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PES World Finals - Walid Tebane : ''A 2-0, je tremblais comme jamais"

Mené 2-0 après 10 minutes de jeu, il est passé tout près de rater son pari. Pourtant, le 28 mai dernier, à quelques heures du 11e succès en Ligue des champions du Real Madrid, c’est bien lui, Walid Tebane, qui a remporté le titre mondial sur PES 2016, en venant finalement à bout du Brésilien Guifera (4-3). Un back-to-back historique puisque jamais réalisé dans l’histoire de la PES League, que le double champion du monde français nous raconte en détails. Ainsi que ce qu’il envisage pour la suite.

Un début de match catastrophique

« C’était compliqué pour moi d’entrer dans ce match. Je voulais avoir la première possession en étant le joueur 1. Je n’ai pas eu la première manette. Dès le début, je prends un but. Le temps de me ressaisir, j’en prends un deuxième. A ce moment-là, franchement pour moi c’était cuit, je me suis à trembler. Après le deuxième but, je tremblais comme jamais. Petit à petit, j’ai pu me remettre dedans. Ce sont des matches durs à jouer mais ça fait un bout de temps que je suis préparé pour ce genre de matches. Ces matches-là, ça se joue au mental. Seulement au mental. »

Un défibrillateur nommé Kamel

« 2-0, dixième minute, je vois qu’il sort son drapeau du Brésil. Je me suis dit ‘il est champion du monde ou quoi ?’ Il a essayé de me plomber, de me mettre dans le trou. Il y avait ses supporters aussi, qui étaient là, qui l’encourageaient. Ça m’a mis très mal. Mais je connais PES, je sais qu’on peut revenir. Ça n’a pas été facile. Kamel, l’autre joueur français, criait comme un fou. Il y avait une petite lumière au bout du tunnel et c’est lui qui m’a guidé vers elle. C’est lui qui m’a maintenu en vie, qui m’a permis de revenir dans mon match. »

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Un match compliqué à aborder

« La veille, j’étais dans mon tournoi. Je n’avais pas de pression. Je suis venu ici… La pression, l’adrénaline étaient incroyables. J’étais monté en puissance petit à petit, j’étais comme un rouleau compresseur. Mais là, sur un match comme ça, c’est le pire des scénarios. J’aurai joué hier, j’aurai eu moins de difficultés. Avec le coaching que j’avais et la forme que j’avais, ça n’aurait pas été la même chose. Grâce à Dieu notamment, j’ai pu revenir. Je suis vraiment heureux. »

Encore plus beau que le premier titre

« La joie que j’ai eu était plus impressionnante que l’année dernière. J’ai ressenti plus d’émotions. L’année dernière, la victoire s’était faite sur le fil, après un enchainement de matches. J’avais moins de pression. Là, c’était sur une partie. Je me suis préparé toute l’année pour un seul match. Ça a été un match de fou, contre un joueur de malade. Franchement, c’est l’un des adversaires les plus compliqués que j’ai eu à jouer et le plus fort du tournoi que j’ai joué. Qu’est-ce que ça a été dur ! Celle-là, elle a été dure à aller chercher. Ma joie est venue d’un coup. J’ai senti mon corps exploser. Il n’y a rien de plus beau et je vais en profiter un maximum. »

Un sacré cadeau d’anniversaire

« Oui ! C’est un super cadeau. Le jour de mes 23 ans. Le timing est parfait. C’était à double tranchant : ça allait être soit le pire soit le plus beau jour de ma vie. C’est le plus beau. »

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Et maintenant la suite ?

« Gagner deux titres mondiaux sur son jeu préféré, c’est quand même quelque chose d’exceptionnel. Il n’y a pas de mots pour exprimer ce que l’on ressent. Maintenant, j’ai deux challenges. Ce n’est pas encore officiel mais je vais essayer de me lancer à FIFA, de démarrer la saison… mais aussi de défendre mon titre mondial à PES. Le faire et gagner quelque chose à FIFA ? C’est un grand pari. Mais j’aime ça. Personne avant moi n’avait gagné deux titres mondiaux sur PES. Et j’ai été champion du monde en ayant joué près de 1000 matches à FIFA. Ce sera dur d’être bon sur les deux jeux mais je vais quand même essayer. »

Son message aux gens allergiques à l’eSport

« Avant de commencer la compétition sur PES, j’avais des a priori sur le monde de l’eSport. J’avais le cliché de joueurs, de geeks, qui passaient uniquement leur temps à jouer. Mais quand j’y suis entré, j’ai vu autre chose. Beaucoup de gens jouent au jeu vidéo. L’eSport, c’est un univers à essayer, à découvrir, surtout quand on joue beaucoup. Il ne faut pas avoir peur d’allier le plaisir de jeu et la compétition.

Alix Dulac