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Ribéry, cœur d’Allemagne

Franck Ribéry

Franck Ribéry - -

EXCLU RMC Sport. A bientôt 30 ans, Franck Ribéry est toujours aussi épanoui à Munich. Etincelant depuis le début de saison, il envisage même de terminer sa carrière au Bayern, comme il a confié en exclusivité ce mardi dans Luis Attaque.

« Ici, je me sens léger, libéré. Je m’éclate, en fait. » Entre Franck Ribéry et l’Allemagne, l’histoire d’amour née en 2007 ressemble toujours à un conte de fée. Malgré de nombreuses zones de turbulences, celui qui fut surnommé « Kaiser Franck » à son arrivée en Bavière, est un homme épanoui outre-Rhin. Sacré meilleur joueur de la phase aller en Bundesliga, l’ancien Marseillais s’imagine d’ailleurs finir sa carrière au Bayern Munich. « J’y pense de plus en plus, a-t-il confié dans Luis Attaque. J’ai presque 30 ans (il les fêtera le 7 avril, ndlr), trois enfants et des cheveux gris qui commencent à apparaître... Il y a trois ans, j’avais tous les clubs qui étaient intéressés, Manchester United, le Real, Chelsea… Ca flatte mais avec le recul, je suis très content d’être resté. »

Si Ribéry se sent si bien en Allemagne, c’est parce qu’il s’y sent aimé. Tout simplement. Un élément fondamental pour « Francky l’affectif ». « Je suis comme ça, j’ai besoin de me sentir soutenu, poursuit le Boulonnais. Quand il y a la confiance, je fais le maximum. Lorsque je tire un corner ou un coup franc, j’entends les supporters chanter mon nom. C’est exceptionnel. »

« Les cours d’allemand avec Lucas Toni, c’était un bordel »

Transcendé par l’amour que lui porte le peuple bavarois, le Français lui rend la pareille sur le terrain, mais aussi en dehors. Après s’être très vite familiarisé avec les traditions germaniques, il parle désormais couramment la langue de Goethe. Pourtant, rien ne fut facile. Surtout lorsque Ribéry se souvient des cours d’allemand avec l’Italien Lucas Toni. « Ce n’était pas des cours, c’était un bordel, s’exclame-t-il hilare. Aujourd’hui, je me débrouille et j’aime bien. C’est devenu naturel. »

Les pelouses de Bundesliga, celle de l’Allianz Arena en particulier, restent néanmoins son meilleur terrain d’expression. L’esprit qui y règne lui convient à merveille. « Même les équipes qui jouent le maintien attaquent, souligne-t-il. Même si elles vont en prendre quatre ou cinq. J’apprécie chaque week-end, c’est comme une fête. »

Si ses relations avec ses différents coaches ont soufflé le chaud (Hoeness) et le (très) froid (van Gaal), Ribéry a toujours répondu présent. Ce devrait être encore le cas la saison prochaine sous les ordres de Pep Guardiola. « Il dégage quelque chose, remarque-t-il. C’est une bonne personne, j’en ai discuté avec Eric Abidal. C’est un très grand entraîneur. » Avant l’arrivée de l’Espagnol, Kaiser Franck vise un 3e titre de champion d’Allemagne personnel, lui qui en est sevré depuis 2010. Autrement dit depuis le début des ennuis, pour être poli. « Ça a été très dur de ne rien gagner pendant deux ans, soupire-t-il. Cette année, on a bien démarré. Il faut absolument gagner ce titre parce qu’on en a besoin. » Et Ribéry peut-être plus que les autres.

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Aurélien Brossier