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Cristiano Ronaldo, l’ombre d’un doute

Cristiano Ronaldo

Cristiano Ronaldo - -

Etincelant avec le Real Madrid, la star portugaise a bien du mal à s’exprimer depuis le début de cette Coupe du monde. Mais les Espagnols devront se méfier de sa réaction d’orgueil.

Si l’on en croit les internautes de la FIFA, Cristiano Ronaldo est l’homme de la Coupe du monde 2010, en Afrique du Sud. Le prodige portugais est le seul à avoir été élu trois fois Meilleur Joueur lors des matches de poule. Pour autant, ses prestations ne trompent personne. Surtout pas lui. A l’issue de la raclée infligée à la Corée du Nord (7-0), il a même donné son trophée, un petit djembe (tam-tam), à son partenaire Tiago. « Trois ou quatre autres joueurs de mon équipe méritent ce trophée et spécialement lui, explique-t-il. Il a marqué deux buts, et fait une passe décisive, j'estime que ce prix lui revient plus qu'à moi. »

Depuis son arrivée sur le sol sud-africain, la star du Real Madrid peine à exprimer ses qualités. C’est d’ailleurs une constante sous le maillot de la Selecçao. Avant d’inscrire le 7e but de son équipe face aux Nord-Coréens, l’attaquant portugais était resté seize mois sans marquer en sélection. Il était pourtant arrivé à Magaliesburg, où est situé le camp de base des Portugais, gonflé d’ambition. « Je suis en grande forme et j’aimerais que cela se voie dans mes matches, s’était-il exclamé avant le premier match face à la Côte d’Ivoire. J'ai fait beaucoup de choses dans ma vie et je n'ai rien à prouver. Mais je veux réussir un grand Mondial. Je veux exploser et être le meilleur de cette Coupe du monde. Je ne dis pas que je veux gagner le titre de meilleur buteur, mais je vais tout donner pour être le meilleur et faire gagner mon équipe. »

Pour l’instant, les comparaisons avec ses performances du Real font mal. Mais le niveau du groupe n’est pas le même. Le système de jeu non plus. Carlos Queiroz privilégie le bloc-équipe au détriment du soutien offensif. Son meilleur joueur se retrouve isolé au cœur des défenses adverses et a bien du mal à trouver l’ouverture. C’était flagrant face à la Côte d’Ivoire (0-0) et au Brésil (0-0).

Queiroz a privilégié le bloc-équipe

Le débat fait rage au Portugal, mais les cadres lusitaniens défendent becs et ongles un style de jeu qui garantit la solidité de l’équipe. « Tout le monde parle de lui, et c'est bien normal étant donné le joueur qu'il est, souligne Deco. Mais nous ne pourrons arriver à des résultats que si nous avons une équipe forte. Il est important que Ronaldo marque des buts. Mais la question de savoir qui marque n'est pas la plus importante. »

Une chose est sûre, depuis le début de l’épreuve, Cristiano Ronaldo s’est fondu dans le collectif. « Cristiano a démontré qu’il travaille énormément pour son équipe, note Fernando Torres. La sélection portugaise brille grâce à son bloc. Elle encaisse peu de buts et est toujours dangereuse devant. » Ce mardi soir, au Green Point stadium du Cap, la star portugaise sera néanmoins dans le collimateur des défenseurs espagnols qui se méfient de lui comme de la peste. Ils n’ont pas tort. Comme le prédit Paulo Futre, l’ancienne étoile portugaise : « Espagne-Portugal, c’est son match ». Chiche ?