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On a testé Football Manager 2017… et il va encore briser votre vie sociale

Football manager

Football manager - Capture écran Football manager

Le jeu phare de simulation de foot sort ce vendredi 4 novembre. On l'a testé un peu en avance et on vous dit tout.

Depuis quelques heures maintenant, le nouveau Football Manager est là, enfin, pour égayer notre humeur et combler nos longues soirées d’hiver. Indispensable pour étancher la soif du féru de football, notre désir irrépressible d’entraîner notre club de cœur ou nous inciter à arrêter de taper sur les compos de Bruno Genesio et le français inaudible d’Unai Emery, cet opus 2017 l’est-il vraiment, au juste, indispensable ? Vaut-il, une année de plus, son sempiternel achat et l’éclipse de notre vie sociale ? Sans compter ses nombreuses heures de jeu – et son sommeil en retard - RMC Sport a démêlé cette question pour vous.

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Quoi ma gueule ? Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ?

C’est l’une des premières nouveautés de ce Football Manager 2017, l’une de celles les plus apparentes : on va enfin pouvoir reproduire son visage à l’écran. Fini les heures et les heures à se triturer le cerveau avec l’outil de création, grâce au procédé FaceGen, une simple photo de vous – si possible façon carte d’identité – quelques points pour dessiner le contour de votre visage et le tour est joué. Mais ne vous attendez pas à une réussite totale : si lors de la présentation du jeu, le visage d’Arsène Wenger était assez ressemblant, on ne peut pas en dire autant pour tout le monde et notamment… le mien. On pourra également débattre sur le manque d’options pour personnaliser au poil de barbe près son avatar. Mais bon, c’est le geste qui compte.

capture écran Football Manager
capture écran Football Manager © capture écran Football Manager

Brexit is here my friends

Chaque année, Football Manager s’attache à coller à la réalité et cette version 2017 ne déroge pas à la règle. Après le fair-play financier (qui exclut désormais toute politique agressive en matière de transferts, du moins la première saison), c’est le Brexit qui s’invite dans nos parties. « Un désastre » pour le créateur du jeu Miles Jacobson, pur européen convaincu. Le Brexit est présent de trois manières différentes : soft, autrement dit inexistant, moyen, avec un permis de travail assez simple à obtenir pour les joueurs étrangers et hard, où le règlement concernant les joueurs extra-communautaires, très pénible, s’appliquera à tous les joueurs hors-UK. De quoi rendre quasi impossible l’arrivée sur le sol anglais des fameux pépites sud-américaines voire d’autres prodiges du Vieux Continent. « Nous avons imaginé 15 scénarios différents concernant le Brexit, nous a confié un des analystes du jeu, Tom Davidson. Cela dépendra des saisons. Il y a même un scénario où la Grande-Bretagne fait machine arrière et où il n’y a plus de Brexit. » A vous de tomber sur le bon.

La Fantasy avec l’ordi ? C’est chouette aussi

S’il est sans conteste un des meilleurs modes de jeux de l’histoire de FM, la Fantasy Draft avait le défaut de ses qualités : être jouable à plusieurs et donc exclusivement à plusieurs. Football Manager 2017 inclut une Fantasy 2.0 qui permet de remplacer les joueurs humains par des adversaires simulés par l’ordinateur. Un détail certes (comme 99 % des nouveautés apportées par cet opus, on y reviendra) mais qui s’avère utile, surtout lorsqu’on veut vite disputer des matches contre quelqu’un et sans forcément avec un ami à portée de main. Ajoutez à cela l’introduction lors de cette même Fantasy d’un vrai mercato d’hiver vous permettant de réajuster votre effectif (et donc de dire bye-bye aux joueurs indésirables) et la possibilité cette année de compter plus de joueurs créés de toutes pièces dans le mode Create a club et ainsi de le façonner à 100 %, cela fait deux bons arguments pour délaisser les copains une fois sortie du boulot. Et Madame, of course.

capture écran Football Manager
capture écran Football Manager © capture écran Football Manager

Je te followe, tu me followes, il me followe, on se followe

Il faut vivre avec son temps et après avoir intégré les réseaux sociaux il y a quelques années, notamment pour faire partager ses trouvailles, ses screens de joueurs, ses trophées et ses buts, FM évolue en faisant de Twitter l’un des enjeux de sa cuvée 2017. Chacune de nos actions (match, transferts, déclarations) sera débattue par de jolies « gazouillis ». Ce fil Twitter fictif vous tiendra donc informé de l’humeur de vos supporters, ainsi que de celle des joueurs que vous viseriez ou qui évoluent déjà chez vous. Mais aussi des rumeurs de transfert visant votre équipe ou celle de la concurrence… sans oublier, parfois, d’éventuels conseils judicieux de la part de vos followers. En plus de rendre le jeu plus vivant et plus contemporain, cette nouveauté permet aussi – et surtout – d’avoir un œil permanent sur votre cote de popularité auprès de vos supporters. Et de ressentir la pression qui va avec.

