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Maxence Lacroix, révélation en Bundesliga: "Jouer pour les Espoirs, ce serait énorme"

Au moment de fêter ses 21 ans le 6 avril prochain, Maxence Lacroix aura peut-être passé un nouveau cap dans sa jeune carrière. Quelques jours plus tôt, la phase de groupes (24 au 31 mars) de l'Euro Espoirs, qui verra les quarts, demies et finale se jouer en juin prochain, viendra tout juste de se terminer. Et le défenseur de Wolfsburg espère que Sylvain Ripoll, le sélectionneur de la catégorie, l’emmènera en Hongrie. En attendant, l’ancien joueur de Sochaux poursuit son développement en Bundesliga, où il est considéré comme l’une des révélations cette saison, dans une équipe qui fait désormais de la qualification à la prochaine Ligue des champions, un objectif. Pour RMC Sport, Maxence Lacroix revient sur ses nombreuses découvertes depuis le début de saison.

La découverte du discours des dirigeants pour le faire signer

Maxence Lacroix: "Dès le début des discussions avec Wolfsburg, il y a eu un projet assez clair pour moi, c’est-à-dire d’évoluer en première division, mais surtout de prendre le temps avec moi pour me faire grandir. Je ne suis pas arrivé comme un titulaire, je devais commencer à m’acclimater au football allemand, à la langue… J’étais complètement d’accord avec ça, je savais que j’allais avoir besoin de prouver. J’avais cette envie de jouer en première division, ce que je ne faisais pas avec Sochaux, et je recherchais un projet en Bundesliga parce que c’était pour moi le championnat dans le lequel je pouvais me sentir le mieux. Je n’ai pas hésité, on faisait les barrages de la Coupe d’Europe en plus, malheureusement on ne s’est pas qualifié, mais c’était un élément important de ma réflexion."

La découverte de la ville

"Ce n’est pas si différent de Sochaux (rires) C’est une ville industrielle qui tourne autour de Volkswagen et Sochaux, c’était Peugeot. Je n’ai pas trop visité au début, je suis resté à l’hôtel avec les restrictions sanitaires. Mais depuis, les « grands » de Wolfsburg, comme Joshua Guilavogui (le capitaine), m’ont fait visiter et connaître du monde. C’est assez sympathique, les gens sont cools."

La découverte de la langue

"Je ne l’ai pas prise en deuxième langue à l’école et ça m’aide pas trop du coup (rires) J’ai préféré l’espagnol… Mais j’ai très vite pris un professeur, deux fois par semaine, en arrivant. Je comprends ce qu’on me dit maintenant, à part quelques mots techniques. Je me débrouille, je sais répondre aux gens. C’était très important pour moi, surtout parce que je suis défenseur central. Il fallait que je puisse parler sur le terrain. C’est un championnat très tactique donc c’est important de pouvoir aider les collègues. Dès mon arrivée, j’ai demandé à Joshua Guilavogui de me donner les bases, comme les couleurs par exemple. Quand tu fais un jeu avec les couleurs à l’entraînement et que tu ne connais pas les couleurs, c’est difficile (rires), donc en arrivant c’était indispensable."

La découverte de la rigueur en Allemagne

"Ce n’est pas un cliché. Tout est vraiment carré. L’entraînement, c’est l’entraînement, on ne rigole pas. La récupération est très importante, l’alimentation… C’est très rigoureux. Depuis que je suis là, j’ai pris un cuisinier, quelqu’un qui vient m’aider aussi à la maison pour faire certaines tâches, ça me permet d’être concentré à 100% sur le football. Il y a tout pour progresser ici. Généralement, je vais à l’entraînement à 09h, il y a un préparateur physique qui est déjà là avec qui je peux travailler la mobilité et la stabilité. Après, j’ai le petit déjeuner au club puis l’entrainement à 11h. Je fais mes soins dans la foulée, puis je reviens au club vers 17h pour faire une séance d’étirement parce qu’on a des machines qui peuvent nous aider. Le côté hygiène de vie est très important, mais ça je l’avais compris à Sochaux. J’ai eu plein de petits pépins physiques là-bas et j’ai vite compris que j’avais besoin d’en faire plus pour éviter ça."

