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Coronavirus: la révolte du National 2 contre l’arrêt du championnat

L’espoir de pouvoir rejouer n’aura pas duré longtemps. Seulement deux semaines après avoir autorisé la reprise des championnats de National 2 et la Division 2 féminine, le ministère des Sports a décidé de faire un rétropédalage. Mercredi soir, Roxana Maracineanu a fait savoir qu’il était "impossible d’envisager aujourd’hui une reprise des divisions amateurs ou semi-professionnelles". Un revirement incompréhensible pour les acteurs de la N2, qui dénoncent un traitement injuste par rapport au monde professionnel.

Nouveau coup de massue pour les championnats semi-professionnels et amateurs, à l’arrêt depuis l’automne. Les acteurs avaient bon espoir de reprendre le championnat après les annonces de la FFF le 18 février. Roxana Maracineanu a finalement douché ces attentes en annonçant que les championnats ne reprendront pas avant un mois.

"On ne comprend pas pourquoi on peut jouer la Coupe de France mais pas le championnat"

La goutte de trop pour de nombreux joueurs, qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux. "L’arrêt du championnat de National 2 est un scandale et tout le monde doit contester cette décision! Nous voulons continuer d’exercer notre métier comme tout le monde", s’est exprimé Loïc Dufau sur Twitter.

"Cet arrêt est injuste, on ne comprend pas pourquoi on peut jouer la Coupe de France mais pas le championnat", relève le capitaine du Puy Foot qui reçoit Lorient en 16e de finale de Coupe de France samedi (16h30). "Nous sommes très mécontents et abattus. Toutes les équipes ont envie de rejouer, on veut faire exister ce beau championnat", conclut Loïc Dufau.

"Il y a une réelle différence de traitement entre le monde pro et le N2, alors que 80% des joueurs du championnat sont sous contrat. Il suffit de faire comme en Coupe de France, tester 48 heures avant le début du match. Nous l’avons fait pour notre match en retard contre Nantes, il n’y a eu aucuns problèmes et aucun cas de Covid."

Même ressenti pour le joueur de Béziers et international algérien Medhi Mostefa: "Certaines personnes pensent que le football amateur ne génère pas assez d’argent et que nous n’avons pas la même importance que les divisons supérieures. C’est tout simplement scandaleux." Un message repris par de nombreux joueurs dont l’ancien Niçois Alexy Bosetti, qui a qualifié la FFF et Roxana Maracineanu de "comique(s)".

Pascal Bovis: "On se sent abandonnés par la Fédération"

Pour Enzo Bovis, milieu de terrain du FC Fleury, cette décision est "illogique et montre la différence de traitement de ce championnat". Il ne perd cependant pas espoir de finir la saison: "On pourrait déjà finir la phase aller et éventuellement jouer le mercredi. Même si on a l’impression que ça change toutes les semaines." Du côté des présidents de clubs, on s’étonne également de ce revirement. "Personne ne comprend cette décision, j’aimerais qu’on me donne des éléments logiques et concrets", souligne Pascal Bovis, président du FC Fleury 91: "On se sent abandonnés par la fédération, on aimerait juste être considérés et respectés au même niveau que des clubs de N1."

Afin d’unir leurs voix, les clubs de National 2 pourraient se réunir au sein d’un collectif, comme l’a confirmé le président du club de Sedan, Marc Dubois: "Nous allons regrouper les dirigeants de N2 et de D2 féminine pour avoir plus de poids face aux instances. Nous engagerons également des actions en justice en cas de non reprise des championnats." Ce collectif de présidents doit publier, dans les prochains jours, un communiqué expliquant leur incompréhension concernant ce nouvel arrêt.

Le président de la FFF, Noël Le Graët, s’était montré pessimiste quant à la poursuite de la saison. Selon lui, si la reprise ne s’effectue pas aux alentours du 20 mars, il serait sûrement impossible de finir. Avec une reprise annoncée dans un mois par Roxana Maracineanu, il parait de plus en plus utopique de finir un championnat arrêté depuis fin octobre.

Adrien Lejeune