Capture écran Football Manager
Capture écran Football Manager © Capture écran Football Manager

Des transferts plus vrais que nature

On vient de vous le dire plus haut : l’humeur d’une cible potentielle pourra être décelée en fonction de son activité sur Twitter. Mais il faudra encore manœuvrer avant de l’enrôler définitivement au sein de votre groupe. Et pour se faire, il faudra parfois jouer serré, comme lui promettre monts et merveilles à votre proie (comme un statut bien défini dans votre équipe par exemple) avant de l’inciter à s’asseoir autour de la table pour parler chiffon et contrat. A ce stade, la partie ne sera pas forcément encore gagnée et il ne faudra surtout pas négliger les nouvelles clauses imposées par son agent. Ces deux ajouts ont pour but de rendre les mercatos plus authentiques dans leurs négociations, avec parfois des temps de finalisation très long, surtout si, en cas de départ, vous parvenez à négocier avec votre futur ex-joueur d’attendre l’arrivée de son remplaçant pour plier bagage.

Pour peu, on se croirait au stade (mais alors rien qu’un peu)

Cheval de bataille depuis plusieurs années pour les équipes de Sports Interactive, peine perdue pour les joueurs, le moteur 3D a encore évolué. Toujours pas dans le sens escompté, à savoir avec le moteur graphique d’un jeu de foot digne de ce nom, le fantasme de beaucoup d’entre nous mais absolument pas l’objectif des équipes de SI Games. Néanmoins, on a pu apprécier la retransmission plus dynamique des matches, avec des changements opportuns de caméra, ce que n’aurait pas renié une bonne vieille chaîne de télévision. Les efforts apportés au comportement des joueurs, moins rigides, plus vivants (on les voit se taper dans les mains, s’échauffer, et même les coaches se serrer la main avant le match). La présence du spray sur les coups-francs. Le travail de motion-capture réalisé avec les équipes d’un autre studio, The Creative Assembly (à l’origine de la série à succès des Total War) est visible, notamment sur les parades des gardiens de but. Mais si on apprécie le geste (là aussi), ce n’est pas cette innovation qui va nous faire sauter au plafond.

capture écran football manager
capture écran football manager © capture écran football manager

All in the (in)box

Depuis plusieurs versions déjà et notamment l’opus 2015, qui marquait une vraie révolution en la matière, Football Manager s’efforce d’épurer son interface, la rendant plus agréable à l’œil nu et plus accessible au plus grand nombre. Cette fois, c’est dans le côté pratique que FM a accentué ses efforts. Tout ou presque se fait sur le même écran et, surtout, toutes les données importantes atterrissent désormais directement dans votre boite de réception : on pense aux conseils de votre staff, qui vous recommande quotidiennement de superviser tel ou tel joueur ou d’augmenter la charge de travail de tel ou tel élément. Mais aussi aux analyses de matches, disponibles quelques heures après la rencontre et qui sur un même schéma, vous donne toutes les informations importantes (joueur-clé, circuit préférentiel, joueur ayant fait le plus d’erreurs, parcouru le plus de kilomètres, etc…). Plus besoin donc de farfouiller à droite et à gauche pour aller à la pêche aux infos d’après-match. De même, on apprécie l’introduction plus vraie que nature des tests physiques pour les joueurs en phase de reprise : votre équipe médicale vous tiendra informé du dernier ressenti de vos joueurs et sur la possibilité/pertinence de les retenir dans le groupe ou on. Là encore, cela s’apparente à du bon vieux détail. Mais il est diablement réaliste. Et pour les joueurs de Football Manager, ce genre de détail veut dire beaucoup.

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capture écran Football Manager © capture écran Football Manager

La note : 17/20

Qu’on se le dise, cet opus 2017 de Football Manager n’est pas une révolution. Ni une évolution majeure de la saga. En revanche, il reste dans la ligne directrice de ses développeurs, à savoir coller au maximum à son époque et à sa réalité et poursuit le travail de simplification entamé ces dernières années. On va donc lui reprocher les mêmes choses : un manque – très rapide et criant – de renouvellement dans les commentaires des médias, de réponses aux différents entretiens, que ce soit avec la presse, les joueurs ou votre staff et la surexposition d’un moteur 3D qui progresse mais manque toujours autant de chaleur. Mais, une fois le jeu installé et la partie lancée - que l’on pourra entamer, sur la version Touch (désormais payante, grrr) sur le PC et finir sur mobile/tablette - , on lui pardonnera bien vite ses écueils. On fera un match. Puis un autre. Et encore un autre, séduit toujours un peu plus par ses micro-innovations. Et, comme tous les ans, le monde autour de vous n’existera plus. En clair : FM 2017 ? Good job.

Alix Dulac