La découverte de son entraîneur Oliver Glasner

"Il est un peu comme Omar Daf, basé sur l’aspect défensif, comme il a été défenseur. Comme ils ont eu le même poste que moi, ils peuvent me faire évoluer, me donner des petites « billes » à travers leur expérience, parce que je suis encore un jeune joueur et je peux manquer d’expérience. Ça m’a permis d’avoir une intégration plus rapide parce que j’ai très vite su ce que l’entraîneur voulait: être un bon défenseur avant tout. Il veut que je sois fiable et que les joueurs offensifs soient rassurés."

La découverte des entraînements en Allemagne

"Je me rappelle des premiers entraînements, surtout le premier. J’avais regardé quelques entraînements sur Youtube en direct avant d’arriver… Je n’avais pas le trac, mais je me disais :’ça y est, j’y suis’. Et on commence direct par un toro. Mais avec des petits espaces, pas comme à Sochaux où on faisait de grands cercles. Je me suis dit: ‘Mais comment je vais pouvoir naviguer là-dedans avec si peu d’espace’. Finalement, le fait de me dire que j’allais passer un cap en arrivant en Allemagne m’a très vite fait prendre le niveau. Les entraînements se sont bien passés, notamment dans la relance (rires). A Sochaux, ça m’arrivait de faire des choses incroyables, je ratais des trucs… Mais comme le niveau est monté, j’ai vite voulu montrer ma qualité. Il m’a fallu deux ou trois matchs de Bundesliga quand même pour être en pleine confiance."

La découverte de la Bundesliga

"Le premier match, c’était contre Leverkusen. Avant le match, ça parlait beaucoup de Moussa Diaby. On me disait de faire attention parce qu’il allait très vite. Je me suis dit que c’était à moi de le prendre parce que la vitesse fait partie de mes qualités. J’ai apprécié ce duel, en plus il est Français, donc c’était sympa. Après, la Bundesliga, c’est un football très moderne où ça va très vite. Je m’attendais à un rythme élevé, mais tu ne peux pas comparer à ce que tu vois à la télévision. J’ai découvert un jeu qui m’a plu dès le début. C’est beaucoup d’action et peu de réaction, c’est ce que j’aime."

La découverte d’un nouveau statut

"Je suis content de ce qu’il se passe pour moi. Je voulais, bien entendu, que ça aille vite, mais si j’avais dû attendre plus longtemps, je n’aurais pas lâché. Je sais que je suis capable de faire des choses et si je m’en donne les moyens, il n’y a pas de raisons que je ne puisse pas atteindre mes objectifs. Je ne suis pas arrivé en me disant que j’allais jouer, que j’étais meilleur que les autres. Je changeais d’environnement, j’allais découvrir la première division… Je voulais voir comment ça allait se passer. Après, j’ai eu un peu de « chance » parce qu’un défenseur s’est blessé. Ça m’a poussé un peu dans le onze, puis j’ai su convaincre le coach."

La découverte de l’équipe de France Espoirs bientôt, avec l’Euro ?

"J’espère… Je sens que le regard sur moi en France a évolué. A Sochaux, on ne me connaissait pas trop. Je sens maintenant qu’il y a plus de personnes qui commencent à me suivre. Je suis Français, s’ils me connaissent et disent du bien de moi, je suis le plus heureux. L’Euro Espoirs, c’est un objectif individuel important pour moi. Je suis très attaché à l’équipe de France (le défenseur est passé par toutes les sélections des U16 aux U20). Le coach a des choix à faire, que je vais respecter quoi qu’il arrive, mais jouer pour l’équipe de France, ce serait énorme. Je bosse tous les jours pour y arriver, c’est ce qui me pousse à travailler encore plus."

Loïc Tanzi