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Coupe du monde : les Bleues prêtes pour le choc contre l'Allemagne

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L’équipe de France n’a pas tremblé ce dimanche pour éliminer la Corée du Sud (3-0) grâce à un doublé de Marie-Laure Delie et un but d’Elodie Thomis. Voilà les Bleues en quarts de finale du Mondial canadien face à l’Allemagne. Et avec la manière en plus.

Cette fois, c’est sûr : la leçon a été bien apprise. Assimilée. Le sermon bien retenu. L’affaire a été entendue en dix minutes, pardon huit. Le plan, que n’aurait pas renié du coup un certain John Hannibal Smith – l’agence tous risques pour la référence – « s’est déroulé sans accroc ». Un premier coup de canon de Marie-Laure Delie, superbement décalé par Laure Boulleau (4e) puis, quatre minutes plus tard, un autre signé d’Elodie Thomis (8e) : comme face au Mexique (5-0), la France a réalisé un départ canon et tué tout suspense dans le 8e de finale de Coupe du monde qui l’opposait à la Corée du Sud. Et comme face aux Sud-Américaines, les Bleues ont parfaitement tenu leur rang de favorites de la rencontre. Un doublé de Marie-Laure Delie plus tard (48e), histoire de donner un peu plus de relief au score et voilà les protégés de Philippe Bergeroo en quarts de finale face à l’Allemagne. Bref, là où on les attendait.

Dire que les Bleues, vu l’ampleur du score, ont fait le boulot et rempli le contrat est un euphémisme, forcément. Ce qui l’est moins, c’est la manière avec laquelle elles ont éteint ces surprenantes Sud-Coréennes, tremblant peu ou presque, hormis sur une sortie autoritaire des deux poings de Sarah Bouhaddi (8e), quelques secondes avant… le break français. Ou encore sur ce dégagement manqué par la portière lyonnaise, qui se rattrapera dans la foulée d’une belle verticale (76e). Ce n’est pas que l’on doutait, non plus, de la capacité des Bleues à bien jouer. Mais à l’approche d’un quart de finale attendu face à l’Allemagne, sans oublier le couac colombien et les éloges en cascade adressés après la démonstration face au Mexique, on attendait de voir. Avec 62 % de possession de balle pour les Françaises, on a vu. Et bien vu.

Compliqué désormais de sortir Delie

On a notamment aperçu le retour dans le onze de départ de Louisa Necib, quelques jours après la jolie prestation d’Amel Majri, qui lui avait été préféré face au Mexique. Un retour réussi, la stratège des Bleues jouant sans fausse note et avec beaucoup d’envie. On a encore noté l’absence de Gaëtane Thiney au coup d’envoi et on voit mal, après la performance XXL de Marie-Laure Delie (61 buts désormais en 89 sélections), comment il pourrait en être autrement, même face aux expérimentées allemandes. Cela valait bien une standing-ovation à sa sortie du terrain au moment de son remplacement par Diani (84e), elle qui a longtemps songé cette saison à… arrêter le foot.

Silvia Neid aurait peut-être préféré qu’elle le fasse. La sélectionneuse de la Nationalmannschaft - deux fois championne du monde (2003, 2007) - n’a pas manqué une miette du match de Delie en tribunes. Elle a aussi noté que les Bleues, malgré leur avance confortable au score et la perspective de leur choc en quarts de finale, n’ont globalement jamais levé le pied et ont toujours cherché à jouer. Que Philippe Bergeroo, fort de ce net succès, a pu faire tourner (Thiney pour Le Sommer, 74e, Hamraoui, qui aura disputé ses premières minutes dans ce Mondial, pour Abily, 77e). Bref, que ces Bleues, longtemps mal à l’aise avec ce statut de favorites et tout proches de la sortie il y a tout juste cinq jours, sont bel et bien entrées dans ce Mondial. Le choc promet d’être beau. Indécis. Attendu aussi. Après tout, il y a un an, les… Bleus de Didier Deschamps voyaient leur parcours en Coupe du monde s’arrêter net en quarts face aux Allemands. Les filles auront donc l’occasion de venger les garçons. Et de se rapprocher, à leur tour, de leur rêve de sacre. Une double mission corsée sur le papier. Mais loin d’être impossible pour ces Bleues-là.