrirait. « Je souffre depuis plusieurs années de l'asthme. A l'époque, je suis allé voir le médecin de l'équipe et nous avons alors rencontré un spécialiste pour trouver un moyen de régler ce problème, a-t-il poursuivi dans une longue explication. Ce dernier nous a dit : "Oui, il y a quelque chose que vous pouvez faire, mais vous aurez besoin d'une dérogation de l'Union cycliste internationale". (...) J'ai choisi de suivre ce conseil médical. »

Tom Dumoulin pas convaincu 

Des justifications publiques qui ont été accueillies avec défiance de la part de certains membres du monde du cyclisme. Ancien médecin de l’équipe Garmin Slipstream, dans laquelle figurait Wiggins en 2009, Prentice Steffen s’est étonné de cette prescription accordée au Britannique. « On est obligé de voir une drôle de coïncidence dans le fait qu'une grosse dose de corticoïdes en intramusculaire soit nécessaire... exactement avant la course la plus importante de la saison », s’est-il exprimé dans l'émission Newsnight, avant d’ajouter qu’« avec le recul, je dirais certainement maintenant que (...) ça ne semble bien ni sur le plan de la santé, ni sur le plan sportif ».

Des doutes également partagés et exprimés par l’un de ses homologues en activité. Membre de l’équipe Giant-Alpecin, le Néerlandais Tom Dumoulin a confié qu’il peinait à croire en l’honnêteté de l’ancien coureur de la Sky en l’état actuel des choses. « Ça doit être un asthme très sévère, t-il lâché avec ironie dans le Daily Mail dimanche. Apparemment, les injections ont des effets sur plusieurs semaines. À mon avis, on ne devrait pas participer à des compétitions pendant cette période. Ça sent mauvais. » Seul dans la tempête, Bradley Wiggins va clairement devoir revoir sa défense sous peine de connaître prochainement une chute inéluctable.

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