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Coupe du monde: L'histoire terrible de John Obi Mikel et son père kidnappé

John Obi Mikel a révélé au Guardian qu’il avait appris le kidnapping de son père quelques minutes avant le match du Nigeria contre l’Argentine (1-2) à la Coupe du monde 2018.

Il avait gardé ça pour lui jusqu’à aujourd’hui. A quelques minutes d’un match crucial contre l’Argentine (1-2) à la Coupe du monde 2018 en Russie, John Obi Mikel a reçu un appel glaçant. A l’autre bout du fil, un membre de sa famille lui indique que son père a été kidnappé, les ravisseurs veulent lui parler. Ces derniers lui réclament une rançon, environ 24.000 euros selon KweséESPN, le joueur est terrifié.

"J’étais complètement affolé et je devais prendre la décision de savoir si j’étais mentalement prêt à jouer, a confessé Mikel au Guardian. J’étais confus. Je ne savais pas quoi faire, mais à la fin, je savais que je ne pouvais pas laisser tomber 180 millions de Nigérians."

Déjà enlevé en 2011

Enlevé dans le sud-est du Nigeria alors qu’il se rendait à un enterrement, Michael Obi, le père de John Obi Mikel a été torturé pendant une semaine. C'est ce qu'a indiqué la famille du joueur. Ebere Amaraizu, le porte-parole de la police locale, a donné une autre version des faits.

Selon lui, le père n'a pas subi de violences après son enlèvement. Le capitaine des Super Eagles a en revanche payé la rançon de 10 millions de nairas (24.000 euros). C’est la deuxième fois que son père est enlevé au Nigeria depuis 2011.

"On m’a dit qu’ils tireraient sur mon père instantanément si je rapportais la nouvelle aux autorités, ou si je le disais à quelqu’un, a révélé John Obi Mikel. Je ne voulais pas non plus en discuter avec l’entraîneur pour ne pas que cela soit une distraction pour lui ou le reste de l’équipe le jour d’un match aussi important. "

"J’ai dû mettre le traumatisme de côté"

Obi Mikel a donc disputé l’intégralité de la rencontre face à l’Argentine, finalement perdue dans les tous derniers instants du temps réglementaire, avec l’angoisse de perdre son père, lequel souffrait entre les mains de ses tortionnaires. "J’ai joué pendant que mon père était aux mains des bandits. J’ai dû mettre de côté le traumatisme." Un match nul aurait qualifié les Super Eagles, mais la déception sportive représente aujourd'hui assez peu de choses à côté de ce qu'il a vécu.

QM