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Bayern Munich : Les quatre « révolutions » de Guardiola

Pep Guardiola

Pep Guardiola - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Sacré ce mardi soir après sa victoire contre le Herta Berlin (1-3), le Bayern Munich bat un nouveau record de précocité. Une nouvelle performance de Pep Guardiola qui, non content d’avoir survolé la Bundesliga, a su également imposer sa patte.

Exit le 4-2-3-1. Bonjour le 4-1-4-1

Le premier changement apporté par Pep Guardiola est d’abord tactique. Avec Jupp Heynckes, le Bayern évoluait en 4-2-3-1. L’ancien technicien catalan, lui, n’a pas tardé à se démarquer de son glorieux prédécesseur en imposant à ses troupes un schéma en 4-1-4-1. L’avantage de ce système ? Pouvoir jouir au maximum de la polyvalence (on y reviendra) des milieux de terrain bavarois, avec une sentinelle devant la défense et un meneur de jeu avancé – presque un deuxième attaquant – derrière la pointe. Car si le système ne change jamais, les joueurs, eux, tournent très souvent. Soit en raison du calendrier, soit en fonction des scénarios des matches. Comme à Wolfsburg, où Guardiola, accroché à l’heure de jeu (1-1) n’avait pas hésité à revoir son milieu de terrain. Avec le large succès final (6-1) qu’on lui connait.

La prime au turn-over

Polyvalence donc. Et absence d’équipe-type surtout. Tels sont les crédos de Pep Guardiola. Le Catalan dispose d’un des effectifs les plus talentueux et homogènes de la scène football à l’heure actuelle, alors autant s’en servir. Devant et au milieu de terrain, c’est le renouvellement permanent : aucun des six joueurs placés devant la défense n’est assuré de débuter une rencontre. Ainsi, Arjen Robben peut disputer deux matches consécutifs puis sortir de l’équipe. Même chose pour Thiago Alcantara, principale recrue de l’intersaison, Thomas Müller ou encore Mario Mandzukic, parfois sacrifié pour un faux numéro 9 (Götze). Derrière, la charnière centrale Dante-Boateng n’est pas gravée dans le marbre, Javier Martinez ayant déjà évolué dans l’axe. Finalement, au Bayern, au moment de zieuter la feuille de match, on ne part que sur trois certitudes : Neuer dans le but puis Xerdan Shaquiri et Claudio Pizarro dans un rôle de joker.

Plus haut, plus vite, plus fort

Le Bayern de Jupp Heynckes était redoutable. Impressionnant. Celui de Pep Guardiola l’est encore plus. L’ancienne sentinelle du Barça a amené et imposé sa culture catalane. Soit de la redondance de passes, une circulation fluide du ballon. Mais surtout, un pressing constant, haut sur le terrain et sur les mollets de l’adversaire. Cela ne vous rappelle rien ? Au grand dam de certains en général et de Frank Beckenbauer, l’ancien défenseur emblématique bavarois, qui craint que son équipe ne ressemble trop au Barça (« Personne ne voudra nous regarder. Les joueurs se passent le ballon jusqu’à la ligne de but »), le style de jeu du Bayern ressemble de plus en plus fortement à celui prôné par Guardiola en son temps en Catalagne. A la différence que le champion d’Allemagne en titre bénéficie de deux armes supplémentaires : un goût prononcé pour l’attaque placée et une utilisation, aussi, judicieuse des frappes lointaines, spécialité de quelques cadres (Kroos, Robben, Schweinsteinger).

Lahm en sentinelle

C’est certainement la révolution la plus spectaculaire apportée par Pep Guardiola au jeu du Bayern. Considéré comme l’un des meilleurs latéraux droits au monde, Philipp Lahm s’est vu installé au poste de… milieu défensif par son nouvel entraîneur. Un pari autant qu’un choix par défaut, en raison, notamment des blessures cette saison de Javi Martinez et Bastian Schweinsteiger... accompagné d’une certaine réussite. « Lahm est l'un des joueurs les plus intelligents que j'ai eu à diriger, a déjà confié Guardiola sur son capitaine. Il était l'un des meilleurs latéraux du monde, maintenant c'est aussi l'un des meilleurs milieux au monde. Et je suis sûr que ce serait l'un des plus grands attaquants au monde si je le faisais jouer devant. » Peut-être… en attendant, Lahm ne le cache pas. « Je me sens aussi très, très bien au milieu de terrain » confiait-il mi-décembre à la presse allemande. Le seul bémol de ce repositionnement, c’est qu’il fragilise un peu le flanc droit de la défense bavaroise, Rafinha n’étant pas Lahm. Loin de là.

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A.D