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Riolo: "Premiers constats sur la Coupe du monde"

Retour sur les 16 premiers matchs de la Coupe du monde 2018.

On a donc vu tout le monde et on retiendra que cette Coupe du monde a vraiment commencé avec l’excellent Portugal-Espagne. Du jeu, des buts, du suspense, des joueurs exceptionnels et une mega star, il y avait tout dans ce match.

Si on s’arrête juste au résultat (le mal du siècle), on retient que Ronaldo a tenu en échec l’Espagne. On peut même considérer que c’est une contre-performance pour la Roja. Je ne le pense pas. En matière de contenu, de jeu, personne n’a autant montré que l’Espagne. Elle est prête à assumer son statut de favorite, c’est indéniable.

Maintenant, je n’irai surtout pas faire un bilan définitif après un seul match. Personne n’a envie d’enfoncer l’Allemagne, le Brésil ni même la France.

L’histoire raconte mille histoires d’équipes affichant des visages totalement différents de juin à juillet…

Sur les équipes dont on attendait mieux, néanmoins, je m’autorise juste deux, trois remarques. La France peut-elle aller loin sans un minimum d’idées ? Löw peut-il faire évoluer son équipe, changer ses hommes et leurs statuts ? L’Argentine peut-elle sortir de son fantasme de l’homme providentiel ? Et enfin, le Brésil va-t-il afficher un vrai et gros caractère ? J’entends par là, aussi l’idée de jouer juste.

Ces premiers matchs ont également montré que passer au-delà d’une analyse foot réduite à des paris sportifs et à la starification des joueurs, était de plus en plus difficile.

Les pubs pour paris sportifs sont partout et vu comme ces entreprises se gavent, ça va bien continuer. Même hors des entreprises officielles, on fait des paris. Au bureau, on s’organise ses petits paris avec apéro à la clef… C’est amusant et ludique, mais ça modifie aussi la vision du jeu. Le Brésil, l’Allemagne, l’Argentine, ça devait rapporter facile. Et en fait, non. Les stars ont buté sur des collectifs. Et oui, ça existe encore dans le foot ! Si, si.

Chose assez étonnante, cette première "fournée" de matchs a proposé à chaque fois, sauf Pologne-Sénégal, une opposition entre un favori et un challenger. Une équipe qui "doit" gagner parce qu’a priori plus forte, avec des joueurs plus connus. Une équipe qui doit dominer et une autre qui doit subir le jeu.

Il est ressorti de ces oppositions que les "gros" présumés ont, tous, eu du mal. La Belgique, la Croatie et la Russie font exception. 3 sur 15, ça n’affecte pas assez la tendance. Appréhension des débuts ? Difficulté à assumer son statut ? Peut-être, mais je n’y crois pas trop. Je penche plus vers une explication tactique. Mettre en place un bloc défensif, une stratégie défensive, faire appel à la discipline tactique, à des valeurs de combat, c’est ce qu’il y a de plus simple au foot. Ma statistique préférée sur les km parcourus dans un match appuie ce constat. Sur les 15 matchs, quand on courre plus, on gagne. Les exceptions sont : la France, et ça accrédite la thèse d’une réussite maximale, et l’Allemagne. Son inefficacité eu égard au nombre de tirs et de situations est absolument rédhibitoire et flingue la stat !

Mis à part Portugal-Espagne, et certainement en raison de la nature des oppositions dont on vient de parler, on n’a rien vu de dingue en matière de jeu. Pourtant, ça ne nous a pas empêché de voir une majorité de matchs agréables. Agréable, c’est pas mal déjà. Mais avec l’obligation de faire mieux pour les "gros" et d’obtenir de meilleurs résultats, on devrait voir mieux très vite.

Daniel Riolo