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Mondial 2022: Amnesty déplore le refus de la FFF de s'exprimer sur les droits humains au Qatar

Après avoir adressé une lettre ouverte aux joueurs de l’équipe de France les incitant à prendre la parole sur les droits humains au Qatar avant la Coupe du monde 2022, Amnesty révèle avoir eu une discussion avec la FFF. L'ONG déplore que l'instance ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet.

À quelques mois du lancement de la Coupe du monde 2022, la question des droits humains au Qatar, notamment des conditions de travail des ouvriers migrants, continue de choquer. Afin de sensibiliser sur ce sujet, Amnesty International a publié une lettre ouverte pour inviter les joueurs de l’équipe de France à se prononcer sur ce sujet. Avant cette opération, l'ONG a eu l'opportunité d'évoquer le sujet avec Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football (FFF).

Dans l'After Foot sur RMC, Lola Schulmann, chargée de plaidoyer à Amnesty France, a expliqué que la FFF ne souhaite pas prendre position. Ce qu'elle déplore: "La fédération ne doit pas être silencieuse et doit prendre la parole sur la question des violations des droits au Qatar. La réponse c’est qu’il n’y aura pas de prise de parole publique à ce sujet".

Selon Lola Schulmann, Noël Le Graët justifie cette décision en soulignant des "réelles évolutions" au Qatar. Ce que nuance Amnesty: "Certains travailleurs ont pu voir des évolutions. (...) Mais aujourd'hui, le compte n'y est pas. À six mois [du début de la compétition], on est très inquiets".

"Parler des droits humains ne doit pas être un sujet tabou en France"

D’autres pays européens n'ont pas adopté la posture française. "Les Danois, les Allemands et les Belges se mobilisent, souligne Lola Schulmann. Nos collègues européens et ces fédérations échangent pour se demander ce qu’on peut faire vis-à-vis de nos déplacements au Qatar, pour être sûr que dans nos hôtels tout va bien. Ils prennent la parole publiquement sur ce sujet".

"Parler des droits humains ne doit pas être un sujet tabou en France. Il faut se rendre compte de l’impact d’une parole de Noël Le Graët", insiste Amnesty.

JO