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Seniors, record d’affluence… : ce qu’il faut retenir de la Gamers Assembly 2016

Ce sont 19 000 visiteurs ravis qui ont profité, pendant trois jours, des animations, conférences et tournois de cette Gamers Assembly 2016

Ce sont 19 000 visiteurs ravis qui ont profité, pendant trois jours, des animations, conférences et tournois de cette Gamers Assembly 2016 - Ophélie Laluc

Vous avez manqué l’édition 2016 de la Gamers Assembly, qui s’est tenue les 26, 27 et 28 mars au Parc des Expositions de Poitiers ? Pas de panique : RMC Sport eGaming vous retrace les grandes lignes de ce vaste rassemblement de joueurs, comme les bons et les mauvais points. Ainsi que ses perspectives d’évolution.

La GA plus forte que le chocolat 

Du monde à l’entrée. Du monde devant les sandwiches et les burgers. Du monde devant les barrières de sécurité encadrant chaque zone de jeu. Et du monde sur les places assises des arènes réservées aux finales. Il y avait foule le week-end dernier au Parc des Expositions de Poitiers. Pas pour chercher des œufs de Pâques ou se goinfrer de chocolat, mais pour arpenter les allées de la Gamers Assembly et ses 15 000 m2 dédiés au jeu vidéo. En tout, ce sont 19 000 curieux, enfants et grands, qui se sont relayés du samedi au lundi, lors de cet événement qui, comme chaque année, a rassemblé les amoureux du jeu vidéo.

Les seniors n'ont rien lâché dans la compétition de Wii Bowling
Les seniors n'ont rien lâché dans la compétition de Wii Bowling © Théo Bertineau

Une affluence historique pour la Gamers Assembly, qui a conforté son statut de rendez-vous incontournable du jeu vidéo en France lors de cette 17e édition. « On a commencé dans un gymnase dans un petit village près de Poitiers, se rappelle Vincent Colas, le président de FuturoLAN, l’association organisatrice, avec Grand Poitiers. C’était vraiment un rassemblement de joueurs, sans stands ni conférences. Il y en avait 150. » Ils sont désormais plus d’un millier à venir, avec leurs PC, leurs manettes fétiches ou leurs sticks arcade. 1 837 joueurs avaient exactement répondu au rendez-vous cette fois, confirmant à la GA son statut de plus grosse LAN Party (rassemblement de joueurs en réseau) du pays.

Des seniors, des enfants… mais aussi Deadpool et Tortue Géniale

Ce sont eux qui ont arraché les premiers cris du public. Eux, ce ne sont pas les joueurs des équipes Melty, Millenium ou Nitrado, mais les seniors, qui se sont distingués lors d’un concours de Wii Bowling (le jeu de bowling avec la manette à reconnaissance de mouvement de Nintendo). Avec des espaces dédiés aux familles et notamment aux tout-petits, comme le Village Famille et ses 600 m2, le stand de rétrogaming, de confections de manettes, une bourse aux jeux, un stand dédié à Minecraft et à son introduction dans le programme scolaire, la GA 2016 avait aussi de furieux airs de grand salon de jeu vidéo.

Deadpool prend la pose
Deadpool prend la pose © Alix Dulac

Une réalité imposée par l’évolution du jeu vidéo selon Vincent Colas. « Il y a trois ans, on s’est retrouvé avec des familles intéressées par les outils numériques, le sport électronique et les nouvelles consoles, rappelle l’intéressé. Il fallait expliquer ce nouveau contenu. Et puis, les entrées des visiteurs rapportent beaucoup plus que celles des joueurs. On ne peut pas s’en passer. » Histoire de mélanger les plaisirs, le cosplay (l’art de se déguiser à l’identique comme un personnage de jeu vidéo, de film, de manga ou de BD) se mariait à merveille avec l’ambiance du salon… au point de faire la queue aux côtés des super-héros Spiderman ou Deadpool. Ou de croiser près des cuisines le célèbre Tortue Géniale, l’un des héros de l’anime japonais à succès Dragon Ball.

Les Millenium ? Ils sont venus, ont vu et ont vaincu

Si les familles ont pu découvrir les PC derniers cris, elles ont aussi humé de très près l’odeur des compétitions d’eSport. Et il y avait de quoi faire durant les trois jours de la GA puisque 22 tournois se sont tenus, tous sur les jeux phares de la scène électronique aujourd’hui : League of Legends, Hearthstone, Starcraft II, Overwatch, Team Fortress 2, Rocket League, Counter Strike Global Offensive, Rainbow Six Siege, Call of Duty : Black Ops III, Fifa 16, Street Fighter V ou encore PES 16.

