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Coupe du monde : les Bleues se mettent dans le rouge

Ultra-dominatrices, les Bleues se sont tout de même inclinées face à la Colombie (0-2). Incapables d’emballer le match offensivement, ni de bousculer un adversaire solide et très opportuniste, les Françaises se sont sérieusement compliquées l’accès aux 8es de finale.

Elles avaient le masque. Toutes. Et franchement, on peut le comprendre. Les filles de Philippe Bergeroo se sont inclinées ce samedi pour leur deuxième match de poules du Mondial féminin, face à la Colombie (0-2). Le tout avec un énorme goût d’injustice dans la bouche. Injustice oui car les Bleues ont dominé de la tête, des épaules et des crampons cette partie. Et qu’elles auraient dû bénéficier d’un penalty, très clairement, après une main volontaire de Clavijo dans sa surface (67e).

La pilule est amère. Et elle aura certainement beaucoup de mal à passer. Difficile de ne pas comprendre comment l’arbitre de la rencontre n’a pas pu siffler le geste de volleyeuse de la défenseuse centrale colombienne. Difficile de se retrouver menées après 20 minutes de jeu suite à un contre rondement conclu par Andrade, la petite magicienne du groupe de Felipe Taborda (19e). Ou encore de s’incliner encore plus durement, suite à une grossière erreur de relance de Sarah Bouhaddi, tranquillement sanctionné dans le temps additionnel par Usme (90e+3). En passe de se qualifier pour les 8es de finale avant ce match, voire de s’emparer de la première place du groupe F, les Tricolores restent surtout à la portée du Mexique, qui affronte l’Angleterre plus tard (22h).

Les Bleues ont, aussi, manqué de réalisme

Le sort n’a pas été favorable aux Bleues. Mais les joueuses de Philippe Bergeroo n’ont pas tout fait, non plus, pour l’inverser. On pense là au manque de réalisme criant et handicapant, donc, d’Eugénie Le Sommer, de Gaëtane Thiney ou encore de Louisa Necib, pas vraiment inspirées dans le dernier geste. Au manque de folie, d’enthousiasme et de détermination d’ensemble des Françaises, que Claire Lavoguez a tenté de secouer lors de son entrée en jeu. Il en aurait fallu face à la 28e nation mondiale, loin d’être un épouvantail peut-être, mais qui a démontré pourquoi elle n’avait pas fini deuxième de la dernière Copa America pour rien.

Recroquevillée autour d’une défense certes attentiste, mais ô combien efficace, la Colombie n’a jamais cédé, ayant toujours ce petit orteil pour s’opposer aux tentatives françaises, comme sur cette frappe au point de penalty de Lavoguez, incroyablement détournée sur la ligne (90e+2). Ce petit orteil, cette barre - sur une frappe d’Elise Bussaglia (46e) - ou cette main, qui fera jaser dans les heures à venir. Mais qui aura permis à la Colombie de réaliser la première surprise de cette édition 2015. Placée parmi les favorites, la France est tombée dans le premier piège que lui a tendu la compétition. Mercredi, elle jouera sa qualification, à Ottawa, contre le Mexique (22h). Et là, plus le choix : si elle ambitionne d’aller loin au Canada, il faudra gagner. Forcer son destin. Et être à la hauteur de son statut.