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Coronavirus: une saison blanche à l’étude pour le football amateur

La saison de football amateur, à l'arrêt depuis le mois d'octobre, attend toujours le feu vert des autorités, lequel tarde à venir dans ce contexte de crise sanitaire liée au coronavirus.

Alors que la Coupe de France a réussi à reprendre, grâce au bon vouloir de l’Elysée qui y voyait là un intérêt économique pour les clubs concernés, mais aussi pour la Fédération française de football (FFF), la reprise de la saison pour le football amateur semble, en revanche, bien compliquée.

La FFF a déposé depuis plusieurs semaines trois dossiers auprès de son ministère de tutelle pour la reprise de la Coupe de France féminine, du championnat féminin de D2 et pour le championnat masculin de N2. Les dossiers en question étant accompagnés, à chaque fois, de motivations bien précises. Pour la Coupe de France féminine, il s’agit de la calquer sur le modèle de reprise de l’épreuve masculine, d’autant qu’il n’y a que 50 matchs à organiser chez les amateurs, soit 50% de moins que chez les hommes.

Cependant, l’intérêt économique est moindre, ce qui pourrait être un frein. Toujours chez les féminines, pour le championnat de D2, la FFF a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un championnat d’élite, bien qu’il soit majoritairement composé de clubs amateurs, avec un mode de fonctionnement des clubs mixte, composé de très peu de joueuses rémunérées par le biais d’un contrat fédéral. Hormis quelques clubs rattachés à des clubs professionnels chez les hommes. Et de rappeler qu’il s’agit du deuxième niveau féminin. Et que dans d’autres sports, les deux premiers niveaux voient leurs championnats maintenus.

En revanche, la rémunération des joueurs par le biais de ces contrats fédéraux a été mise en avant par la Fédération française pour motiver la reprise du N2. Un championnat qui pourrait entrer dans la définition du football de haut niveau reconnu par le ministère des Sports pour lui permettre de reprendre, comme cela fut le cas pour la L1, la L2 et la D1F. Voilà pour les arguments. Ensuite, il faut bien reconnaître que la situation sanitaire toujours aussi préoccupante n’est pas là pour faciliter la prise de décision de Matignon de donner le feu vert au ministère concerné quant à la possible reprise de ces compétitions.

Eviter le classement au coefficient

Ce mardi matin, le bureau de la LFA (Ligue de football amateur) a décidé de mettre en place un groupe de travail pour évoquer les possibilités pour la fin de cette saison 2020-2021. On se rappelle que le Comex (comité exécutif) de la fédération, en décembre dernier, avait préconisé le fait d’essayer de terminer au minimum la phase aller des différents championnats actuellement à l’arrêt au niveau national, régional et départemental, afin de mettre en place des playoffs et des playdowns en partageant le classement en deux.

Mis à part le National 2, championnat pour lequel il reste six rencontres de la phase aller à disputer, voire sept ou huit pour certains clubs qui ont pris du retard, cela semble plus compliqué voire même quasiment impossible pour des compétitions gérées par les Ligues régionales, de la N3 à la R3, et les districts pour le reste de la pyramide. Au-delà de l’envie de reprendre les entraînements de façon presque normale pour se préparer, les clubs veulent savoir si, concrètement, il est surtout possible de reprendre les championnats. Le flou actuel dans la crise sanitaire ne permet pas d’envisager une décision favorable. De ce fait, l’idée de (re)mettre en place le système du calcul des différents classements des compétitions à l’aide d’un coefficient points/matchs disputés comme au printemps dernier, après le premier confinement, n’enchante pas les clubs et les responsables des instances dans les territoires. D’autant que le retard pris sur la saison est considérable.

C’est la raison pour laquelle, les présidents de Ligues et de Districts seraient favorables à l’idée d’une saison blanche si rien ne redémarre avant le début du mois d’avril. Une saison pour rien afin d’éviter des conflits inutiles et les colères, même si le Comex a évoqué en décembre dernier la possible utilisation du coefficient, ce que le service juridique tente de défendre. Le groupe de travail a donc la mission de faire des propositions au comité exécutif de la FFF avant la réunion programmée le 18 février prochain qui devrait, entre autres, servir à la validation des candidatures à la présidence de la fédération. Justement, en pleine campagne électorale, on voit mal les responsables actuels du football prendre le risque d’une décision qui pourrait être jugée impopulaire à quelques jours de l’élection. Surtout que la saison est à l’arrêt depuis la fin du mois d’octobre.

JRe