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Marseille Consolat, le « petit frère » qui rêve à l’ombre de l’OM

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Marseille Consolat est le dernier club provençal engagé en Coupe de France. Les joueurs de National, qui se déplacent chez le Red Star ce vendredi en 16e de finale (19h30), tentent d’écrire leur histoire dans une ville où l’OM déchaine les passions. Avec un budget serré et un rôle social à assumer.

Il faut plus que le froid et la grisaille pour entamer leur bonne humeur. Au pied des immeubles beiges et des grandes tours blanches, les joueurs de Consolat répètent leurs gammes, ce mardi, sur leur terrain synthétique. Le seul qu’ils ont à disposition. A trois jours du déplacement à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), pour y affronter le Red Star en 16es de finale de la Coupe de France, les Marseillais se préparent à vivre un grand moment. Pour une fois, ce sont eux qui vont porter les espoirs de la région, puisque l’OM est tombé à Grenoble au tour précédent. Le match sera retransmis sur Eurosport et commenté sur RMC. Une exposition inédite pour le plus petit budget de National (600 000 euros par an), habitué à vivre dans l’ombre du prestigieux voisin.

« On vit ne pas à l’ombre, on vit à côté de l’OM, corrige Jean-Luc Mingalon, le président historique de Consolat, en poste depuis 1983. L’OM fait partie du patrimoine de Marseille. Nous, on n’a pas le même travail. Eux, ils font un travail professionnel, qui représente la ville. Nous, on a un rôle social dans les quartiers qui sont dans un état déplorable. On est dans une zone sinistrée et on est fiers de rendre le sourire aux gens. » Niché au cœur de la Calade, dans le nord de la ville, Marseille Consolat est un vrai club de quartier. Un lieu de vie où le ballon rond permet aux gens de se retrouver plusieurs fois par semaine. « Le club, c’est la vitrine d’un immense magasin, illustre l’entraîneur Nicolas Usai. Derrière, il y a de nombreuses personnes et beaucoup de licenciés. Le président a toujours répété que tous les enfants qui souhaitent venir jouer à Consolat sont les bienvenus. Les gros, les maigres, de toutes les nationalités, quel que soit le talent. Le rôle social du club est énorme, beaucoup de gens ont obtenu leur premier boulot grâce à Consolat. »

Mingalon : « L’OM a des obligations envers les autres clubs de la ville »

Une structure familiale, gérée par une dizaine d’employés, qui doit se démener pour survivre avec des moyens restreints. Et un manque de matériel criant. « On n’a même pas de buts mobiles, témoigne Nicolas Usai, qui multiplie les rendez-vous pour tenter de trouver des solutions de secours. Grâce la gentillesse de quelqu’un, on a réussi à avoir des ballons dignes de ce nom, mais c’est un combat quotidien. Tant qu’on ne progressera pas dans notre façon de travailler, on ne pourra pas se rapprocher de l’OM, c’est impossible ! » Un gouffre immense sépare aujourd’hui les deux grands clubs de la cité phocéenne. Et aucun pont ne semble en construction. « On aurait bien voulu un jour ou l’autre qu’ils nous aident un petit peu, regrette Mingalon. L’intelligence, ça aurait été d’avoir un deuxième club à Marseille, en Ligue 2, pour pouvoir faire une passerelle avec leurs joueurs. Ça leur aurait plus servi à eux qu’à nous. L’OM fait partie du patrimoine de Marseille, mais il a aussi des obligations envers les autres clubs de la ville. »

Le doyen de Consolat s’est d’ailleurs récemment chauffé avec Vincent Labrune par presse interposée. Il souhaitait que l’OM lui prête gratuitement des joueurs. Mais il s’est fait gentiment recaler. Si le petit club des quartiers nord comptent dans ses rangs plusieurs anciens pros de l’OM, comme Fabien Laurenti ou Thomas Deruda, c’est bien son seul lien avec le vainqueur de la Ligue des champions 1993. « Si ces projecteurs braqués sur Consoltat peuvent permettre d’entamer les prémisses d’une communication avec l’OM, ça serait bien, espère Usai. Pas pour nous prêter des joueurs, parce qu’on n’a pas les structures pour les accueillir, mais pour commencer à discuter et échanger. Histoire qu’on se connaisse mieux et qu’ils nous considèrent comme un petit frère. » Un petit frère à qui la débrouille réussit plutôt bien ces derniers temps.

Alexandre Jaquin avec Yann Pécheral, à Marseille