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Kanté, Mahrez, Sissoko : voici Ares, le projet esport qui réunit les meilleurs joueurs de la planète foot

Ce mardi à Paris s’est tenue la conférence de presse de présentation du projet Ares eSport, ou Alpha Republic of eSport, dont le but est de détecter et de mettre en lumière les talents cachés ou méconnus de la discipline un peu partout dans le monde. Et pour hisser très haut ce projet d’envergure, les fondateurs d’Ares ont fait appel à des parrains prestigieux, comme les footballeurs N’Golo Kanté, Ryad Mahrez, Moussa Sissoko ou encore la joueuse de l’Olympique Lyonnais Wendie Renard.

Une volonté, marier le sport à l’eSport

Bon alors, c’est quoi au juste le projet Ares ? Il s’agit de la création de l’Alpha Republic of eSport, une immense structure fondée par deux passionnés de jeu vidéo et d’eSport, Badr Slassi, à la tête de l’agence BSZ Consulting, qui gère la communication de nombreux footballeurs internationaux et Mehdi Sakaly, cofondateur de la World Gaming Federation, à qui l’on doit l’organisation du tournoi virtuel de l’Euro 2016 (sur PES), l’Orange Football Club eSport (l’équivalent de la CAN virtuelle) et, tout récent, une des étapes du circuit mondial du jeu Street Fighter V (le Capcom Pro Tour), l’Ultimate Fighting Arena. L’association de ces deux savoir-faire est simple : associer sport et… esport.

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''On a souvent tendance à dénigrer l’eSport, en affirmant que ce n’est pas un sport. Alors que les professionnels de l’eSport s’entraînent, ont des exercices physiques, assure Badr Slassi. Pour aider ce projet, il nous fallait des parrains méritants.'' Et un budget conséquent: entouré de plusieurs investisseurs privés, le projet Ares, entre la création de tournois et la gestion de ses futures équipes, pèserait ''un peu moins d’une dizaine de millions d’euros'', selon Badr Slassi. ''On s’est donné les moyens de nos ambitions'' assure-t-il. Pour attirer ces parrains de renom? ''On a d’autres moyens de les séduire. Les jeux vidéo ils aiment ça. Ils le font par conviction, pas par volonté de faire de l’argent.''

Autour de la table, des parrains qui « ont de la gueule »

Les parrains justement. Seul un d’entre eux était là, la joueuse de l’Olympique Lyonnais Wendie Renard. Mais tous les autres ont eu droit à leur tonnerre d’applaudissements au moment de leur révélation. Si les noms de Ryad Mahrez, Moussa Sissoko, Sofiane Feghouli, Mario Lemina ou… Wendie Renard justement, avaient déjà filtré, Ares avait encore quelques jolies pointures à nous offrir : Demba Ba, les jumeaux Mathias et Florentin Pogba, Yannick Ferreira Carrasco ou le meilleur joueur de Premier League cette saison, NGolo Kanté. Du lourd, qui a arraché à l’assistance quelques cris de surprise. Et chez les quelques spécialistes de l’eSport présents, beaucoup d’admiration. "Je trouve ça vraiment intéressant de faire le ralliement entre le sport et l’eSport. On n’a pas l’habitude d’avoir de tels parrains. Ça le fait, oui ça le fait vraiment d’avoir par exemple NGolo Kanté comme parrain", nous a notamment soufflé le coach du Monaco eSports, Julien "Lamela" Moudoulaud. Si Ares n’a pas voulu communiquer sur les conditions de venue de ces parrains, certains seraient en passe ou auraient déjà investis dans la structure.

L’objectif, aller chercher les nouveaux Messi de l’eSport

S’entourer de tels parrains n’a pas seulement pour but de promouvoir la crédibilité sportive de l’eSport. ''On n’a pas de message dans ce sens à faire passer, assure Wendie Renard, honorée d’être l’unique nom féminin – pour le moment ? - associé à ce projet. L’évolution se fait d’elle-même. Pour moi, je trouve ça normal qu’on développe les choses dans ce sens-là parce que c’est naturel pour beaucoup de gens.'' Non, le but d’Ares eSport est autre. L’idée est de permettre à tout un chacun de caresser le rêve de rallier une équipe professionnelle. ''J’ai des compétences, image Mehdi Sakaly. Mais je n’ai pas beaucoup de followers sur les réseaux sociaux. Alors, je ne suis pas intéressant pour les sponsors. La notoriété des parrains va venir renforcer celle de ses joueurs.''

Des joueurs amateurs qui tenteraient, à travers plusieurs tournois de qualification un peu partout dans le monde (Paris, Dubaï, Shanghai, Los Angeles, Londres) de décrocher une des 60 places promises aux seins des équipes Ares, toutes associées à un prestigieux footballeur et un contrat pro de trois ans. ''Etre capable de sélectionner des jeunes joueurs et d’en faire des professionnels de l’eSport, ça a parlé à nos parrains, car eux-mêmes, avant de devenir ce qu’ils sont, ont dû passer par des détections. Moi, je suis persuadé qu’il y a plus fort que Lionel Messi, martèle Badr Slassi. Mais on ne le connait pas car il n’a pas pu émerger. On pense que dans ce milieu de l’eSport, il y a plus fort que les champions actuellement connus.'' Des pépites qu’Ares souhaite vite amener, dès l’année prochaine, sur les principales compétitions majeures.

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Et alors ? Concrètement ?

Eh bien après l’effet d’annonce, est rapidement venu le temps des interrogations. Car si Wendie Renard promet de le faire, en fonction de son emploi du temps, est-ce que tous les parrains joueront le jeu jusqu’au bout, tout le temps et accompagneront leur équipe avec un soutien permanent ? Une question qui a rapidement fait le tour de l’assemblée et évidemment auprès des spécialistes de l’eSport. « Les sportifs qui sont aujourd’hui nos ambassadeurs mettent à disposition leurs réseaux sociaux, leur notoriété. Ils vont se mettre eux-mêmes à disposition d’Alpha Republic of eSport. On va les voir jouer, rencontrer des gamers et venir à des tournois et tout ça à leur demande. Vous le verrez dans les prochains moins, ils sont vraiment impliqués. » Un engagement important car c’est bel et bien de lui que sera déterminé la réussite du projet Ares.

"C’est prometteur, c’est ambitieux, mais ça reste encore un petit peu flou", estime Julien Moudoulaud. Une partie de ce flou a tout de même été levé mardi. Ares déploiera ses forces sur six jeux, dont quatre ont déjà été révélés (Hearthstone, Counter Strike Global Offensive, Dota 2 et League of Legends). Les deux autres seront officialisés plus tard même si la tendance, forte, tourne autour de l’incontournable FIFA, de son rival PES et du jeu montant de l’eSport, Overwatch. Et comble du suspense, trois autres parrains devraient être révélés dans les jours à venir, dont un top 5 mondial. Jumeaux Pogba oblige, la rumeur de l’implication de Paul Pogba dans le projet a déjà commencé à faire son trou. Idem pour celles renvoyant à Antoine Griezmann ou au Portugais Cristiano Ronaldo. Wait and see… Voilà comment Ares a peut-être, déjà, réussi à électriser le public. Et le monde de l’eSport.

Alix Dulac (avec Maxime Deloffre)