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La rhinopneumonie, l'épidémie qui inquiète beaucoup le monde de l'équitation

Une épidémie de rhinopneumonie, une maladie qui touche le système nerveux des chevaux, inquiète fortement le monde de l'équitation.

Les humains ont le Covid et les chevaux ont la rhinopneumonie. Une maladie qui affecte le système nerveux des équidés. Une épidémie est apparue il y a quelques jours à Valence, en Espagne, où des centaines de chevaux étaient rassemblés pour un concours. Depuis, le virus inquiète le monde de l’équitation, où tout est mis en œuvre pour limiter sa propagation.

Déjà huit morts ont été recensés en Espagne. L’épidémie s’est propagée rapidement, obligeant les cavaliers à rapatrier au plus vite leurs chevaux. C’est le cas de Philippe Rozier, champion olympique en 2016. "On est rentré avec treize chevaux dont trois positifs. On les a isolés et en fin de compte ces trois chevaux étaient les plus en forme", explique-t-il.

Le seul qui a développé la forme grave du virus, c’est Rahotep de Toscane, 15 ans, médaillé d’or avec Philippe Rozier à Rio aux Jeux olympiques 2016: "Il est monté jusqu’à 40 de fièvre et c’est quand la fièvre redescend que les problèmes arrivent. C’est exactement ce qui s’est passé. Une heure après, il n’était pas bien, il marchait avec le postérieur bloqué".

Depuis, Rahotep retrouve petit à petit sa forme. Trois fois par jour pendant cinq minutes, il sort de son box mais toujours sous surveillance. "Maintenant, il arrive à se gérer à peu près tout seul. Avant, il fallait une personne à droite et à gauche pour l’aider". Un petit soulagement pour Philippe Rozier: "Chaque jour, c’est un petit peu mieux donc on est très optimiste mais très vigilants aussi".   

Un virus très dangereux et contagieux

Comme le Covid, la rhinopneumonie se transmet "par sécrétions nasales, quand un cheval éternue ou fait du nez-à-nez avec un autre cheval", explique Barbara Buisson, vétérinaire. "Et avec cette forme neurologique, on observe des chevaux qui titubent, qui ont de plus en plus de mal à se déplacer et qui finissent couchés", ajoute-t-elle. C’est à ce moment-là que les complications peuvent arriver.

"S’ils restent trop longtemps au sol, il y a un écrasement des muscles, plus de sang circule, c’est une nécrose. Et plus le temps passe, plus il est difficile de rattraper la situation", indique la vétérinaire. Alors face à cette épidémie, la Fédération française d’équitation et la Société hippique française ont pris la décision d’annuler tous les concours jusqu’à la fin du mois.

Un choix qui inquiète Yann Adam, directeur du pôle hippique de Saint-Lô: "Si le choix de bloquer jusqu’au 28 mars ne s’avère pas payant, et si les concours s’arrêtent durablement il y aura des catastrophes pour l’ensemble de la filière". Et une catastrophe pour le haut-niveau. Avec les Jeux olympiques dans quatre mois à Tokyo, si l’épidémie persiste, la participation des cavaliers français peut être remise en cause. 

Léna Marjak