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Enquête sur le Mondial 2022: ce que l'on sait du fameux "déjeuner secret" au cœur de l'enquête

Michel Platini, Nicolas Sarkozy, le prince héritier du Qatar, un ministre qatari et Claude Guéant s'étaient rejoints à l'Elysée pour déjeuner en novembre 2010. Cette réunion est au cœur de l'enquête du Parquet National Financier (PNF) sur l'attribution de la Coupe du monde 2022.

Les investigations du PNF sur l'attribution litigieuse de la Coupe du monde 2022 au Qatar avancent avec fracas. Pour la deuxième fois après 2010, Michel Platini a été placé en garde à vue "technique" pour être auditionné comme témoin. Pour rappel, l'enquête a été ouverte pour "corruption privée", "association de malfaiteurs", "trafic d’influence et recel de trafic d’influence". Un dîner est au centre de toutes les attentions des enquêteurs. 

Les protagonistes du déjeuner

Plusieurs personnalités s'étaient retrouvées autour d'un déjeuner au palais de l'Elysée en 2010. Président de l'UEFA à l'époque, Michel Platini avait été reçu par le président de la République, Nicolas Sarkozy, en compagnie de Tamin Ben Hamad al-Thani, prince héritier du Qatar (aujourd'hui émir), du cheikh Hamad Ben Jassem, alors Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar et, enfin, l'ex-secrétaire général de l'Elysée Claude Guéant. 

La date du déjeuner

Comme l'avaient révélé France Football et Le Monde, ces convives ont partagé ce déjeuner le 23 novembre 2010, soit deux semaines seulement avant la date du vote exécutif d'attribution par la FIFA de la Coupe du monde 2022. Le 2 décembre 2010, Michel Platini donnait son vote au Qatar, qui remportait la mise avec 14 voix contre 8 pour les Etats-Unis. 

Voter pour le Qatar

D'après Sepp Blatter, "ce rendez-vous a totalement changé la donne". Contre plusieurs promesses (rachat du PSG par le Qatar, montée des Qataris dans l'actionnariat de Lagardère, création de Bein Sports pour concurrencer Canal+), Michel Platini ne devait pas voter pour les Etats-Unis. Les enquêteurs chercheraient donc à comprendre le rôle et l'influence que l'Etat français aurait eu sur Michel Platini et donc sur le vote d'attribution quelques jours plus tard. 

Dans ce but, le Parquet a aussi entendu ce mardi Sophie Dion, ancienne conseillère de Nicolas Sarkozy, comme témoin. 

Joseph Ruiz