L'équipe Millenium, victorieuse du tournoi League of Legends
L'équipe Millenium, victorieuse du tournoi League of Legends © ABL Photographie

Et une équipe a largement tiré son épingle du lot : la team Millenium, qui n’est plus à présenter sur le territoire hexagonal. Cette dernière n’a remporté ni un, ni deux, ni trois, mais bien quatre tournois et tant qu’à faire, sur les quatre jeux les plus emblématiques de l’eSport aujourd’hui. Avec des succès sans contestation : 3-0 en finale de League of Legends, 16-12 à Counter Strike GO, encore 3-0 à Starcraft II et 4-0 et 4-1 en finale du tournoi Call of Duty. Bref, si d’autres équipes (Nitrado sur Rainbow Six Siege PC et Vitaly sur Rainbow Six Siege consoles, Melty sur Overwatch et Street Fighter V) se sont aussi illustrées, la GA, c’était un peu le jubilé des Millenium.

Un seul couac : l’espace consoles

Cette Gamers Assembly a beau avoir contenté un très grand nombre de personnes, elle n’a pas non plus satisfait tout le monde et notamment la communauté des consoles, un peu éloignée du reste du salon et qui ont cruellement manqué de visibilité. « L’année dernière, les consoles étaient avec les joueurs PC, défend Vincent Colas. Cela avait posé des problématiques de son et de bruit. On a choisi de mettre cet espace consoles dans les arènes mais on s’est retrouvé avec des problèmes de lumière, de passage, de sécurité. »

Et de matériel aussi, puisque le tournoi FIFA 16, en raison d’un problème de format de consoles, a démarré avec plusieurs heures de retard. « Ce n’est même pas une déception. C’est un fail (échec, ndlr), assume Désiré Koussawo, président d’honneur de FuturoLAN. C’est frustrant. On se donne une nouvelle chance pour l’année prochaine, en espérant que la communauté nous suivra. On va apprendre de cet échec pour faire mieux. »

Les parlementaires Rudy Salles et Jérôme Durain, rapport à la main, au rendez-vous de la cérémonie d'ouverture
Les parlementaires Rudy Salles et Jérôme Durain, rapport à la main, au rendez-vous de la cérémonie d'ouverture © Illusion Story (Aurélien Mignerat)

Une GA new-look l’année prochaine ?

La remise de leur rapport dans les mains d’Axelle Lemaire, la secrétaire d’Etat chargée du numérique et son contenu, avait fait grand bruit. Les parlementaires Rudy Salles et Jérôme Durain étaient également là, samedi matin, lors de la cérémonie d’ouverture de cette 17e GA. L’occasion pour eux de rappeler la volonté du gouvernement d’offrir un cadre légal à l’eSport et à ses compétitions, ainsi qu’un vrai statut au joueur. Et qui sait, de faire de la ville de Poitiers « la capitale de l’eSport » en France, comme ils l’ont eux-mêmes affirmé ? 

De nombreux jeux ont les honneurs de la scène centrale et des arènes, comme l'incontournable Super Mario Kart
De nombreux jeux ont les honneurs de la scène centrale et des arènes, comme l'incontournable Super Mario Kart © Kevin Hebrat

Une chose est sûre : le texte de loi dans lequel les propositions du rapport seront défendues courant avril devraient impacter la GA. Du moins, c’est ce qu’espère Vincent Colas, qui estime que l’événement, porté à ce jour par 340 bénévoles, un budget d’exploitation de 500 000 euros, le soutien de Grand Poitiers et des services techniques, doit changer. « La GA, c’est du bénévolat et beaucoup de temps libre que l’on prend. Il faut qu’on professionnalise. Et puis, comment faire quelque chose qui dure plus longtemps ? Est-ce que cela passe par une semaine du gaming ?

On ne pourra pas faire plus en termes d’association, assure le président de FuturoLAN. Comment peut-on investir la ville pour créer des studios dédiés au streaming, créer des écoles dédiées à l’eSport ? L’évolution, elle ne vient pas de FuturoLAN mais de la société, qui a intégré l’eSport. Je n’ai pas de boule de cristal. Mais oui, la GA 2017 sera forcément impactée par cette loi. On l’espère. » Toujours pour le même succès ? Réponse en avril 2017.

Encadré : les autres chiffres fous de la GA 2016

Parce qu’il n’y a pas que le nombre de joueurs et de visiteurs qui comptent, on a recensé pour vous les autres chiffres de la 17e édition de la Gamers Assembly.

70 000 : en euros, le total du cashprize reversé et distribué entre les vainqueurs des 22 tournois

11 : le total de conférences qui ont été données durant cette GA

2 600 : le nombre de burgers ingurgités durant ces trois jours

4 600 : le nombre de sandwiches dévorés dans ce même laps de temps 

2 700 : le nombre exact de canettes qui ont été bues, toujours pendant ces trois jours

1 700 : le nombre d’ordinateurs branchés

2 393 : le nombre d’appareils connectés sur le réseau WiFi de la GA

3 614 : le nombre d’appareils branchés, eux, sur le réseau filaire

150 : le nombre de switchs indispensables à la stabilité du réseau

Alix Dulac