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Pays-Bas - Etats-Unis: les "underdogs" américains ont les crocs

Les Américains sont sortis de la phase de poule pour la septième fois de leur histoire en Coupe du monde. Déjà quart de finaliste lors du Mondial 2002, la Team USA arrive malgré tout avec un statut d’outsider face aux Pays-Bas pour le premier huitième de finale du Mondial qatari. Cette très jeune équipe, emmenée par Christian Pulisic et Tyler Adams et portée par un engouement grandissant aux Etats-Unis, croit très fort en son potentiel.

Les Etats-Unis ont démarré leur histoire avec la Coupe du monde en terminant troisième du Mondial 1930 en Uruguay. Mais depuis, le pays où le football s’appelle le soccer est plutôt un faire-valoir des grandes nations. Quelques belles générations, comme celle de Landon Donovan ou Clint Dempsey ont percé, parvenant jusqu’en quart de finale du mondial 2002. Sinon, les huitièmes de finale représentent le plafond de verre américain.

Sauf que cette fois, la donne est différente. Les Etats-Unis vont organiser la prochaine Coupe du monde, avec le Mexique et le Canada, et la Major League Soccer décolle. La jeune génération US s’installe même dans les plus grands championnats européens, à l’image de Christian Pulisic à Chelsea, Givanni Reyna à Dortmund ou Tyler Adams à Leeds United.

"Le Japon, la Tunisie qui bat la France, tout est possible"

Pour le spécialiste football du Washington Post, Steven Gauff, “cette jeune équipe a atteint un niveau hyper intéressant, avec des joueurs très excitants. Je pense qu’elle peut faire le match avec les Pays-Bas. Les Néerlandais ont une grande tradition de football avec des joueurs de classe mondiale, mais cette équipe américaine croit vraiiiiiment (sic) en elle. Il y a une alchimie et un esprit spécial”.

Le capitaine Tyler Adams, plus jeune capitaine de ce mondial à 23 ans, enfonce le clou: “Beaucoup d’équipes ont commencé le mondial avec le costume d’underdogs (outsiders) comme le Japon ou la Tunisie. La Tunisie qui bat la France avec une énergie incroyable, tout est possible.” Dans la plus belle tradition américaine, les hommes de Gregg Berhalter affichent leur respect absolu des Pays-Bas, mais en clamant haut et fort leur confiance en eux.

Les Pays-Bas, adversaire scruté depuis près d’un an

Le staff de la Team USA se prépare en plus à ce duel face aux Néerlandais depuis "onze mois". Le sélectionneur Gregg Berhalter avait demandé à ses adjoints de surveiller chaque équipe du Mondial, et après le tirage au sort au mois d’avril, chaque match des Pays-Bas était analysé, anticipant un duel probable face aux favoris du groupe A. "Des émissaires sont allés voir leur match de poule, chaque détail compte dans les matches à élimination directe. On va jouer peut-être 120 minutes, voire aller aux tirs au but. Que l’on a travaillé à l’entraînement d’ailleurs."

Le sélectionneur des Oranje, Louis van Gaal, prend le défi américain au sérieux: "C’est une équipe très énergique, combative, c’est dur de les jouer et de les battre. Ils ont progressé rapidement, c’est typique des Américains." Si les USA sont la deuxième équipe la plus jeune du tournoi et sur la pente ascendante, c’est parce qu’ils doivent exploser en 2026, pour leur Coupe du monde.

20 millions d’Américains devant la télé

Et désormais, les Américains ne sont plus seuls. Même si LeBron James avec les Los Angeles Lakers en NBA ou Tom Brady avec les Tampa Bay Buccaneers en NFL continuent de jouer, le public US suit son équipe au Qatar. Plus de 20 millions de téléspectateurs pour le match nul face à l’Angleterre, c’est cinq fois plus qu’en 2014 par exemple. Pour le journaliste Steven Gauff, les explications sont multiples: "La MLS s’améliore, les résultats de l’équipe nationale sont bons, les filles aussi permettent de voir du foot de haut niveau, tout cela combiné fait qu’on s’attend à une audience énorme pour ce huitième de finale."

Aurélien Tiercin